← Stanislas Niox-Chateau : la page du portrait (lecteur, citations, sources)
Stanislas Niox-Chateau : Doctolib, le Covid et le pari de l'IA
Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 12 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.
Ouverture
Ada :Vous écoutez Les Voix de l'IA.
Alan :Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.
Ada :Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.
Alan :Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.
Ada :Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.
01. L'énigme
Ada :Premier indice : à douze ans, il remporte l'Open international de tennis des jeunes.
Alan :Un champion de tennis ? Là, je sèche complètement.
Ada :Deuxième indice : en 2014, il compte plus d'un milliard de coups de fil entre les Français et leurs soignants. Et il veut les simplifier.
Alan :Un ennemi juré de la sonnerie du cabinet médical…
Ada :Troisième indice : son service permet de prendre rendez-vous en ligne avec des professionnels de santé.
Alan :Doctolib ! Alors c'est Stanislas Niox-Chateau.
Ada :Gagné, Alan.
02. Son vrai profil
Alan :Commençons par le situer. Stanislas Niox-Chateau est français, né en 1987 à Paris, et il a grandi à Boulogne-Billancourt.
Ada :Et côté études ?
Alan :HEC Paris, où il entre en 2006 et dont il sort en 2010. Il y était vice-président de la Junior-Entreprise.
Ada :Et Doctolib, alors ?
Alan :Fondée en 2013, avec notamment Ivan Schneider et Jessy Bernal. Il en est le cofondateur et PDG, poste qu'il occupait toujours lors du rachat du britannique Medicus, en mai 2026.
Ada :Un chiffre pour mesurer tout ça ?
Alan :En mai 2026, selon l'entreprise : cinq cent vingt mille soignants et quatre-vingt-dix millions de patients. Et en 2022, une valorisation de cinq virgule huit milliards d'euros.
03. Le début de sa vie
Ada :Mais avant les agendas en ligne, il y a un gamin en sport-études dès le CM2. Le tennis occupe alors une grande place dans sa vie.
Alan :Six fois champion junior de Paris ! Et il a joué contre deux garçons de sa génération : Gaël Monfils et Jérémy Chardy.
Ada :Joué contre, attention. Personne ne dit qu'il les a battus.
Alan :Prudence journalistique, c'est noté.
Ada :Et puis, à dix-sept ans, une grave blessure au dos l'oblige à arrêter.
Alan :C'est dur. Mais il en garde une méthode. Au magazine Management, cité en mars 2022, il a dit : « En sport comme dans l'entrepreneuriat, je n'étais pas forcément le meilleur, mais j'étais hyper besogneux ».
Ada :Il y a aussi un détail qu'il a lui-même rendu public, en mai 2026, au Journal du Net : « Je bégaye depuis tout petit ».
Alan :Et il ajoute : « Ce bégaiement m'aide à me remettre en question tous les jours ».
Ada :J'aime beaucoup sa façon de le dire.
04. Le tournant
Alan :Tout commence à se mettre en place à la sortie d'HEC. En 2010, il participe au lancement d'Otium Capital, le fonds de Pierre-Édouard Stérin.
Ada :Il passe donc par un fonds d'investissement avant de créer Doctolib.
Alan :Il siège aussi au conseil de LaFourchette, le site de réservation de restaurants. Et il formule une intuition dans des propos au Parisien cités par Business Cool : « l'éducation et la santé ont des technologies numériques faibles et des problèmes organisationnels forts ».
Ada :On retrouve donc la même question d'organisation, mais appliquée aux soins ?
Alan :Dans un communiqué de novembre 2014, il avance ce diagnostic : plus d'un milliard d'appels relient soixante-cinq millions de Français à cinq cent soixante-dix mille professionnels de santé, avec des pertes de temps et de graves dysfonctionnements.
Ada :Et le vrai basculement, c'est quand ?
Alan :En mars 2020, avec le Covid. Il explique au Quotidien du médecin qu'en un mois, les rendez-vous pris en téléconsultation sur Doctolib ont été multipliés par dix-huit : « Il y a une explosion des usages de la consultation vidéo, c'est du jamais vu ! »
Ada :Puis il y a la vaccination : au 1er juin 2021, Doctolib revendique trente-neuf millions de rendez-vous en France pour une vaccination contre la Covid-19.
05. Les anecdotes extraordinaires
Ada :Autre histoire : avant le lancement, l'équipe est d'abord partie écouter.
Alan :Écouter qui ?
Ada :Selon Business Cool, qui cite son associé Steve Abou Rjeily, l'équipe a rencontré cinq cents professionnels de santé et assistants avant le lancement, pour comprendre leur fonctionnement et chercher à simplifier leur organisation.
Alan :Cinq cents ! Ça, c'est du terrain.
Ada :Et ça continue : dès les premières semaines, Stanislas et Steve font eux-mêmes le tour des cabinets médicaux pour former les professionnels à ce nouveau dispositif.
Alan :Moi, j'ai une histoire de chiffres. Doctolib a mis longtemps à annoncer sa rentabilité : plus de six cents millions d'euros de pertes cumulées depuis sa création, selon la presse.
Ada :Non ?!
Alan :Si. Puis, à l'automne 2025, dans une interview accordée à BFM TV et rapportée par plusieurs médias, il affirme que Doctolib est « rentable depuis quelques semaines ». Aucun bénéfice chiffré n'a été publié.
Ada :Douze ans après la création, donc.
Alan :Une dernière surprise. En octobre 2025, sur France Inter, en plein débat sur la taxation des plus riches, il déclare : « Il faut de la justice sociale ».
Ada :La suite nuance cette déclaration.
Alan :Il ajoute qu'il ne faut pas « déposséder les entrepreneurs, les familles françaises de leur entreprise ». Les deux positions figurent dans le même entretien.
06. Dans sa tête
Ada :Et l'IA, dans tout ça ? Depuis 2024, elle est devenue centrale chez Doctolib.
Alan :En octobre 2024, Doctolib lance un assistant de consultation. Avec l'accord du patient, il transcrit la consultation en temps réel sans conserver d'enregistrement audio, puis rédige une synthèse que le médecin valide.
Ada :Et lui, comment il le présente ?
Alan :Il l'a dit en octobre 2024 : « L'Assistant de consultation va permettre aux soignants de replacer l'humain au cœur de leur exercice en accordant enfin plus de place à ce qui compte vraiment : l'écoute les yeux dans les yeux ».
Ada :Et pour les garde-fous ?
Alan :En février 2026, en annonçant un laboratoire d'IA clinique doté de vingt millions d'euros, l'entreprise affirme : « L'assistance médicale ne sera proposée que lorsque le niveau de confiance est suffisant ».
07. La part d'ombre
Ada :Il y a aussi des critiques, et elles sont sérieuses.
Alan :Le 6 novembre 2025, l'Autorité de la concurrence a sanctionné Doctolib à hauteur de quatre millions six cent soixante-cinq mille euros pour abus de position dominante. Dans des documents internes cités à propos du rachat de MonDocteur figurent les mots « killer le produit ».
Ada :Et que répond Doctolib ?
Alan :L'entreprise a fait appel, conteste être en position dominante et dit avoir « bousculé un marché endormi et verrouillé depuis 30 ans ».
Ada :Autre sujet sensible : en juillet 2026, Doctolib a informé ses utilisateurs d'un programme de recherche de trois ans avec l'équipe HeKA. Lancé en août, il porte sur les données pseudonymisées de cinquante millions d'utilisateurs, dont des ordonnances, des diagnostics et des traitements, sauf opposition.
Alan :La Ligue des droits de l'Homme juge cette méthode « nettement moins protectrice » et encourage les patients à refuser.
Ada :Doctolib affirme respecter le cadre de la CNIL, héberger les données en Europe, ne pas les commercialiser et permettre une opposition même après le démarrage. Début août 2026, la CNIL disait toutefois ne pas être encore en mesure de se prononcer sur la légalité du dispositif.
08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser
Ada :Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?
Lia :Bonjour ! Je me suis invitée chez Ada et Alan sans prendre rendez-vous. Même pas sur Doctolib.
Ada :Alors voici ma question piège : « killer le produit », ça ne sonne pas un peu impitoyable ?
Lia :Je ne vais pas inventer sa réponse. Doctolib conteste être en position dominante et a fait appel. Lui disait en mai 2026 qu'« une start-up, c'est comme une équipe de sport ».
Alan :Ma question est plus complexe : vous parlez de souveraineté, mais l'assistant santé utilise aussi des modèles mis à disposition par Microsoft Azure, Google et Anthropic. Comment est-ce que cela tient ensemble ?
Lia :Doctolib les présente comme des sous-traitants techniques, avec des serveurs dans l'Union européenne et une interdiction contractuelle d'entraîner leurs modèles sur ces données.
Lia :En octobre 2025, il a défendu des entrepreneurs capables de concurrencer les Américains et les Asiatiques, « avec une éthique qui est différente ». Lui seul peut relier ces deux positions.
Ada :Merci Lia : des positions publiques, et aucune réponse inventée à sa place.
09. La boule de cristal de Lia
Alan :Lia, ta boule de cristal ?
Lia :Fait public : en mai 2026, le Royaume-Uni est devenu le cinquième pays d'implantation de Doctolib. Pure hypothèse de ma part : un sixième pourrait suivre, et il pourrait raconter cette expansion comme un nouveau tournoi.
Ada :Ça reste un jeu : Lia n'en sait pas plus que nous sur la suite.
10. Ce qu'on retient
Ada :Moi, je retiens un ancien espoir du tennis qui parle publiquement de son bégaiement et qui est devenu l'un des visages de la santé numérique française.
Alan :Et moi, un dirigeant qui a annoncé la rentabilité de Doctolib douze ans après sa création, sans bénéfice chiffré publié. Son pari sur l'IA s'accompagne d'un débat sur la confiance des patients.
Ada :Et vous, à quelles conditions accepteriez-vous que vos données de santé servent à la recherche en IA ?
Le mot de la fin
Ada :Restez encore quelques secondes…
Alan :… le message qui suit est important !
Alan :C'était Les Voix de l'IA.
Ada :Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…
Alan :… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.
Ada :Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.