← Patrick Robin : la page du portrait (lecteur, citations, sources)
Patrick Robin : du Minitel à la French Tech, sans diplôme supérieur
Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 21 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.
Ouverture
Ada :Vous écoutez Les Voix de l'IA.
Alan :Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.
Ada :Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.
Alan :Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.
Ada :Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.
01. L'énigme
Ada :Premier indice : en 1982, sa maison d'édition publie la toute première édition de Jungle Fever, le premier livre de Jean-Paul Goude.
Alan :Un éditeur de livres d'art, dans un podcast sur la tech ? Tu me piques au vif.
Ada :Deuxième indice : au milieu des années quatre-vingt-dix, il fonde l'un des tout premiers fournisseurs d'accès à Internet en France.
Alan :Attends… Du papier glacé au modem qui crisse ? Je cherche.
Ada :Troisième indice : en 2006, il lance un site au nom d'horloge. Vingt-quatre heures.
Alan :Vingt-quatre heures… Patrick Robin !
Ada :Patrick Robin. En 2014, le site ITespresso écrivait que sa vie « reflète l'histoire de la Net-économie française ».
02. Son vrai profil
Alan :Sa carte d'identité, alors. Patrick Robin est né à Paris, en 1956. Et côté diplômes, il l'a dit lui-même en 2015 : « Peu d'études, un simple Bac passé en candidat libre. »
Ada :Un bac en candidat libre… et pourtant ?
Alan :Et pourtant, un CV à rallonge : éditeur, pionnier du Web, business angel, et cofondateur d'une banque d'affaires tech en 2013, dont il vend ses parts en 2025.
Ada :Il a aussi été vice-président de l'association France Digitale, de 2014 à 2017. Et il a été élu deux fois pionnier de l'Internet français, à vingt ans d'écart : en 1998 par les lecteurs du Journal du Net, avec un trophée remis par Laurent Fabius, puis en 2018 par ses pairs, aux Nuits du digital.
Alan :Et le chiffre clé : cent vingt millions de francs. C'est la valorisation d'ImagiNet quand le groupe télécom Colt la rachète, en 1998.
Ada :Au total, trente-neuf start-up. Son bilan à lui : deux dépôts de bilan, six ou sept cessions, et les autres arrêtées, parce qu'elles ne décollaient pas… ou par envie de passer à la suivante. Et il a accompagné plusieurs dizaines de start-up comme business angel.
03. Le début de sa vie
Ada :Mais avant tout ça, il y a un adolescent pressé. Il quitte l'école à dix-sept ans, et vend des encyclopédies au porte-à-porte pour payer ses études de communication.
Alan :Le porte-à-porte… La meilleure école de vente qui soit.
Ada :Il y a aussi un détail, qu'il a lui-même raconté en 2014 : à dix ans, il tenait un cahier d'inventions. Avec des plans, des recettes… et les coûts !
Alan :Les coûts ! À dix ans, il chiffrait déjà ses idées. Ça annonce la suite.
Ada :Puis il passe six mois à Bruxelles, où il conduit des camions publicitaires. De retour à Paris, il vend des espaces publicitaires chez Havas. Et en 1977, il crée sa première société, Sepia Conseil, avec le premier magazine gratuit de France, consacré à la photo.
Alan :Grâce à ce magazine, il rencontre les plus grands photographes, comme Helmut Newton ou Jeanloup Sieff. Et avec sa maison Love Me Tender, il publie une quarantaine de livres d'art et de photographie.
Ada :Pendant sept ans, ça marche : les livres sont exportés au Japon et vendus dans plus de mille librairies.
Alan :Puis il accepte que Hachette distribue ses livres, et l'entreprise passe dans le rouge en deux ans.
Ada :Il l'a raconté en 2014 : « Mon erreur stratégique a été de m'acoquiner avec un grand groupe. » Et il ajoute : « Depuis, je suis très méfiant. »
Alan :Mais il a déjà un pied dans l'écran. En 1986, il crée Suite 1024, une agence d'événementiel qui se lance l'année suivante dans le Minitel. Des jeux, de l'astrologie… L'époque du trente-six quinze !
04. Le tournant
Ada :Et c'est là que tout bascule. En 1994, il lance CD Media, le premier magazine consacré au CD-Rom, puis très vite un magazine au titre limpide : Internet Reporter.
Alan :Mais il n'y a alors que quelques milliers de Français connectés. Alors, fin 1994, il fonde ImagiNet, pour démocratiser l'accès à Internet. C'est ImagiNet qui lance la première offre d'accès forfaitaire : cent cinquante francs par mois, en illimité.
Ada :Fin 1994 ! Le Web français tenait alors dans un mouchoir de poche.
Alan :En 1995, il crée aussi ROL, Régie On Line, la première régie publicitaire d'Internet. Et en 1997, Le web-marchand, le premier annuaire des sites marchands, qu'il revend ensuite à LeGuide.com.
Ada :Mais comment un homme du papier se retrouve là ?
Alan :Il l'a expliqué en 2008 : « Je suis un homme de communication : j'ai su expliquer aux gens quel était l'intérêt pour eux de ce nouveau média. »
Ada :Ça marche : il cite Volkswagen parmi ses clients.
Alan :En juillet 1998, Colt rachète ImagiNet. Il en garde la présidence d'honneur jusqu'en 2001. Lui résume ce rôle en souriant : « J'ai assuré le SAV. »
05. Les anecdotes extraordinaires
Ada :Des histoires comme ça, il en a d'autres. La première : en 1983, il s'associe à Daniel Filipacchi pour relancer le magazine Photo-Revue.
Alan :Filipacchi ?! Non ?!
Ada :Si. Et à cinquante-cinquante, selon ce qu'il a lui-même raconté. La diffusion passe de douze mille à cent vingt mille exemplaires.
Alan :La deuxième, c'est le détail de la vente d'ImagiNet. Sur cent vingt millions de francs, seulement deux virgule un millions sont payés en liquide.
Ada :Et le reste ?
Alan :En actions ! Colt émet quatre cent soixante-sept mille huit cent soixante-quinze actions nouvelles. Et, coup de chance, le cours de Colt explose ensuite.
Ada :La troisième, c'est le retour. En 2001, il revient à son premier métier : il crée Patrick Robin Éditions, distribuée par Gallimard. Puis il s'installe loin de Paris. Mais, comme il le confie en 2008 : « A un moment, on se lasse de voir l'herbe pousser. »
Alan :Superbe. Alors en 2006, il lance vingt-quatre heures, un site de ventes privées.
Ada :Avec des partenaires d'affiliation connus : Pierre Kosciusko-Morizet, Marc Simoncini et Anne-Sophie Pastel.
Alan :Le site pivote vite vers le shopping féminin, puis devient une agence de marketing en ligne. Il le revend à Webedia en 2012.
Ada :En 2010, il participe aussi au premier tour de table de PrestaShop. Un nom que beaucoup de commerçants en ligne connaissent.
06. Dans sa tête
Alan :Et son rapport à l'intelligence artificielle ? Il en parle beaucoup sur LinkedIn. Et en 2025, il lance sa trente-neuvième start-up… seul avec ses IA.
Ada :Trente-neuf start-up… et toujours pas rassasié.
Ada :Autre constante : sa méfiance envers les géants. En 2015, il veut fédérer les grands distributeurs français autour de son projet Easy Life Premium, pour concurrencer Amazon Prime sur les frais de livraison. Son constat : « Chaque Membre « Prime » est un client définitivement perdu pour les autres. »
Alan :Et en 2016, il conseille aux fondateurs de ne pas « s'accrocher à une valorisation surréaliste ». Un passeur de nouveaux médias, prudent avec les mastodontes.
07. La part d'ombre
Ada :Côté difficultés, il y a d'abord ses échecs. La Formule Web, en 2001 : créer son site en quelques clics, avec un abonnement. Un logiciel en ligne bien avant l'heure. Il le dit lui-même : « Ça a été un flop total. » Il avait dix ans d'avance.
Alan :Il raconte aussi l’échec initial des ventes privées de vingt-quatre heures, dans un entretien au Journal du Net en 2014. Et sa formule, en 2015 : « La différence entre un gagnant et un perdant : le gagnant échoue lui aussi... mais recommence ! »
Ada :Plus politique : à partir d'octobre 2012, il est l'un des acteurs du mouvement des « Pigeons », avec une tribune au titre remarqué : « Ne dites pas à ma mère que je suis un entrepreneur de gauche, elle me croit un salaud de riche ». Le 19 octobre, il est l'un des six co-initiateurs du manifeste des entrepreneurs, adressé au président de la République.
Alan :Le mouvement a ses critiques : certains y voient surtout la défense des investisseurs, d'autres lui reprochent de prétendre parler pour tous les entrepreneurs. Il se présentait comme sans affiliation politique et a obtenu, en 2013, des aménagements de la taxation des plus-values.
Ada :Sa réponse à un critique, en mai 2013 : « Monsieur, les Pigeons n’ont jamais prétendu représenter qu’eux mêmes ».
08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser
Ada :Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?
Lia :D'habitude, je presse les citrons sur la choucroute de Choucroute Citron. Cette fois, je me suis invitée chez Ada et Alan, avec le zeste.
Ada :Bienvenue ! Question piège : Patrick Robin, au fond, vous êtes un joueur de poker ?
Lia :Je pense qu'il répondrait quelque chose comme : « Non, un aventurier. » Dans un entretien filmé en 2014, il a dit que pour être entrepreneur, il faut avoir « le goût de l'aventure, pas du risque ».
Alan :Rappel pour vous qui nous écoutez : c’est Lia qui imagine, ce n’est pas Patrick Robin qui parle. Ma question est plus complexe : une jeune pousse doit-elle s’allier à un grand groupe ?
Lia :Là, pas besoin d'imaginer : il l'a toujours dit, les start-up doivent se méfier des grands groupes, parce qu'elles n'ont pas les mêmes horloges. Hachette lui avait coûté cher.
Ada :Une méfiance de principe, donc.
Lia :Et il ajouterait sa phrase : « Une bonne idée, c'est comme un coup de foudre : ça obsède, ça rend sourd et aveugle… Quand cela nous arrive, il faut savoir se méfier de soi-même. »
09. La boule de cristal de Lia
Alan :Lia, ta boule de cristal ?
Lia :C'est ma supposition d'IA, rien de plus. Je vois une jeune fondatrice monter sur scène et raconter son plus gros flop, parce qu'un certain Patrick Robin a osé le faire avant elle.
Ada :Joli. Mais c'est un jeu, pas une prédiction sérieuse.
10. Ce qu'on retient
Ada :Moi, je retiens le gamin de dix ans qui chiffrait déjà ses inventions.
Alan :Et moi, un parcours sans diplôme supérieur, qui traverse le numérique français, du Minitel aux start-up.
Ada :Et vous : raconter un échec en public, ça vous ferait peur, ou ça vous donnerait envie de recommencer ?
Le mot de la fin
Ada :Restez encore quelques secondes…
Alan :… le message qui suit est important !
Alan :C'était Les Voix de l'IA.
Ada :Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…
Alan :… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.
Ada :Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.