
Comprendre la guerre des puces
NVIDIA, TSMC, Huawei : en six portraits, de l'usine de Taïwan aux restrictions américaines, qui tient vraiment les puces de l'I.A.
Écoutez-le si vous entendez parler de NVIDIA, de TSMC ou de Huawei sans bien savoir qui fait quoi. En une heure, on suit la chaîne d'une puce : qui la dessine, qui la grave, qui écrit son logiciel, et pourquoi les États s'en mêlent. Aucun prérequis.
Lia ouvre le parcours et présente chaque épisode, puis les épisodes s'enchaînent, environ 59 min en tout. Vous pouvez aussi mettre les six épisodes dans votre playlist.
Ce que vous saurez à la fin
- Pourquoi la plupart des grandes puces d'I.A. sont dessinées par une entreprise et fabriquées par une autre, et quel rôle joue TSMC, à Taïwan.
- Comment NVIDIA s'est imposée grâce à un pari logiciel, CUDA, et comment AMD, Cerebras et Groq ont tenté de la rattraper par d'autres chemins.
- Pourquoi les puces sont devenues une affaire d'États, avec les restrictions américaines et la réponse de Huawei.
Derrière chaque I.A., il y a des puces. Et derrière ces puces, une poignée d'entreprises, et quelques usines. Pourquoi si peu ? Ce parcours répond en six portraits : l'usine, le leader, la challengeuse, deux paris audacieux, et un géant chinois face aux restrictions américaines. Une heure pour comprendre la guerre des puces.
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Premier arrêt : Taïwan. En 1987, un ancien dirigeant de Texas Instruments propose une idée que personne ne veut financer : fabriquer les puces que d'autres inventent. Intel et Texas Instruments refusent d'investir. Cette idée est pourtant devenue le socle de toute l'industrie. Voici Morris Chang, le fondateur de TSMC.
1 L'usineMorris ChangFondateur · TSMC 9 min 09
À retenirNe pas concurrencer ses clients, mais produire pour eux : c'est la fonderie pure, l'idée de TSMC.
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Première clé : ne pas concurrencer ses clients, mais produire pour eux. Grâce à cette idée, on peut inventer une puce sans posséder d'usine. C'est le cas de NVIDIA, cofondée en 1993 : elle dessine, TSMC fabrique. En 2006, son patron lance un pari logiciel risqué, pour un marché alors minuscule. Six ans plus tard, ce pari rencontre l'I.A. Voici Jensen Huang, l'homme à la veste de cuir noir.
2 Le leaderJensen HuangDirecteur général · NVIDIA 9 min 32
À retenirLe logiciel fait la différence : avec CUDA, NVIDIA a fait des cartes graphiques des machines à calculer, bien avant le tournant de 2012.
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Deuxième clé : le logiciel. Avec CUDA, les cartes graphiques sont devenues des machines à calculer, et en octobre 2025, NVIDIA est devenue la première entreprise au monde à valoir cinq mille milliards de dollars. Peut-on rattraper un tel leader ? En 2014, une ingénieure prend la tête d'un concurrent dont l'action végète autour de trois dollars. Elle a un lien de famille avec Jensen Huang, et le même fabricant. Voici Lisa Su, à la tête d'AMD.
3 La challengeuseLisa SuPDG · AMD 9 min 02
À retenirMême le challenger passe par la même usine : AMD conçoit ses puces, TSMC en fabrique l'essentiel.
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Troisième clé : même le challenger passe par la même usine. AMD conçoit, TSMC fabrique l'essentiel, et en 2022, AMD dépassait Intel en valeur. D'autres ont choisi une voie plus radicale. Et si, au lieu de relier des milliers de petites puces, on en fabriquait une seule, géante ? C'est le pari de Cerebras, fondée en 2015. Son patron n'est pas ingénieur : il a étudié l'économie. Écoutez l'histoire des quarante vis. Voici Andrew Feldman.
4 Le pari de la puce géanteAndrew FeldmanDirecteur général · Cerebras 9 min 20
À retenirInventer une autre puce ne suffit pas : il faut quelqu'un pour la graver, et des clients pour durer.
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Quatrième clé : inventer une autre puce ne suffit pas. Il faut quelqu'un pour la graver, TSMC pour Cerebras, et des clients : en 2023, un seul client d'Abou Dhabi pesait quatre-vingt-trois pour cent de son chiffre d'affaires. Autre voie : des puces faites pour une tâche précise. Chez Google, un ingénieur participe à la naissance du TPU. Puis il cofonde une entreprise dont le nom se prononce exactement comme celui d'une I.A. célèbre. Voici Jonathan Ross.
5 Le pari de la puce spécialiséeJonathan RossArchitecte logiciel en chef · NVIDIA 9 min 10
À retenirLe leader attire tout : la technologie de Groq a rejoint NVIDIA par une licence, sans rachat.
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Cinquième clé : la force d'attraction du leader. La technologie de Groq a rejoint NVIDIA par une licence évaluée à dix-sept milliards de dollars. Ce n'est pas un rachat, et Groq reste indépendante. Mais que se passe-t-il quand on n'a plus accès aux puces les plus avancées ? En 2019, les États-Unis inscrivent Huawei sur leur liste noire, puis étendent les restrictions en 2020. Voici son fondateur, un ancien ingénieur de l'armée chinoise : Ren Zhengfei.
6 La géopolitiqueRen ZhengfeiFondateur · Huawei 8 min 47
À retenirLes puces sont une affaire d'États : restrictions américaines d'un côté, puces en grappe de l'autre.
Ce qu'il faut retenir
Dernière clé : la géopolitique. Ren Zhengfei le reconnaît, ses puces prises une à une ont une génération de retard : il les fait travailler en grappe. Et les restrictions américaines ont fermé à NVIDIA le marché chinois de ses puces les plus avancées. Une puce d'I.A., c'est une chaîne : quelqu'un la dessine, quelqu'un la grave, quelqu'un écrit le logiciel qui la fait travailler. À chaque maillon, très peu d'acteurs. TSMC fabrique les puces conçues par NVIDIA, AMD et Apple, et pesait presque les trois quarts de la fonderie mondiale en 2026. NVIDIA s'est imposée grâce à CUDA, un logiciel lancé bien avant le tournant de 2012. Les challengers inventent d'autres puces, mais passent souvent par les mêmes usines ; Groq, lui, s'est allié au leader. Et les États s'en mêlent. Voilà pourquoi une poignée d'entreprises tient le monde de l'I.A.
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