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Niklas Zennström : de Kazaa à Skype, puis l'IA européenne

Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 13 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.

Ouverture

Ada :

Vous écoutez Les Voix de l'IA.

Alan :

Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.

Ada :

Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.

Alan :

Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.

Ada :

Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.

01. L'énigme

Ada :

Premier indice : il est suédois, et il a raconté à la radio ses années d'« ennemi numéro un de l'industrie du disque ».

Alan :

Un rockeur rebelle ? Un hacker en capuche ?

Ada :

Deuxième indice : avec l'entrepreneur danois Janus Friis, il a lancé en 2003 un logiciel pour téléphoner gratuitement par Internet.

Alan :

Attends… Ça me rappelle une petite sonnerie très familière.

Ada :

Troisième indice : en 2006, il a fondé à Londres l'un des grands fonds de capital-risque européens.

Alan :

C'est le cofondateur de Skype ! Niklass Zènnstreum !

Ada :

Gagné. Niklass Zènnstreum, cofondateur de Skype avec Ianousse Frisse, et auparavant de Kazâ. Microsoft a fermé Skype le 5 mai 2025.

02. Son vrai profil

Alan :

Niklas Zennström est né le 16 février 1966 à Yèrfèla, dans la banlieue nord-ouest de Stockholm. Il est suédois.

Ada :

Et c'est un double diplômé de l'université d'Oupsala : un master d'ingénieur en physique et une licence de gestion.

Alan :

Après ce double cursus, il devient entrepreneur puis investisseur. Il a fondé Atomiko en 2006 et en est le fondateur, associé et directeur général.

Ada :

Atomiko, c'est un fonds qui finance des jeunes pousses européennes, dont des entreprises d'IA comme DeepL ou Lakera.

Alan :

Le chiffre clé : en septembre 2024, Atomiko a bouclé 1,24 milliard de dollars répartis entre deux fonds, avec 485 millions pour les jeunes entreprises et 754 millions pour la croissance.

03. Le début de sa vie

Ada :

Mais avant les milliards, il y a un enfant qui grandit à Oupsala, où il étudiera ensuite la physique et la gestion.

Alan :

Et dans la famille, on trouve une prof : sa mère a enseigné le textile.

Ada :

Ce détail compte. En septembre 2008, il donne trente millions de couronnes à l'université d'Oupsala, pour la recherche sur le climat et l'enseignement du textile, en hommage à sa mère.

Alan :

Un chèque pour la planète et un clin d'œil à maman. Joli.

Ada :

Pendant ses études, il passe aussi une année d'échange aux États-Unis, à l'université du Michigan.

Alan :

Et Oupsala ne l'a pas oublié : en 2015, elle l'a nommé « ancien élève de l'année ».

Ada :

En 1991, il entre chez Tele2, l'opérateur du financier Iane Sténbèk. Il passera huit ans dans les sociétés de Sténbèk.

Alan :

Et là, il recrute un jeune Danois, de dix ans son cadet, qui a quitté le lycée et répond aux clients d'un fournisseur d'accès : Ianousse Frisse.

04. Le tournant

Ada :

Et c'est là que tout s'accélère. En 1999, en pleine bulle Internet, il quitte Tele2 pour se lancer avec Frisse.

Alan :

En janvier 2000, Frisse s'installe dans son tout petit appartement d'Amsterdam. Avec trois ingénieurs estoniens, dont Iaane Tallinne, ils bâtissent Kazâ.

Ada :

Kazâ, un logiciel d'échange de fichiers, sort en mars 2001. L'Oxford Internet Institute le décrit comme le logiciel Internet le plus téléchargé au monde en 2003.

Alan :

Sauf que l'industrie du disque engage des poursuites. Zennström et Frisse reprennent ensuite le principe du réseau pair-à-pair de Kazâ pour l'appliquer à la voix sur Internet.

Ada :

À l'été 2002, les deux associés se retrouvent dans un parc de Copenhague. Le projet s'appelle alors « Skyper ».

Alan :

Le 29 août 2003 sort la première version publique de Skype. En juin 2005, le Washington Post évoque quarante millions d'utilisateurs, acquis en dix-huit mois.

Ada :

Et en septembre 2005, eBay achète Skype : 2,6 milliards de dollars au départ, plus un complément.

05. Les anecdotes extraordinaires

Alan :

Pourquoi « Skyper » est devenu Skype ? Les noms de domaine étaient déjà pris. Alors on a retiré le « r ».

Ada :

Une lettre de moins, une marque mondiale. Des histoires comme ça, il en a d'autres.

Alan :

Deuxième histoire : trouver l'argent pour Skype a pris un an, a-t-il dit en 2013. Des investisseurs européens lui conseillaient plutôt du logiciel pour opérateurs, plus rassurant.

Ada :

Et dans la Silicon Valley, on lui demandait quand Skype viendrait s'installer chez eux. Sa réponse, racontée en 2018 : « Eh bien, en fait, nous ne déménageons pas ici. »

Alan :

Et parmi les premiers à y croire, il y a Bill Draper et un petit fonds luxembourgeois, Mangrove. Selon la presse luxembourgeoise, Mangrove a récupéré au moins cent fois sa mise.

06. Dans sa tête

Ada :

Sur l'IA, ses déclarations publiques dessinent une position assez nette. Il n'en a jamais construit lui-même, mais Atomiko finance plusieurs entreprises du secteur.

Alan :

En septembre 2018, il a dit à TechCrunch : « Elle est déjà déployée à une échelle massive. Et elle a un impact. Ce n'est pas le futur, c'est maintenant. »

Ada :

En janvier 2025, dans des propos tenus au Financial Times et cités par OODA Loop, il déclare : « Tout le monde n'a pas besoin d'être un grand modèle de langage… On peut créer de la valeur en fournissant des applications. »

Alan :

Son constat est que l'IA exige beaucoup d'argent, de données et de canaux de distribution, ce qui donne une avance aux géants. Mais il estime que l'Europe peut créer de la valeur dans les applications, avec des exemples comme DeepL ou Corti.

Ada :

Et en novembre 2025, dans l'avant-propos du rapport State of European Tech, il écrit : « Nous entrons dans la décennie la plus transformatrice de l'histoire humaine. »

07. La part d'ombre

Alan :

Il faut aussi regarder les controverses. Kazâ a été l'un des grands outils utilisés pour le téléchargement illégal de musique, ce qui a déclenché plusieurs procédures judiciaires.

Ada :

Peu après la plainte américaine d'octobre 2001, Kazâ a été vendu à Sharman Networks. En 2006, Sharman a payé plus de cent millions de dollars aux maisons de disques. Zennström a refusé de commenter, et les sources du dossier ne font état d'aucune condamnation personnelle.

Alan :

En 2018, il a présenté Kazâ comme un échec fondateur : « Cet échec a rendu possible notre succès futur. »

Ada :

Autre rapport de force : en 2009, avec Frisse, il attaque eBay et les futurs acheteurs de Skype au sujet de la technologie pair-à-pair, toujours détenue par leur société Joltid. L'accord de novembre 2009 attribue 14 % de Skype à Joltid et aux fondateurs, en échange du logiciel et d'un apport de capital.

Alan :

Côté acheteurs, Marc Andreessen a affirmé que l'opération n'avait jamais été bloquée. Zennström, lui, n'a pas fait de déclaration publique retrouvée. Dix-huit mois plus tard, en mai 2011, Microsoft annonce le rachat de Skype pour 8,5 milliards de dollars. Ce qu'ont touché les fondateurs n'a pas été publié.

08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser

Ada :

Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?

Lia :

Je me suis installée dans votre studio comme Frisse dans l'appartement d'Amsterdam. Allez-y !

Ada :

Question piège : « Monsieur Zennström, vous regrettez Kazâ ? »

Lia :

En 2018, à Helsinki, il a dit : « Nous n'aurions pas pu lancer Skype sans Kazâ comme première expérience. » J'imagine donc qu'il insisterait sur cette expérience fondatrice, sans prétendre savoir s'il la regrette.

Alan :

Rappel important : c'est Lia qui imagine, pas lui qui parle. Ma question, plus complexe : l'Europe peut-elle compter dans l'IA sans son propre géant ?

Lia :

En janvier 2025, il a expliqué que tout le monde n'avait pas besoin de construire un grand modèle de langage, et qu'on pouvait créer de la valeur avec des applications. En novembre 2025, il a écrit que l'Europe était « parfaitement placée pour mener, si nous le choisissons ». J'imagine donc qu'il défendrait une voie européenne par les applications spécialisées, comme DeepL ou Corti.

Ada :

Là encore, c'est la réponse imaginée par Lia, construite à partir de ses propos de 2025.

09. La boule de cristal de Lia

Alan :

Lia, ta boule de cristal ?

Lia :

Ma supposition d'IA, rien de plus : je ne serais pas surprise que le rapport annuel d'Atomiko montre un jour l'IA au-delà du tiers des financements levés par la tech européenne. En 2025, l'IA et l'apprentissage automatique en représentaient 31 %.

Ada :

Ce n'est qu'un jeu, pas une information : le chiffre vérifié reste celui de 2025.

10. Ce qu'on retient

Ada :

Moi, je retiens un homme décrit comme discret, qui a rendu hommage à sa mère et présente l'échec de Kazâ comme fondateur.

Alan :

Moi, un entrepreneur qui a refusé de déménager dans la Silicon Valley, et qui parie depuis sur l'Europe.

Ada :

Et vous, pensez-vous qu'un premier échec soit parfois nécessaire pour réussir la suite ?

Le mot de la fin

Ada :

Restez encore quelques secondes…

Alan :

… le message qui suit est important !

Alan :

C'était Les Voix de l'IA.

Ada :

Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…

Alan :

… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.

Ada :

Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.