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Melanie Perkins : cent refus, du kitesurf et le pari Canva

Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 12 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.

Ouverture

Ada :

Vous écoutez Les Voix de l'IA.

Alan :

Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.

Ada :

Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.

Alan :

Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.

Ada :

Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.

01. L'énigme

Ada :

Petit jeu. Premier indice : à quatorze ans, d'après elle, elle vendait des écharpes faites main dans sa ville.

Alan :

Une créatrice de mode ? Trop facile, continue.

Ada :

Deuxième indice : pour approcher des investisseurs, elle a appris… le kitesurf.

Alan :

Le kitesurf ?! Là, je sèche.

Ada :

Troisième indice : son logiciel devait s'appeler Canvas Chef, comme un chef qui garnit une pizza.

Alan :

Canvas… Canva ! C'est Melanie Perkins !

Ada :

Gagné. La cofondatrice de Canva.

02. Son vrai profil

Alan :

Sa carte d'identité, alors. Melanie Perkins est australienne, née en 1987 à Perth, en Australie-Occidentale.

Ada :

Elle étudie la communication, la psychologie et le commerce à l'Université d'Australie-Occidentale. Elle la quitte à dix-neuf ans pour se lancer.

Alan :

Canva est fondée le 1er janvier 2013. C'est un outil en ligne pour créer des visuels : affiches, présentations, vidéos. Il est gratuit, avec des abonnements payants.

Ada :

Et elle en est la directrice générale depuis sa création. Le chiffre clé ?

Alan :

Selon l'entreprise, fin 2025 : plus de deux cent soixante-cinq millions d'utilisateurs par mois, et environ quatre milliards de dollars de revenus annuels récurrents.

Ada :

Et en août 2025, une vente d'actions valorisait Canva à quarante-deux milliards de dollars.

03. Le début de sa vie

Ada :

Mais avant tout ça, il y a son enfance à Perth. Sa mère était enseignante et son père ingénieur.

Alan :

Et au lycée, au Sacred Heart College, elle s'entraîne sérieusement… au patinage artistique.

Ada :

Puis viennent les écharpes, qu'elle vend dans des boutiques de Perth. À quatorze ans selon elle, à quinze selon un autre récit.

Alan :

À l'université, elle donne des cours particuliers de logiciels de graphisme à d'autres étudiants. Et elle constate que ces logiciels sont très lourds à apprendre.

Ada :

C'est l'étincelle. Avec Cliff Obrecht, son compagnon de l'époque, devenu son mari en 2021, elle crée Fusion Books.

Alan :

C'est un service en ligne qui permet aux lycées de concevoir eux-mêmes leur album de fin d'année, par glisser-déposer.

Ada :

Et le lieu de départ ? Le salon de sa mère.

Alan :

À son plus haut, environ quatre cents établissements l'utilisent, jusqu'en Nouvelle-Zélande et en France.

04. Le tournant

Ada :

Et c'est là que tout bascule : elle veut aller bien plus loin que les albums scolaires.

Alan :

En 2012, elle passe environ trois mois à San Francisco pour lever des fonds. Résultat : plus de cent refus.

Ada :

Non ?! Pourquoi ?

Alan :

L'Australie était trop loin, l'entreprise était dirigée par un couple, et l'équipe n'avait aucun profil technique.

Ada :

Elle l'a résumé en octobre 2024, au SXSW Sydney : « Nous sommes allés dans la Silicon Valley en pensant que ce serait formidable, mais nous sommes rentrés sans un seul investisseur. »

Alan :

Mais elle s'accroche. En 2019, elle racontait avoir revu sa présentation après chaque rendez-vous, plus de cent fois en un an.

Ada :

La pièce manquante arrive par Lars Rasmussen, cocréateur de Google Maps. Il lui fait rencontrer Cameron Adams, ancien designer de Google, qui devient le troisième cofondateur.

Alan :

Un investisseur veut un seul chef : Cliff Obrecht propose Melanie. Un premier financement d'environ un million de dollars suit, avec Blackbird et une subvention publique.

Ada :

Canva ouvre au public en août 2013, et dépasse les six cent mille utilisateurs dès la première année.

05. Les anecdotes extraordinaires

Ada :

Des histoires comme ça, elle en a d'autres. Ma préférée, c'est le kitesurf.

Alan :

Raconte !

Ada :

À vingt-quatre ans, l'investisseur Bill Tai l'invite au MaiTai Maui, une retraite d'investisseurs qui se retrouve autour du kitesurf. Alors elle apprend ce sport, pour pouvoir être dans la pièce.

Alan :

La levée de fonds version sport de glisse.

Ada :

Elle l'expliquait dans un ancien entretien au Sydney Morning Herald : « Quand on vient de Perth et qu'on n'a aucun contact dans la Silicon Valley, la porte ne s'entrouvre qu'à peine. »

Alan :

Et c'est par ce rassemblement que les fondateurs rencontrent Rick Baker, de Blackbird, leur futur premier grand investisseur.

Ada :

Ils lui présentent Canvas Chef : une plateforme où l'on ajoute des éléments graphiques sur un modèle vierge, comme un chef garnit une pizza.

Alan :

Autre détail : on lui avait dit qu'il fallait une idée à un milliard. Elle l'a raconté à Fortune en 2022 : « Et je l'ai pris au pied de la lettre. »

Ada :

Son plan de 2011 contenait d'ailleurs déjà la suite bureautique que Canva a lancée en 2022.

Alan :

En 2021, elle signe avec Cliff Obrecht le Giving Pledge. Leur plan : bâtir l'une des entreprises les plus valorisées au monde, puis « faire tout le bien que nous pouvons ».

Ada :

En octobre 2025, la Canva Foundation prend un engagement de cent millions de dollars pour des transferts sans condition au Malawi, avec l'objectif annoncé d'atteindre environ cent quatre-vingt-cinq mille personnes d'ici début 2027.

06. Dans sa tête

Alan :

Et l'IA, dans tout ça ? Elle n'est pas chercheuse, mais elle en a fait le cœur de Canva.

Ada :

En mars 2023, Canva présente une série d'outils génératifs sous l'étiquette « Magic » plutôt qu'« IA ». Elle dit alors à Fortune : « Cela décuple ce que nous voulions faire il y a dix ans. »

Alan :

En avril 2025, sur l'emploi, elle est directe : « Chacun va devoir se former pour entrer dans cette nouvelle ère. »

Ada :

Et en avril 2026, à Los Angeles, elle présente Canva AI deux point zéro comme « le moment le plus important de l'histoire de Canva ».

Alan :

Selon un communiqué de Canva, l'entreprise passe d'une plateforme de design avec des outils d'IA à une plateforme d'IA avec des outils de design. Le résultat reste un fichier qu'on peut retoucher.

07. La part d'ombre

Ada :

Ce virage a aussi suscité des critiques. Dès octobre 2023, pour répondre aux inquiétudes des créateurs, Canva réserve deux cents millions de dollars sur trois ans en redevances à ceux qui acceptent que leurs contenus servent à entraîner ses modèles.

Alan :

En septembre 2024, Canva annonce aux États-Unis le passage, prévu début décembre, de certains abonnements annuels Teams de 119,99 à 500 dollars, en invoquant ses outils d'IA. Après les protestations, l'entreprise conserve les anciens tarifs des clients historiques et promet soixante jours de préavis.

Ada :

Fin mars 2025, selon l'Australian Financial Review, Canva licencie dix de ses douze rédacteurs techniques après leur avoir demandé d'utiliser davantage l'IA générative. Canva parle d'une évolution de la fonction : davantage de documentation confiée aux ingénieurs et de nouveaux outils, sans préciser leur nature.

Alan :

Dans une lettre aux actionnaires rapportée en août 2026, Perkins ramène la prévision de croissance de trente à vingt pour cent : le coût moyen d'une tâche d'IA était trop élevé. Des estimations d'investisseurs, d'un courtier et de l'actionnariat salarié reculent aussi ce mois-là.

Ada :

Sa réponse : une « décision délibérée pour remettre l'économie d'aplomb ». Elle dit avoir réduit le coût par tâche de près de quatre-vingt-dix pour cent depuis avril.

08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser

Alan :

Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?

Lia :

Bonjour ! Cette fois, je me suis invitée chez Ada et Alan sans même apporter le dessert.

Ada :

Question piège : Canva, c'est encore un outil de design, ou c'est devenu une entreprise d'IA ?

Lia :

Dans Decoder, en avril 2026, Perkins décrivait Canva comme un système où le travail se fait de bout en bout, le design restant au cœur. Sur cette base, j'imagine qu'elle répondrait : les deux.

Alan :

Rappel : Lia imagine cette réponse. À moi : dépendre fortement de grands modèles externes, n'est-ce pas risqué ?

Lia :

Dans Decoder, Melanie Perkins disait : « Investir dans nos propres modèles a été un pilier de notre stratégie. »

Lia :

Durant l'été 2026, elle a reconnu que Canva dépendait trop des grands modèles de pointe. J'imagine donc qu'elle répondrait : utiliser des modèles externes, mais aussi construire les siens.

Ada :

Des réponses imaginées par Lia, d'après ses propos publics.

09. La boule de cristal de Lia

Alan :

Lia, ta boule de cristal ?

Lia :

En avril 2026, Perkins voulait faire de Canva « le système au centre du travail ». Ma supposition d'IA, rien de plus : Canva pourrait devenir l'endroit où l'on commence sa journée, avec un assistant préparant un brouillon modifiable que les humains retoucheraient.

Ada :

La prédiction est celle de Lia, pas la nôtre. Ce n'est qu'un jeu.

10. Ce qu'on retient

Ada :

Moi, je retiens les cent refus… et les cent versions de la présentation.

Alan :

Moi, je retiens son pari total sur l'IA, mais aussi le déploiement qu'elle a choisi de ralentir lorsque le coût moyen par tâche s'est révélé trop élevé.

Ada :

Et vous, quel « non » vous a un jour poussé à recommencer autrement ?

Le mot de la fin

Ada :

Restez encore quelques secondes…

Alan :

… le message qui suit est important !

Alan :

C'était Les Voix de l'IA.

Ada :

Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…

Alan :

… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.

Ada :

Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.