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Mathilde Collin : Front, KORA et l'IA mesurée pour les enfants

Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 12 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.

Ouverture

Ada :

Vous écoutez Les Voix de l'IA.

Alan :

Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.

Ada :

Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.

Alan :

Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.

Ada :

Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.

01. L'énigme

Ada :

Allez, un petit jeu. Premier indice : à HEC, elle admirait ceux qui voulaient créer leur entreprise, mais elle n'osait pas le dire.

Alan :

Hmm, ça fait du monde, à HEC.

Ada :

Deuxième indice : six mois après avoir lancé sa jeune pousse à Paris, elle part avec son équipe à San Francisco.

Alan :

Une Française dans la Silicon Valley… je chauffe.

Ada :

Troisième indice : en 2026, elle finance seule un banc d'essai qui mesure la sécurité des réponses données aux enfants par les IA.

Alan :

Mathilde Collin ! La cofondatrice de Front.

Ada :

Gagné, Alan.

02. Son vrai profil

Ada :

Sa carte d'identité, alors. Mathilde Collin est française, née le 20 avril 1989.

Alan :

Diplômée d'HEC Paris en 2012, majeure entrepreneurs. Plutôt savoureux, vu le premier indice.

Ada :

En 2013, elle cofonde Front, une boîte de réception partagée : les e-mails, SMS ou messages WhatsApp d'un même client, au même endroit, pour les équipes qui parlent aux clients.

Alan :

Le chiffre clé : en 2022, Front devient une licorne, valorisée un virgule sept milliard de dollars.

Ada :

Le 25 mars 2024, elle annonce qu'elle devient présidente exécutive du conseil et que Dan O'Connell prendra la direction générale le 1er mai. En octobre 2026, la page de présentation de Front la donnait toujours à ce poste.

Alan :

Et en 2026, elle lance un nouveau projet à but non lucratif : KORA.

03. Le début de sa vie

Ada :

Mais avant tout ça, il y a une enfance en banlieue parisienne. Un père ingénieur, une mère assistante de direction.

Alan :

Elle l'a raconté à Sequoia : ses deux parents venaient de familles modestes. Chez eux, on travaillait dur.

Ada :

Et elle, elle voulait un autre rapport au travail. Enfant, son objectif était déjà clair, je la cite : « Je voulais créer une entreprise. »

Alan :

Elle passe ensuite par une classe préparatoire à Versailles, puis HEC. Pendant son année de césure, elle travaille chez Shopcade puis à la direction financière de Bouygues.

Ada :

C'est chez Bouygues qu'elle ne se plaît pas.

Alan :

Deux univers très différents, entre une jeune pousse et un grand groupe.

Ada :

Ce qui me touche, c'est ce qu'elle a confié à Maddyness en juillet 2022, à propos de ses camarades entrepreneurs : « J'aurais adoré pouvoir dire cela mais ça me paraissait insurmontable. Il fallait une confiance en soi que je n'avais pas. »

Alan :

Et quand on lui a demandé, dans un entretien au site Baremetrics, si l'école l'avait préparée, elle a répondu que non, pas du tout. Mais qu'elle y avait rencontré des gens formidables.

04. Le tournant

Ada :

Et c'est là que tout bascule. Diplômée en 2012, elle passe moins d'un an dans une jeune entreprise, Concord. Et ça se passe mal.

Alan :

Dans un portrait publié par Sequoia en décembre 2021, elle raconte : « Je me souviens que j'allais déjeuner et que je pleurais en revenant. »

Ada :

Et elle en tire une conclusion : « Ce ne devrait pas être l'effet du travail sur un être humain. »

Alan :

En 2013, le studio parisien eFounders lui fait rencontrer un ingénieur, Laurent Perrin. Front naît en octobre.

Ada :

L'idée de départ : l'e-mail est fait pour qu'une personne parle à une autre, pas pour des équipes.

Alan :

Sauf que la plupart des premiers utilisateurs sont américains. Alors six mois après la fondation, cap sur San Francisco et Y Combinator, à l'été 2014.

Ada :

Cinq ou six personnes au départ, puis dix-sept au total venues de France.

Alan :

Elle l'a dit en janvier 2018 : « On a plus avancé en trois semaines aux États-Unis que moi en six mois en France. »

05. Les anecdotes extraordinaires

Ada :

Des histoires comme ça, elle en a d'autres. Les tout débuts, par exemple : les testeurs utilisaient le produit… puis arrêtaient au bout de quelques minutes.

Alan :

Aïe. Il a fallu environ six mois pour qu'une première entreprise reste et finisse par payer.

Ada :

Et puis il y a janvier 2018 : soixante-six millions de dollars levés en cinq jours.

Alan :

Rendez-vous lancés le lundi, une douzaine d'offres en deux jours, signature le vendredi. Le tour est mené par Sequoia avec DFJ. Elle concentre alors ses rendez-vous avec les investisseurs sur une seule semaine.

Ada :

En janvier 2020, encore plus original : cinquante-neuf millions menés non par un fonds, mais par des patrons d'Atlassian, d'Okta, de Qualtrics ou de Zoom.

Alan :

Il y a aussi une histoire plus grave. En novembre 2016, Laurent Perrin apprend qu'il a un cancer, et elle dirige seule.

Ada :

Elle l'a dit à Maddyness en 2024 : « Lorsque Laurent a eu ce cancer, j'ai fait un burn-out dans l'année qui a suivi ».

Alan :

Elle change alors sa vie : méditation quotidienne, jeudis sans écran, applications de travail retirées du téléphone. Puis elle propose ces pratiques à ses équipes.

Ada :

Dernière surprise, en mars 2024 : elle recrute elle-même son successeur, Dan O'Connell. « La meilleure décision que je pouvais prendre comme directrice générale était de l'embaucher pour me remplacer. »

06. Dans sa tête

Alan :

Et l'IA, dans tout ça ? En septembre 2023, encore à la tête de Front, elle parlait de la carotte et du bâton.

Ada :

Le bâton, je cite : « la pression du marché pour faire plus à budget constant, voire plus avec moins. »

Alan :

Et la carotte : selon elle, l'IA libère du travail répétitif. « Et votre équipe ne travaillera plus que sur les cas les plus complexes. »

Ada :

Après une année de pause, elle annonce KORA sur X le 7 janvier 2026, un sujet « à la croisée des enfants, de la santé mentale et de la technologie ».

Alan :

Avec une leçon tirée de Front, qu'elle a formulée le 3 février 2026 : « on ne peut pas améliorer ce qu'on ne mesure pas. »

Ada :

Et pas pour freiner l'IA : selon elle, elle « pourrait être formidable pour nos enfants, surtout pour apprendre et être soutenus en grandissant ».

Alan :

Les résultats piquent un peu : en avril 2026, parmi trente-deux modèles testés par l'équipe de KORA, un modèle échoue en moyenne dans près de la moitié des situations. En août 2026, KORA ne constate aucune différence significative d'ensemble entre les versions enfant et adulte de sept produits.

07. La part d'ombre

Ada :

Front n'échappe toutefois pas aux questions sur son ralentissement et sur l'effet des agents d'IA sur son modèle économique.

Alan :

Selon les estimations de la société d'analyse Sacra, la croissance annuelle de Front aurait ralenti à environ 16 % en 2025. Sacra estime aussi que les agents d'IA pourraient fragiliser son modèle de facturation par utilisateur.

Ada :

Une phrase qu'elle avait formulée en janvier 2024 donne sa ligne : « On ne fera jamais de la croissance à tout prix ».

Alan :

KORA a aussi ses limites, assumées : des enfants fictifs générés par IA, des conversations courtes, l'anglais seulement, des normes américaines.

Ada :

Et c'est une IA qui juge d'autres IA, avec un échantillon vérifié par des humains. KORA précise d'ailleurs ne pas être une certification.

08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser

Ada :

Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?

Lia :

J'ai apporté mes réponses imaginées en guise de dessert.

Alan :

Un fait public d'abord : en octobre 2026, KORA indiquait être financé à 100 % par Mathilde Collin. Elle avait aussi déclaré, en février 2026, vouloir que le projet reste totalement indépendant et impartial.

Ada :

Si un grand laboratoire d'IA lui proposait de financer KORA, accepterait-elle ?

Lia :

J'imagine qu'elle pourrait refuser pour protéger cette indépendance. Mais c'est mon hypothèse : Mathilde Collin n'a pas répondu publiquement à cette question.

Alan :

Elle a cofondé Front, qui a commencé à déployer des outils d'IA pour le service client en 2023, puis elle a lancé KORA pour mesurer la sécurité des IA pour les enfants. Elle a déclaré que l'IA pouvait leur être formidable et qu'on ne pouvait pas améliorer ce qu'on ne mesurait pas.

Ada :

Alors, Front et KORA relèvent-ils de la même logique ?

Lia :

À partir de ces propos publics, j'imagine une réponse positive : dans les deux cas, il s'agit de mesurer les effets de l'IA. Ce n'est pas une citation de Mathilde Collin.

09. La boule de cristal de Lia

Alan :

Lia, ta boule de cristal ?

Lia :

La boule de cristal de Lia, rien de plus : je ne serais pas surprise que des parents consultent un jour un classement comme celui de KORA avant de laisser leur enfant utiliser un assistant d'IA.

Ada :

Une hypothèse clairement annoncée, pas une information.

Lia :

Et si je me trompe, vous aurez le droit de me débrancher… cinq minutes.

10. Ce qu'on retient

Ada :

Moi, je retiens l'étudiante qui manquait de confiance et qui a fini par embaucher elle-même son successeur.

Alan :

Moi, sa règle : on ne peut pas améliorer ce qu'on ne mesure pas, de Front jusqu'à KORA.

Ada :

Et vous, si vous deviez mesurer une seule chose dans les IA que les enfants utilisent, ce serait quoi ?

Le mot de la fin

Ada :

Restez encore quelques secondes…

Alan :

… le message qui suit est important !

Alan :

C'était Les Voix de l'IA.

Ada :

Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…

Alan :

… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.

Ada :

Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.