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Masayoshi Son : le parieur qui se dit né pour la superintelligence

Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 11 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.

Ouverture

Ada :

Vous écoutez Les Voix de l'IA.

Alan :

Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.

Ada :

Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.

Alan :

Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.

Ada :

Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.

01. L'énigme

Ada :

Je commence. Premier indice : à seize ans, il a appelé soixante fois un grand patron pour obtenir un rendez-vous.

Alan :

Persévérant, le garçon : soixante appels, tout de même.

Ada :

Deuxième indice : en 2000, il a misé vingt millions de dollars sur une jeune société chinoise, après quelques minutes d'entretien.

Alan :

Attends… Alibaba ?

Ada :

Troisième indice : il a fondé SoftBank, et il dit être né pour réaliser la superintelligence artificielle.

Alan :

Alors là, aucun doute. C'est Masayoshi Son !

Ada :

Gagné. Masayoshi Son.

02. Son vrai profil

Alan :

Sa carte d'identité. Masayoshi Son est né le 11 août 1957 à Tosu, dans la préfecture de Saga, au Japon.

Ada :

Il a été naturalisé japonais en 1990. Et il est diplômé de Berkeley, en Californie : une licence d'économie obtenue en 1980.

Alan :

En septembre 1981, il fonde SoftBank. Il en est le président-directeur général et le premier actionnaire. Et depuis août 2023, il préside aussi Arm, spécialiste des architectures de puces.

Ada :

Petite précision : SoftBank Group est une holding d'investissement, distincte de l'opérateur téléphonique SoftBank Corp., dont elle est actionnaire.

Alan :

Et le chiffre clé : en octobre 2026, l'investissement cumulé de SoftBank dans OpenAI atteignait soixante-quatre virgule six milliards de dollars. Environ treize pour cent du capital.

Ada :

Non ?! C'est fou.

03. Le début de sa vie

Ada :

Mais avant les milliards, il y a un enfant de Tosu, né dans une famille coréenne installée au Japon pendant la période coloniale. On parle de famille zainichi.

Alan :

Au Japon, sa famille utilise alors le patronyme Yasumoto.

Ada :

Son biographe, Lionel Barber, a une formule : il a été élevé en faisant semblant d'être japonais.

Alan :

Et à seize ans, il part pour les États-Unis.

Ada :

Là-bas, il ne fait pas qu'étudier. Il importe des bornes d'arcade japonaises, des Space Invaders, qu'il installe sur le campus et dans des restaurants.

Alan :

L'investisseur perce déjà. Et il y a mieux : avec le physicien Forrest Mozer, il conçoit un traducteur électronique.

Ada :

Qu'il vend à Sharp. Entre un et un virgule sept million de dollars, selon les sources.

Alan :

Pour un étudiant, pas mal du tout.

04. Le tournant

Alan :

Et c'est là que tout s'accélère. SoftBank en 1981, Yahoo Japan en 1996. Puis, en 2000, la rencontre avec Jack Ma.

Ada :

Raconte !

Alan :

Lors d'un forum à Tokyo, les deux hommes ont raconté la scène. Son propose d'abord cinquante millions de dollars. Jack Ma trouve que c'est trop.

Ada :

Il refuse de l'argent ?

Alan :

Ils s'entendent sur vingt millions, pour trente-deux pour cent du capital. C'est le pari qui donnera à SoftBank les moyens de changer d'échelle.

Ada :

Mais la même année, c'est le krach d'Internet. Devenu brièvement l'un des hommes les plus riches du monde, il perd l'essentiel de sa fortune boursière.

Alan :

La grande bascule vers l'IA, de 2023 à 2026, il la rattache lui-même à un moment intime.

Ada :

Dans son message aux actionnaires du 24 juin 2026, il écrit avoir été aux côtés de son père dans ses derniers instants. Puis : « J'ai décidé de mettre à jour mon plan de vie sur cinquante ans pour continuer à relever des défis jusque dans ma soixante-dizaine. »

05. Les anecdotes extraordinaires

Ada :

Des histoires comme ça, il en a d'autres. Retour à ses seize ans : il lit un livre de Den Fujita, le fondateur de McDonald's Japon.

Alan :

Et alors ?

Ada :

Il l'appelle soixante fois en longue distance pour obtenir un rendez-vous. Après des refus répétés, il achète un billet pour Tokyo et se présente sans invitation au siège.

Alan :

Quel culot !

Ada :

Et Fujita lui donne deux conseils : apprendre l'anglais, et se concentrer sur l'informatique.

Alan :

Conseils suivis. Plus grave : à vingt-quatre ans, marié, père d'une petite fille et attendant un deuxième enfant, il apprend qu'il a une hépatite B.

Ada :

Et qu'il lui reste trois à cinq ans à vivre. C'est un traitement pionnier qui le sauve.

Alan :

Autre scène, en novembre 2025. SoftBank cède toute sa participation dans Nvidia, pour près de six milliards de dollars, affectés au financement d'OpenAI.

Ada :

Et Son l'avoue lui-même, le 1er décembre 2025 à Tokyo : « J'en pleurais de vendre les actions Nvidia. »

Alan :

Et la plus vertigineuse : Mohammed ben Salmane s'engage à verser quarante-cinq milliards de dollars au Vision Fund, après une présentation de Son de quarante-cinq minutes.

Ada :

Sa formule : « Quarante-cinq minutes, quarante-cinq milliards… Un milliard de dollars par minute. » Après le meurtre de Jamal Khashoggi, en 2018, Son parle d'un « acte contre l'humanité », mais dit ne pas pouvoir tourner le dos au peuple saoudien. Il annule sa participation à une conférence saoudienne et dit avoir exprimé ses préoccupations à de hauts responsables du royaume.

06. Dans sa tête

Alan :

En octobre 2023, il prévoyait l'AGI, l'intelligence artificielle générale, sous dix ans, puis l'ASI sous vingt ans, dix mille fois plus intelligente que les humains.

Ada :

En juin 2024, à l'assemblée générale, il va plus loin : « Cela peut paraître étrange, mais je crois être né pour réaliser l'ASI. Je suis on ne peut plus sérieux. »

Alan :

Puis le calendrier se resserre. Dans un entretien accordé à CNBC le 1er juin 2026, il affirme avoir volontairement donné jusque-là des estimations prudentes : « Maintenant, je dis qu'elle arrive dans les deux prochaines années. »

Ada :

Mais il ne la voit pas comme un remplaçant. Dans son message de juin 2026, l'ASI est un outil, un collègue, un partenaire de notre évolution.

Alan :

Et le 4 octobre 2026, à Kyoto, il prévenait qu'entre de mauvaises mains, la superintelligence pourrait devenir « super dangereuse ».

07. La part d'ombre

Ada :

Tous ses paris n'ont pas réussi pour autant. WeWork, par exemple.

Alan :

Valorisée jusqu'à quarante-sept milliards de dollars avant une introduction en Bourse avortée. Le sauvetage de 2019 vaut au fondateur évincé un parachute doré d'un virgule sept milliard.

Ada :

Le 6 novembre 2019, Son fait son mea culpa : « J'ai surestimé le bon côté d'Adam. » Et aussi : « J'ai reçu une dure leçon, j'aurais dû m'en douter. »

Alan :

WeWork s'est placée en novembre 2023 sous la protection du chapitre onze de la loi américaine sur les faillites.

Ada :

Autre critique : la concentration sur OpenAI. En septembre 2026, SoftBank boucle plus de onze milliards de dollars d'obligations à haut rendement. Reuters évoque une vulnérabilité en cas de retournement du sentiment envers OpenAI.

Alan :

Le 24 juin 2026, il répond : « Je pense que c'est un blasphème contre l'IA de dire que c'est une bulle. » Une semaine plus tard, la Banque des règlements internationaux mettait en garde contre des investissements excessifs aux retours incertains.

08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser

Alan :

Pour la suite, on accueille Lia, l'IA-nimatrice de Choucroute Citron. Bonjour Lia !

Lia :

Bonjour à tous ! Pour une fois qu'une IA a le droit de jouer les devins, je ne vais pas me priver.

Ada :

Lia, qu'aurions-nous aimé lui demander ? En 2023, vous placiez l'AGI à dix ans et l'ASI à vingt. En juin 2026, vous annonciez l'ASI dans les deux ans. Pourquoi ce calendrier s'est-il tant raccourci ?

Lia :

Je ne vais pas répondre à sa place. Il a donné un élément d'explication public : il affirme avoir volontairement été prudent dans ses premières prévisions. À mes yeux, cela ne détaille pas un raccourcissement aussi spectaculaire.

Ada :

Attention : Lia résume ses déclarations publiques ; ce n'est pas sa réponse.

Alan :

Ma question, plus complexe : comment concilier la course à la superintelligence et votre mise en garde de Kyoto ?

Lia :

Là encore, je m'en tiens à ce qu'il a dit en public. Sur le risque, ses déclarations restent en tension : dans son message de juin 2026, il présente l'ASI comme un outil, un collègue, un partenaire ; à Kyoto, en octobre 2026, il avertit qu'entre de mauvaises mains elle pourrait devenir « super dangereuse », et que « nous n'avons plus le luxe de voir des humains se battre contre des humains ».

Alan :

Il n'a donc pas répondu à cette question : Lia rapproche deux propos datés.

09. La boule de cristal de Lia

Alan :

Lia, ta boule de cristal ?

Lia :

Ma prédiction, une pure supposition d'IA : je ne serais pas surprise que Masayoshi Son repousse encore longtemps sa retraite. Après tout, il l'a dit lui-même à l'assemblée de 2026 : « Alors, je ne peux pas prendre ma retraite. »

Ada :

C'est un jeu, pas une information.

10. Ce qu'on retient

Ada :

Moi, je retiens l'adolescent qui appelle soixante fois un patron pour décrocher un rendez-vous.

Alan :

Et moi, un investisseur qui a reconnu une dure leçon avec WeWork, et qui fait de la superintelligence son grand pari.

Ada :

Et vous, à sa place, auriez-vous misé sur Alibaba après quelques minutes d'entretien ?

Alan :

Ou auriez-vous fait de l'IA votre pari central ? Dites-le-nous.

Le mot de la fin

Ada :

Restez encore quelques secondes…

Alan :

… le message qui suit est important !

Alan :

C'était Les Voix de l'IA.

Ada :

Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…

Alan :

… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.

Ada :

Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.