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Marie-Laure Sauty de Chalon : d'aufeminin au financement du cinéma

Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 23 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.

Ouverture

Ada :

Vous écoutez Les Voix de l'IA.

Alan :

Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.

Ada :

Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.

Alan :

Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.

Ada :

Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.

01. L'énigme

Ada :

Alan, petit jeu. Premier indice : au milieu des années 1980, elle débute dans un supplément économique, payée la moitié du SMIC.

Alan :

Un début modeste… Je ne vois pas.

Ada :

Deuxième indice : en 1997, elle prend la tête de Carat Interactive, bien avant que le web ne devienne une évidence.

Alan :

Une pionnière de la publicité numérique, alors.

Ada :

Troisième indice : de 2010 à 2018, elle dirige le premier éditeur mondial de sites féminins, celui qui possède aussi Marmiton.

Alan :

Aufeminin ! C'est Marie-Laure Sauty de Chalon !

Ada :

Bravo. Marie-Laure Sauty de Chalon.

02. Son vrai profil

Alan :

Carte d'identité. Marie-Laure Sauty de Chalon est française, née à Paris en 1962. Elle est diplômée de Sciences Po et titulaire d'une maîtrise de droit public.

Ada :

Depuis janvier 2022, elle préside le conseil d'administration de l'IFCIC, un établissement de crédit spécialisé dans le financement de la culture, et notamment du cinéma.

Alan :

En juillet 2018, elle a fondé Factor K, une société qui crée et développe des marques. Elle a siégé douze ans au conseil de LVMH, et en mai 2026, Carrefour et JCDecaux l'ont reconduite pour trois ans dans leurs conseils.

Ada :

Elle a aussi longtemps enseigné à Sciences Po, et elle a écrit deux livres.

Alan :

Le chiffre clé : selon son ancien actionnaire, Axel Springer, l'audience, le chiffre d'affaires et les bénéfices d'aufeminin ont été multipliés par quatre.

03. Le début de sa vie

Ada :

Mais pour comprendre ce parcours, il faut remonter au milieu des années 1980. Une jeune diplômée de Sciences Po rêve de travailler dans les médias. Le problème, a-t-elle raconté en 2018 : elle n'y connaît personne.

Alan :

Et dans sa famille, raconte Les Échos, on lui dit : « Toi, ce que tu fais, ce n'est pas vraiment du travail. » Chez elle, le vrai travail, c'est la finance ou la fonction publique.

Ada :

Étudiante, elle hésitait entre journaliste et « chef de pub ». Elle choisit la pub : « La voie commerciale attirait moins les jeunes diplômés, c'était plus facile d'y briller ».

Alan :

Alors elle entre chez Atlas Eco, un supplément du Nouvel Observateur. À la moitié du SMIC.

Ada :

Et elle y fait deux métiers à la fois : elle écrit des articles, et elle vend la publicité du même journal.

Alan :

Elle écrit le journal, et en plus elle le vend !

Ada :

En 1985, elle est chef de publicité des suppléments économiques du Nouvel Observateur, puis de Libération. En 1988, elle dirige la publicité de La Tribune et de L'Expansion.

Alan :

Et en 1993, elle entre à la direction de France Télévision Publicité, dont elle devient directrice générale adjointe. Jean-Pierre Elkabbach, qui prend la tête de France 2 et France 3, lance un mot d'ordre : « Osons ! »

Ada :

Et elle ose : en deux ans, les recettes publicitaires des chaînes publiques doublent… avant qu'une loi ne vienne les plafonner. « C'est le genre d'expérience dont on ressort assez déprimée », confiait-elle.

Alan :

La presse, puis la télévision. Il manque encore un écran à sa collection.

04. Le tournant

Ada :

Et cet écran, elle l'avait entrevu très tôt. Chez Atlas Eco, elle avait découvert une chose étonnante.

Alan :

Laquelle ?

Ada :

Que le journal économique vivait en fait… du Minitel.

Alan :

Le Minitel, le grand-père d'Internet !

Ada :

Elle l'a raconté en 2018 : c'est là qu'elle a compris que la technologie était essentielle, et que derrière chaque média, il y a un modèle économique.

Alan :

Et c'est là que tout bascule. En 1997, elle rejoint le groupe Carat, pour diriger Carat Prospective et Carat Interactive.

Ada :

Pourquoi elle ?

Alan :

Un peu par hasard, expliquait-elle. Sa filiale gérait de nombreux budgets de marques technologiques, comme Canon ou Microsoft. Et vers 1998, le numérique arrive par ces clients-là.

Ada :

Ensuite, tout s'accélère. Directrice générale adjointe de Carat en 2000. Puis, une semaine avant le 11 septembre 2001, elle part à New York diriger Consodata North America.

Alan :

Une semaine avant ?

Ada :

Oui. Les bureaux, à six cents mètres du World Trade Center, sont dévastés. Pour tenir, le yoga et l'art contemporain : elle fait exposer le sculpteur Ousmane Sow au Whitney Museum et au siège de l'ONU.

Alan :

En 2003, retour à Paris, pour monter une grande régie commune au Monde, à La Vie et au Nouvel Obs. Les Échos la présentent comme le seul échec de son parcours. Sa leçon : « Il est impossible de diriger une entreprise dont les actionnaires ne sont pas d'accord entre eux. »

Ada :

Alors elle rebondit. Présidente de Carat France fin 2004, puis, en janvier 2006, PDG d'Aegis Media France. Et elle dirige aussi l'Europe du Sud : l'Italie, la Grèce, la Belgique, Israël.

Alan :

Une vie dans les avions, j'imagine.

Ada :

Justement. Elle a raconté qu’elle voulait retrouver un sujet de fond : les femmes, l’international et le numérique. Et le premier juin 2010, elle devient présidente-directrice générale d’aufeminin.

Alan :

Les femmes, l’international et le numérique : aufeminin coche les trois cases.

05. Les anecdotes extraordinaires

Ada :

Et à la tête d'aufeminin, des histoires, elle en a. Au départ, le groupe appartient à plus de quatre-vingts pour cent à l'allemand Axel Springer.

Alan :

Première histoire. L'actionnaire veut décliner le site dans de nouvelles langues, comme le croate ou le tchèque. Elle refuse, a-t-elle raconté : il n'y a pas de modèle économique derrière.

Ada :

Et à la place ?

Alan :

Elle rachète des médias qui en ont un. En août 2011, Netmums, un grand site britannique pour les parents. Puis, en 2013, soixante pour cent de My Little Paris.

Ada :

Deuxième histoire, en février 2015 : aufeminin achète l'américain Livingly Media, vingt-cinq millions de dollars au départ.

Alan :

Et dans le communiqué, elle glisse un détail qui dit tout de l'époque : « pour la 1ère fois en 2014 notre audience sur mobile a dépassé celle du web ».

Ada :

Le téléphone a gagné !

Alan :

Troisième histoire, plus inquiétante. Elle racontait en 2018 qu'un simple changement d'algorithme pouvait faire perdre près de quarante pour cent de l'audience en quelques jours. Elle se comparait à un radeau sur une mer agitée.

Ada :

En avril 2018, le groupe TF1 rachète la part d’Axel Springer. Et Axel Springer lui rend hommage : « Avec les équipes autour de Marie-Laure Sauty de Chalon, aufeminin a écrit l'une des plus belles histoires du digital en France et en Europe. »

Alan :

Elle écrit, aussi. En 2014, avec Benjamin Smadja, « L'art du marketing to women », sous-titré « On a assassiné la ménagère ! ».

Ada :

Tout un programme ! Puis, en juillet 2018, elle lance Factor K, pour créer des marques, comme Rose La Lune.

Alan :

Et en janvier 2022, elle prend la présidence de l'IFCIC. Dans le rapport 2025, elle écrit : « Je souhaite en particulier souligner l'engagement de l'Ifcic en faveur du cinéma et de l'audiovisuel indépendants en 2025. »

06. Dans sa tête

Ada :

Et l'intelligence artificielle ? Elle en parle peu en public. Mais les plateformes et la donnée, elle les a vues venir tôt.

Alan :

Dès 2007, dans son premier livre, « Médias, votre public n'est plus dans la salle », elle écrivait que Google, « qui se positionne comme le péage de tout le marché », lui paraissait dangereux.

Ada :

Dix ans plus tard, en février 2017, au Figaro, elle décrit les médias comme « des petits agneaux entourés par Facebook, Google ou Amazon ». Et elle ajoute : « Il y a un voyage d'Ulysse à faire ! »

Alan :

Naviguer entre les géants sans se faire dévorer. Ça vaut pour l'intelligence artificielle aussi.

Ada :

Et chez aufeminin, racontait-elle en 2018, à chaque grand défi, la solution était venue de la technologie.

Alan :

En janvier 2018, elle résumait l'époque ainsi : « il faut réussir à la fois à être puissants et affinitaires… c'est l'ère du one-to-one data relationship. » Et en février 2019, à La Clusaz : « Nous sommes entrés dans une société de défiance ». Sa réponse : « Il faut de la constance ».

08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser

Ada :

Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ? Tu imagines sa réponse, d'après ce qu'elle a dit en public.

Lia :

D'habitude, je tiens le micro de Choucroute Citron. Mais pour une femme qui a vu le Minitel faire vivre un journal, je suis venue en personne… enfin, en programme.

Ada :

Bienvenue ! Ma question piège : une IA qui écrirait les articles et vendrait la publicité, comme elle à ses débuts, c'est une bonne idée ?

Lia :

Je pense qu'elle répondrait quelque chose comme : regardez d'abord le modèle économique derrière. C'est ce qu'elle a fait toute sa carrière, du Minitel aux sites croates qu'elle a refusés.

Alan :

Ma question, plus complexe : face aux grandes plateformes et à leurs algorithmes, un média peut-il encore choisir son destin ?

Lia :

J'imagine qu'elle reprendrait sa formule de 2018 : il faut être à la fois « puissants et affinitaires ». Et sa phrase de 2019 : « Il faut de la constance ». Mais attention, c'est moi qui l'imagine !

Ada :

Rappel : ces réponses sont imaginées par Lia, à partir de ses déclarations publiques. Nous ne lui avons rien demandé.

09. La boule de cristal de Lia

Alan :

Lia, ta boule de cristal ?

Lia :

En 2018, elle disait : « Notre ambition, c'est de poursuivre nos rêves. » Ma prédiction d'IA : un jour, l'une des marques de Factor K sera imaginée avec l'aide d'une intelligence artificielle. Pure supposition !

Alan :

Et ce n'est qu'un jeu : personne ici ne lit l'avenir.

10. Ce qu'on retient

Ada :

Moi, je retiens la jeune diplômée qui écrivait le journal et vendait sa publicité, à la moitié du SMIC.

Alan :

Et moi, sa leçon du Minitel : derrière chaque média, il y a une technique et un modèle économique.

Ada :

Et vous, derrière les applications que vous utilisez chaque jour, savez-vous ce qui les fait vivre ?

Le mot de la fin

Ada :

Restez encore quelques secondes…

Alan :

… le message qui suit est important !

Alan :

C'était Les Voix de l'IA.

Ada :

Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…

Alan :

… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.

Ada :

Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.