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Jony Ive : l'homme de l'iPhone veut nous rendre moins anxieux
Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 12 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.
Ouverture
Ada :Vous écoutez Les Voix de l'IA.
Alan :Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.
Ada :Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.
Alan :Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.
Ada :Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.
01. L'énigme
Ada :Premier indice : sa première grande mission chez Apple concernait la deuxième génération du Newton, le MessagePad 110. Ce fut un échec commercial.
Alan :Commencer par un flop, j'aime bien. Continue.
Ada :Deuxième indice : Steve Jobs l'appelait son « partenaire spirituel chez Apple ».
Alan :Attends… Là, ça réduit drôlement le champ.
Ada :Troisième indice : il a dessiné l'iPhone, et il dit se sentir responsable de ses effets « pas si positifs ».
Alan :C'est Djo-ni Aïve !
Ada :Bingo. Sir Djo-ni Aïve, le designer britannique dont la start-up io a été rachetée par OpenAI en 2025.
02. Son vrai profil
Alan :Posons le portrait : Jonathan Paul Ive est britannique, né le 27 février 1967 à Tching-feurd, dans l’est de Londres.
Ada :Diplômé en design industriel de la Newcastle Polytechnic en 1989, avec la mention la plus haute.
Alan :Près de trente ans chez Apple. Puis, en 2019, il fonde son propre collectif de création, Lov-from, avec le designer australien Mark Niou-sonn.
Ada :Et lors du rachat d'io, annoncé en 2025, OpenAI a indiqué que lui et Lov-from, restés indépendants, prendraient la direction du design et de la création.
Alan :Le chiffre clé : environ six virgule cinq milliards de dollars, en actions. C'est la valeur d'io retenue pour ce rachat.
03. Le début de sa vie
Ada :Mais avant tout ça, il y a un petit garçon de Tching-feurd, dans l'est de Londres.
Alan :Un fils d'orfèvre, c'est bien ça ?
Ada :Exactement. Son père, Michael, est orfèvre et enseigne à la Middlesex Polytechnic. Et son grand-père était ingénieur.
Alan :Un père orfèvre, un grand-père ingénieur : voilà deux univers très concrets. Et c’est pendant ses études qu’il découvre le Macintosh.
Ada :Oui ! Et il l'a raconté à la BBC en 2025 : ce qui l'a frappé, c'est que c'était « le premier ordinateur qui vous laissait vraiment changer les sons d'alerte ».
Alan :Non ?! Les sons d'alerte ? Pas l'écran, pas la souris ?
Ada :Pour lui, c'était la preuve que des gens avaient mis leurs valeurs dans l'objet. À travers la machine, il dit avoir senti ceux qui l'avaient fabriquée.
04. Le tournant
Alan :Côté carrière, il entre en 1990 au studio londonien Tangerine.
Ada :Et parmi les clients du studio… Apple, déjà !
Alan :Oui, avec un projet au nom de film d'action : « Project Juggernaut ». Le but, c'était d'imaginer l'avenir de l'ordinateur portable.
Ada :Et en septembre 1992, Apple l’embauche à plein temps.
Alan :Selon Apple, il prend la tête de l’équipe de design en 1996. Puis, en 1997, Steve Jobs revient, et le jeune Britannique devient l’un de ses partenaires créatifs les plus proches.
Ada :Jobs disait de lui, dans la biographie écrite par Walter Isaacson en 2011 : « Il saisit la vue d'ensemble aussi bien que les détails les plus infimes de chaque produit. »
Alan :Et le résultat, on le connaît : l'iMac translucide en 1998, puis l'iPod, l'iPhone, l'iPad et l'Apple Watch. En 2015, il devient Chief Design Officer.
Ada :Et puis, des années plus tard, une deuxième bascule. Il l'a dit en octobre 2025 : « Avec le lancement de ChatGPT, il nous a semblé que notre raison d'être des six dernières années devenait claire. »
05. Les anecdotes extraordinaires
Ada :Des histoires comme ça, il en a d'autres. Ma préférée vient de son passage dans l'émission Desert Island Discs, sur la BBC. Il choisit du Simple Minds, du U2… et un enregistrement de son fils qui chante « Singing in the Rain ». Capté sur son iPhone.
Alan :Donc l'homme qui a dessiné l'iPhone s'en sert comme d'un magnétophone familial. C'est adorable. Et moi, j'ai une histoire qui tient à une seule lettre. Sa start-up s'appelait « io ». Sauf qu'une petite start-up d'oreillettes s'appelle iyO.
Ada :Et les deux se prononcent « aïe-o » ! Exactement pareil.
Alan :C'est ce qu'a relevé la justice. Sans juger définitivement le fond, une juge a provisoirement interdit à OpenAI d'utiliser le nom en juin 2025 ; la cour d'appel a confirmé en décembre.
Ada :Et en février 2026, OpenAI a indiqué dans une pièce de procédure que ce nom ne serait pas utilisé pour ses appareils.
Alan :Comme quoi, même dans une opération valorisant io environ six milliards et demi de dollars, une lettre peut compter.
06. Dans sa tête
Alan :Alors, dans ses déclarations publiques, à quoi l’intelligence artificielle doit-elle servir ?
Ada :Il dit vouloir transformer notre rapport à la technologie. Au DevDay d’OpenAI, en octobre 2025, il a lancé : « Dire que notre relation à la technologie est inconfortable, c’est l’euphémisme le plus obscène. »
Alan :Le mot est fort, surtout venant du designer de l'iPhone.
Ada :Il veut des objets qui nous rendent « plus paisibles, moins anxieux, moins coupés des autres ». Et pour lui, livrer l'IA par des produits vieux de plusieurs décennies n'a pas de sens.
Alan :Côté calendrier, l’appareil n’a pas été montré au DevDay du 29 septembre 2026. Le compte rendu de l’événement indiquait qu’une présentation restait attendue avant la fin de 2026 ; une pièce de procédure rapportée en février 2026 précisait qu’aucune livraison aux clients n’était prévue avant fin février 2027.
Ada :Et une humilité qui surprend. Face à ses quinze à vingt idées de produits, il avoue : « J'étais bon pour ça, et j'ai perdu un peu confiance. »
07. La part d'ombre
Alan :Il y a aussi des critiques. La première, c'est l'iPhone et l'économie de l'attention.
Ada :Et là, il assume une part de responsabilité. En février 2025, il a déclaré : « Ce n’était pas voulu, mais ça ne change rien à ce sentiment de responsabilité. » Il a aussi défendu « l’émancipation, la liberté apportées à tant de gens ».
Alan :La deuxième, c'est la vie privée. Selon Bloomberg, l'appareil aurait une caméra et puiserait dans des informations personnelles, comme les e-mails. OpenAI n'a pas commenté ces détails.
Ada :Et le 10 juillet 2026, Apple a poursuivi OpenAI, Tang Tan et Chang Liu. Dans sa plainte, Apple accuse notamment OpenAI d’avoir encouragé des salariés d’Apple à transmettre des informations et des documents confidentiels, et Chang Liu d’avoir téléchargé des fichiers internes. Ce sont des allégations. OpenAI a répondu n’avoir aucun intérêt pour les secrets industriels d’autres entreprises. Djo-ni Aïve n’est pas visé par la plainte.
Alan :Enfin, la Ferrari Loutché, dessinée avec Lov-from, a suscité des réactions très partagées, notamment sur son style. Djo-ni Aïve a répondu, dans des propos rapportés le 7 octobre 2026, qu’une voiture devait se juger en vrai plutôt qu’en photo.
08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser
Ada :Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?
Lia :D’habitude, je règne sur Choucroute Citron, mais Alexandre m’a laissé m’inviter chez vous : promis, je remets les meubles en place en partant.
Ada :Bienvenue ! Ma question piège : en fabriquant un nouvel objet, est-ce que vous tentez de corriger certains effets de l’iPhone que vous avez publiquement reconnus ?
Lia :En mai 2025, il a déclaré : « Même avec une intention innocente, si l’on est mêlé à quelque chose aux mauvaises conséquences, il faut l’assumer. » À partir de cette phrase, j’imagine qu’il présenterait le nouvel appareil comme une tentative de tirer les leçons des précédents.
Alan :Rappelons-le, c’est Lia qui imagine, pas lui qui parle. Ma question complexe : si les informations de Bloomberg sont exactes, comment concevoir un objet qui consulte vos e-mails tout en vous rendant moins anxieux ?
Lia :En mai 2025, il a aussi déclaré : « Ce que nous fabriquons témoigne de qui nous sommes. » J’en déduis qu’un appareil intrusif qui augmenterait l’anxiété manquerait l’objectif qu’il a publiquement fixé.
Ada :Des réponses imaginées par Lia, donc, à partir de ce qu'il a vraiment dit en public.
09. La boule de cristal de Lia
Alan :Lia, ta boule de cristal ?
Lia :C’est ma supposition d’IA, rien de plus : comme Ive dit vouloir des objets plus paisibles et moins anxiogènes, je parie que la présentation insistera davantage sur les usages écartés que sur la puissance technique.
Ada :Une prédiction de Lia, pour le jeu. Le pari de Lia est posé.
10. Ce qu'on retient
Ada :Moi, je retiens un fils d'orfèvre qui a entendu des valeurs dans un simple son d'alerte.
Alan :Et moi, un designer qui assume publiquement une part des effets négatifs associés à l’iPhone, tout en rappelant ce qu’il a apporté.
Ada :Et vous : un objet qui vous rendrait moins anxieux, à quoi ressemblerait-il ?
Le mot de la fin
Ada :Restez encore quelques secondes…
Alan :… le message qui suit est important !
Alan :C'était Les Voix de l'IA.
Ada :Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…
Alan :… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.
Ada :Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.