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Jakub Pachocki, le sceptique devenu directeur scientifique d'OpenAI

Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 12 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.

Ouverture

Ada :

Vous écoutez Les Voix de l'IA.

Alan :

Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.

Ada :

Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.

Alan :

Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.

Ada :

Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.

01. L'énigme

Ada :

Premier indice : en 2009, un lycéen polonais gagne l'Olympiade nationale d'informatique.

Alan :

Un excellent compétiteur de code. Continue.

Ada :

Deuxième indice : en 2012, à New York, il devient champion du Google Code Jam, le grand concours mondial de programmation.

Alan :

Hmm… un champion de concours. Ça reste flou.

Ada :

Troisième indice : le 14 mai 2024, il succède à Ilya Sutskever comme directeur scientifique d'OpenAI.

Alan :

Attends, je l'ai ! Jakub Pachocki !

Ada :

Bravo ! Et on prononce « YA-koub pa-HOTS-ki ». Le « ch » polonais se dit comme une jota espagnole.

02. Son vrai profil

Alan :

Alors, la carte d'identité. Il est polonais, né en 1991 à Gdańsk.

Ada :

Côté diplômes : une licence d'informatique à l'Université de Varsovie, un doctorat à Carnegie Mellon soutenu en mai 2016, puis un postdoctorat à Harvard.

Ada :

Depuis le 14 mai 2024, il est directeur scientifique d'OpenAI. C'est lui qui fixe la feuille de route de la recherche.

Alan :

Et le point clé : le 6 septembre 2026, il estimait qu'aucun laboratoire, y compris le sien, n'avait suffisamment résolu l'alignement et la surveillance. Il disait espérer des ralentissements volontaires.

03. Le début de sa vie

Ada :

Mais avant OpenAI, il y a un jeune Polonais né à Gdańsk.

Alan :

À la télévision polonaise, cité en février 2025, il dit : « Ce que les ordinateurs sont capables de faire m'a toujours fasciné. »

Ada :

Il fait son lycée à Gdynia, au troisième lycée, surnommé la « trójka ». C'est une vraie pépinière des olympiades d'informatique, et son mentor y est le professeur Ryszard Szubartowski.

Alan :

Dans sa classe, il y a un certain Szymon Sidor, futur pilier d'OpenAI. Retenez ce nom.

Ada :

Côté palmarès : trois finales de l'Olympiade polonaise, dont il remporte celle de 2009. La même année, il décroche une médaille d'argent aux Olympiades internationales d'informatique.

Alan :

Et à l'été 2010, il vient tout juste d'avoir son bac…

Ada :

… quand il part pour la finale mondiale du Google Code Jam, à Dublin. Plus jeune des vingt-quatre finalistes, il termine sixième.

04. Le tournant

Ada :

Puis son parcours change de terrain. Comment passe-t-on des concours de code aux réseaux de neurones ?

Alan :

Par un message. Wojciech Zaremba, cofondateur polonais d'OpenAI, lui écrit parce qu'il veut recruter des champions de programmation.

Ada :

Il y a aussi AlphaGo. Il l'a dit en septembre 2025 : « Pour moi au moins, c'est la raison pour laquelle j'ai commencé à travailler là-dessus. »

Alan :

Il rejoint OpenAI début 2017, comme responsable de recherche dans l’équipe Dota 2. Mais il arrive encore très sceptique. Il l'a raconté à Nature en mai 2025 : « Quand j'ai rejoint OpenAI en 2017, j'étais encore parmi les plus grands sceptiques de l'entreprise. »

Ada :

Dans un essai publié le 6 septembre 2026, il revient sur un épisode de la mi-2023 : un projet de recherche appelé « RLSlow » donne ses premiers résultats. Il écrit : « Szymon et moi avons passé cette nuit-là au bureau. »

Alan :

Szymon, sans doute Szymon Sidor, son ancien camarade de lycée devenu son collègue chez OpenAI. Et il en conclut que nous verrons, de notre vivant, des machines nettement plus intelligentes que nous.

Ada :

La MIT Technology Review le présente d'ailleurs comme l'un des principaux architectes des modèles de raisonnement d'OpenAI, surtout o1 et o3.

05. Les anecdotes extraordinaires

Ada :

Des histoires comme ça, il en a d'autres. Alan, la plus spectaculaire ?

Alan :

Le 13 avril 2019, OpenAI Five bat OG, l'équipe championne du monde de Dota 2. Pachocki est coauteur de l'article scientifique sur ce système, le premier à battre des champions du monde d'e-sport.

Ada :

Et ce qu'il en garde est presque poétique. En août 2025, il parlait d'« une sorte de télévision infinie où surgissent de nouvelles stratégies ».

Alan :

Deuxième histoire, la revanche. En 2011, son équipe de Varsovie finit seulement quinzième des finales mondiales de programmation universitaire.

Ada :

En 2012, ces finales ont lieu dans sa propre université, à Varsovie. Et son équipe finit deuxième du monde.

Ada :

Ma préférée, c'est celle de Psyho, un ami avec qui il concourait. Psyho se moquait de lui : selon lui, le genre de concours que Jakub aimait serait automatisé bien avant les siens.

Alan :

À l'été 2025, à Tokyo, un modèle d'OpenAI affronte justement Psyho dans une épreuve AtCoder, et il finit deuxième. Pachocki commente : « Psyho résiste, pour l'instant. »

Ada :

Dernier détail : le patron de la recherche d'une entreprise qui vend des assistants de code tape encore son code à la main, dans vim. En mars 2026, il disait : « Je suis très pointilleux avec mon code. »

06. Dans sa tête

Alan :

Alors, que pense-t-il de l'IA ? Il l'a dit en juillet 2025 : « L'IA a beaucoup de conséquences. Mais celle à laquelle je pense le plus, c'est la recherche automatisée. »

Ada :

Et il a donné des échéances. Le 28 octobre 2025, il a lui-même annoncé des stagiaires de recherche IA pour septembre 2026, puis « un vrai chercheur IA entièrement automatisé d'ici mars 2028 ».

Alan :

Le 6 septembre 2026, OpenAI a écrit avoir atteint le premier objectif, celui du stagiaire de recherche.

Ada :

Mais il ne promet pas une copie de l'humain. En mars 2026, il expliquait : « il n'est pas nécessaire d'être aussi intelligent que les humains en tout pour être très transformateur. »

07. La part d'ombre

Ada :

Il y a aussi des épisodes délicats. En novembre 2023, après le renvoi de Sam Altman, il démissionne avec d’autres responsables et chercheurs. Il revient après le rétablissement d’Altman, sans déclaration publique retrouvée sur cet épisode.

Alan :

Autre critique : Jan Leike, qui codirigeait l’équipe « Superalignment », a écrit que « la culture et les procédures de sécurité sont passées au second plan derrière des produits clinquants ».

Ada :

Sa réponse, avec Mark Chen, en 2025 : l'alignement fait désormais partie du cœur du travail d'OpenAI, parce que ses problèmes sont devenus concrets.

Alan :

Et il y a une tension. Dans son essai du 6 septembre 2026, il reconnaît que la capacité d’OpenAI à se fier à la surveillance du raisonnement des modèles diminue progressivement. Dans le même texte, il estime GPT-6 Astra nettement mieux aligné que GPT-5.6 Sol.

Ada :

L'analyste Zvi Mowshowitz salue un texte rare, venu de l'intérieur, mais il conteste ce « mieux aligné ».

08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser

Ada :

Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?

Lia :

D'accord, sans rien inventer. Il fixe la feuille de route scientifique d'OpenAI et tape son code à la main. Comment partage-t-il son travail entre vim et ses propres IA ?

Ada :

En mars 2026, il disait aimer tout taper dans vim, mais l'IA lui permettait de lancer en un week-end des expériences qui lui auraient pris une semaine à coder.

Lia :

À partir de là, j'imagine qu'il répondrait qu'il s'en sert déjà : vim pour son code, l'IA pour ses expériences.

Alan :

Lia, ta deuxième question ?

Lia :

Comment appeler à ralentir tout en dirigeant la recherche d'une entreprise qui avance si vite ? Le 6 septembre 2026, il écrivait qu'OpenAI pourrait suspendre seule la montée en puissance, mais que la coordination internationale devait devenir une priorité absolue des gouvernements.

Lia :

En mars 2026, il se disait aussi personnellement responsable, tout en jugeant que le problème ne pouvait pas être réglé par OpenAI seule. J'imagine donc qu'il répondrait qu'un frein isolé ne suffit pas sans seuils de sécurité communs.

09. La boule de cristal de Lia

Alan :

Lia, ta boule de cristal ?

Lia :

Attention : je formule ici une pure hypothèse. J'imagine qu'un jour, peut-être, un chercheur entièrement automatisé proposera une modification de code… et que Jakub Pachocki la retapera lui-même dans vim, par principe.

Ada :

Prédiction de Lia, pas la nôtre, et ce n'est qu'un jeu.

10. Ce qu'on retient

Ada :

Moi, je retiens un champion de concours, autrefois parmi les plus grands sceptiques d'OpenAI, devenu l'un des principaux architectes de ses modèles de raisonnement.

Alan :

Moi, je retiens celui qui fixe la feuille de route scientifique d'OpenAI et qui écrivait, en septembre 2026 : « C'est un moment qui appelle une prudence extrême. »

Ada :

Et vous, si une IA pouvait faire de la recherche à votre place, quel problème lui confieriez-vous en premier ?

Le mot de la fin

Ada :

Restez encore quelques secondes…

Alan :

… le message qui suit est important !

Alan :

C'était Les Voix de l'IA.

Ada :

Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…

Alan :

… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.

Ada :

Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.