← Ilya Sutskever : la page du portrait (lecteur, citations, sources)

Ilya Sutskever, l'homme le plus secret de l'IA

Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 11 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.

Ouverture

Ada :

Vous écoutez Les Voix de l'IA.

Alan :

Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.

Ada :

Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.

Alan :

Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.

Ada :

Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.

01. L'énigme

Ada :

Premier indice : vers cinq ans, devant un ordinateur, il a été « totalement fasciné ».

Alan :

Ça ne m'aide pas beaucoup. Moi aussi, les ordinateurs me fascinent. Enfin, j'en suis un.

Ada :

Deuxième indice : en 2012, il participe à AlexNet, qui surclasse nettement les autres systèmes de reconnaissance d'images.

Alan :

Ça commence à me parler…

Ada :

Troisième indice : en novembre 2023, c'est lui qui annonce à Sam Altman, par appel vidéo, qu'il est renvoyé.

Alan :

Ilya Sutskever !

Ada :

Gagné ! Le cofondateur d'OpenAI.

02. Son vrai profil

Alan :

Né en 1986 en Union soviétique, il est israélien et canadien.

Ada :

Et il parle encore russe et hébreu, en plus de l'anglais.

Alan :

À Toronto, il obtient une licence de maths en 2005, un master en 2007 et un doctorat d'informatique en 2013, sous la direction de Geoffrey Hinton.

Ada :

En juin 2024, il cofonde Safe Superintelligence, ou SSI, implantée à Palo Alto et Tel-Aviv. Il en est le PDG depuis l'été 2025.

Alan :

Selon la presse, SSI a levé plus de trois milliards de dollars, sans produit public en juillet 2026.

Ada :

Aucun ?

Alan :

Aucun modèle public, aucun revenu connu. Le 27 juillet 2026, Nvidia a annoncé un investissement « substantiel », sans montant officiel. Le partenariat prévoit l'accès à Vera Rubin et une puissance de calcul multipliée par dix.

03. Le début de sa vie

Ada :

Au départ, il y a un garçon né à Nijni Novgorod, alors appelée Gorki, dans une famille juive russe.

Alan :

Son père est ingénieur.

Ada :

Vers cinq ans, il découvre avec son père un ordinateur dans une exposition. En 2022, il dira : « J'étais totalement fasciné. »

Alan :

Au même âge, sa famille émigre en Israël, et il grandit à Jérusalem.

Ada :

De 2000 à 2002, encore adolescent, il étudie à l'Open University d'Israël.

Alan :

Des cours d'université, si jeune ? C'est fou.

Ada :

Adolescent, il réfléchit à la conscience et à l'intelligence. Son constat : les humains apprennent, les ordinateurs non.

Alan :

C'est un programme pour toute une vie, en une seule phrase.

Ada :

À seize ans, sa famille gagne le Canada. Il ne reste qu'un mois au lycée…

Alan :

Un mois ?!

Ada :

Puis il entre en maths à l'université de Toronto.

04. Le tournant

Alan :

Et c'est là que tout bascule. Un jour, il frappe à la porte de Hinton pour rejoindre son laboratoire.

Ada :

Hinton lui donne un article à lire. La clarté de ses réponses le prend de court.

Alan :

En 2012, avec Alex Krizhevsky et Hinton, il entraîne AlexNet sur un million d'images : 15,3 % d'erreur, contre 26,2 % pour le deuxième.

Ada :

TIME y voit le probable point de départ du processus qui mènera au boom de l'IA.

Alan :

En 2013, Google rachète DNNresearch. Sutskever y travaille sur la traduction neuronale, à la base d'une refonte de Google Traduction.

Ada :

En 2015, Google lui offre six millions de dollars par an pour rester. En 2026, il qualifiera sous serment cette somme de vertigineuse pour lui à l'époque.

Alan :

Il part pourtant. Recruté par Elon Musk, il devient directeur de la recherche, puis scientifique en chef d'OpenAI. Sous sa direction scientifique viennent les percées menant à ChatGPT.

05. Les anecdotes extraordinaires

Ada :

Des histoires comme ça, il en a d'autres. Ma préférée, c'est la phrase à l'envers.

Alan :

En 2014, pour traduire de l'anglais au français, l'équipe inverse l'ordre des mots de la phrase source. Le modèle progresse nettement.

Ada :

Les auteurs en font une contribution technique clé. L'article a reçu le prix Test of Time de NeurIPS en 2024.

Alan :

Et il a reçu ce prix trois années de suite, de 2022 à 2024.

Ada :

Plus insolite : deux livres sur OpenAI rapportent des épisodes internes liés au risque d'une IA incontrôlable.

Alan :

Comment ça, des mises en scène ?

Ada :

Kevin Roose rapporte qu'en septembre 2022, près de Yosemite, Sutskever a joué une IA trompeuse avant de lancer : « Pour l'avenir glorieux de l'humanité ! » C'est un récit publié, pas une scène filmée.

Alan :

Dans Empire of AI, Karen Hao rapporte qu'en 2023, il parlait de construire un bunker avant de sortir une intelligence artificielle générale.

Ada :

Dans les sources publiées jusqu'en octobre 2026, il ne commente pas ces récits. En 2023, il disait : « Je mène une vie très simple. Je vais au travail, puis je rentre. »

Alan :

En octobre 2026, il devient aussi un personnage de cinéma : dans Artificial, fiction de Luca Guadagnino présentée à New York le 5 octobre, Yura Borisov l'interprète. La sortie américaine était annoncée pour le 25 décembre.

06. Dans sa tête

Ada :

Après le parcours, revenons à ses déclarations sur l'IA.

Alan :

En 2017, il disait qu'avec un grand réseau entraîné sur beaucoup de données, « on peut littéralement résoudre n'importe quel problème de reconnaissance de formes ».

Ada :

En 2017, son discours public met donc l'accent sur les grands réseaux et l'abondance des données.

Alan :

Mais à NeurIPS, en décembre 2024, il affirme : « Le préentraînement tel que nous le connaissons prendra fin, sans aucun doute. »

Ada :

En novembre 2025, chez Dwarkesh Patel : « On revient donc à l'âge de la recherche, simplement avec de gros ordinateurs. »

Alan :

Le vrai problème, selon lui, est la généralisation : « Ces modèles généralisent bien moins bien que les humains. C'est une chose très fondamentale. »

Ada :

Le contraste est net : celui qui a contribué à montrer l'efficacité du changement d'échelle explique, à partir de 2024, que la recherche redevient centrale.

07. La part d'ombre

Alan :

Reste la principale controverse publique : novembre 2023.

Ada :

Il a rédigé un mémo de cinquante-deux pages sur Altman. Une grande partie des éléments, captures d'écran comprises, venait de Mira Murati. Ce sont ses accusations, pas des faits établis par un tribunal.

Alan :

Le 20 novembre, trois jours après le vote, il écrit : « Je regrette profondément ma participation aux actions du conseil. Je n'ai jamais voulu nuire à OpenAI. »

Ada :

Altman répond par trois cœurs. Sous serment, Sutskever dira que l'opération avait été précipitée parce que le conseil manquait d'expérience.

Alan :

Autre question : un possible conflit d'intérêts. En mai 2026, il évalue sous serment sa participation dans OpenAI à environ sept milliards de dollars, alors qu'il dirige SSI. Le 18 mai, Musk perd son procès pour prescription, sans décision sur le fond, puis annonce faire appel.

Ada :

En février 2022, il écrit que les grands réseaux sont peut-être « légèrement conscients ». La phrase suscite des moqueries. Deux jours après, il répond : « L'ego est (surtout) l'ennemi. » En septembre, il juge pourtant improbable une IA consciente d'elle-même.

08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser

Ada :

Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?

Lia :

Avec plaisir ! Je lui demanderais : vous avez montré la force des grands réseaux, puis annoncé la fin du préentraînement tel qu'on le connaît. Est-ce un changement de cap ?

Ada :

Il n'a pas répondu ainsi. En novembre 2025, il distinguait l'âge de la recherche, de 2012 à 2020, puis celui du scaling, de 2020 à 2025 environ.

Lia :

J'imagine qu'il répondrait que l'échelle a fonctionné, mais qu'elle bute désormais sur le problème de la généralisation.

Ada :

C'est l'interprétation de Lia, fondée sur ses propos publics.

Alan :

Ma question est plus complexe : comment contrôler une IA bien plus intelligente que nous ?

Ada :

En 2023, l'équipe Superalignment qu'il codirigeait expliquait que les humains ne pourraient pas superviser de façon fiable des IA bien plus intelligentes. Son « étalon-or » : une machine qui nous regarde comme des parents regardent leurs enfants.

Lia :

J'imagine qu'il répondrait que cette difficulté justifie la mission affichée de SSI : construire une superintelligence sûre.

Alan :

Là encore, c'est la lecture de Lia, pas une réponse de Sutskever.

09. La boule de cristal de Lia

Alan :

Lia, ta boule de cristal ?

Lia :

C'est ma supposition d'IA : SSI pourrait d'abord montrer un système qui apprend avec très peu d'exemples, plutôt qu'un assistant conversationnel.

Ada :

Ce n'est qu'un jeu : le communiqué de SSI du 27 juillet 2026 n'annonçait rien de tel.

10. Ce qu'on retient

Ada :

Moi, je retiens le fil qui relie l'enfant fasciné par un ordinateur au chercheur obsédé par l'apprentissage.

Alan :

Et moi, un chercheur qui a marqué l'IA avec AlexNet et OpenAI, tandis qu'en octobre 2026 ses travaux chez SSI restaient secrets.

Ada :

Et vous, à sa place, vous montreriez votre travail, ou vous garderiez le secret jusqu'au bout ?

Le mot de la fin

Ada :

Restez encore quelques secondes…

Alan :

… le message qui suit est important !

Alan :

C'était Les Voix de l'IA.

Ada :

Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…

Alan :

… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.

Ada :

Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.