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Gaël Duval : des pelles, des pioches et un avion

Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 26 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.

Ouverture

Ada :

Vous écoutez Les Voix de l'IA.

Alan :

Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.

Ada :

Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.

Alan :

Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.

Ada :

Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.

01. L'énigme

Ada :

Alan, petit jeu. Premier indice : sa mère rêvait d'un fils avocat. Elle l'appelle surtout quand son ordinateur tombe en panne.

Alan :

Un informaticien ? Un réparateur de chez Darty ?

Ada :

Presque. Deuxième indice : deux semaines avant le lancement d'un site d'enchères, c'est lui qui en trouve le nom. Troisième indice : en 2016, il fait présenter leur projet à six start-up… en plein vol, entre Paris et New York.

Alan :

Un concours dans un avion ! C'est Gaël Duval… celui de La French Touch Conference !

Ada :

Bravo. Le Gaël Duval de La French Touch Conference.

02. Son vrai profil

Alan :

Né en 1971, à Neuilly-sur-Seine. Une licence de droit des affaires à Panthéon-Assas, en 1992.

Ada :

Puis une liste qui donne le tournis : une agence web en 1995, Nextedia, vendue à Lagardère en 2007, le comparateur JeChange, qu'il a dirigé jusqu'en 2022, France Digitale, dès son premier conseil d'administration en 2012…

Alan :

Respire, Ada ! Ajoute le Conseil national du numérique en 2016, et La French Touch Conference, fondée en 2014 avec Cédric Giorgi.

Ada :

Et depuis novembre 2024, il est conseiller et investisseur d'une jeune pousse d'intelligence artificielle, Pruna AI.

Alan :

Pour relier tout ça, il a une formule. Il la donne au Figaro, en 2017 : « Quand on assiste à la ruée vers l'or, il faut vendre des pelles et des pioches. » Gardez-la en tête.

03. Le début de sa vie

Ada :

Revenons au début des années quatre-vingt-dix. Le Figaro le raconte : quatre ans de droit et de fiscalité, à Assas. Et une mère qui rêve d'un avocat.

Alan :

Sauf qu'il est, écrit le journal, « saisi par le syndrome du film L'Auberge espagnole ». Et il part en courant.

Ada :

Sa mère, elle, garde une habitude. Il le raconte : « dès qu'elle a un problème avec son ordinateur, elle m'appelle ». Pour elle, écrit Le Figaro, il est resté un réparateur de chez Darty.

Alan :

Le voilà, mon dépanneur !

Ada :

En 1995, il crée sa première « petite entreprise » : Alpaga, une agence qui fabrique des sites Internet.

Alan :

Et voilà la ruée vers l'or : Internet. Lui ne cherche pas l'or, il vend les pelles. Les sites des autres.

Ada :

En 1999, il vend son agence à un grand groupe de publicité international, et dirige jusqu'en 2001 une agence web du groupe. Parmi ses clients, il cite Disney, Chanel… et un site d'enchères tout neuf : Aucland.

04. Le tournant

Alan :

Aucland, le site de Fabrice Grinda ! Et c'est là que commence l'histoire du nom. Au départ, il devait s'appeler… Alibaba.

Ada :

Alibaba ?!

Alan :

Une entreprise chinoise prend le nom. Alors ce sera trois lettres : O, L, X. Mais deux semaines avant le lancement, un concurrent se rebaptise, lui aussi en trois lettres : Q, X, L.

Ada :

Presque les mêmes lettres !

Alan :

Deux semaines, et plus de nom. Fabrice Grinda l'écrit sur son blog, en 2010 : c'est Gaël qui a trouvé le nom Aucland.

Ada :

Vers la même époque, Fabrice Grinda signale à Marc Simoncini un site américain, half point com, qui revend des livres à moitié prix. Il le raconte dans un podcast, en 2019 : « On se dit, on va créer Half. On appelle Gaël Duval. »

Alan :

Puis la bulle Internet éclate. Simoncini le dit simplement : « Et on a arrêté Half. » Selon lui, c'est PriceMinister qui part sur le projet.

Ada :

Lui ne s'arrête pas. En 2005, il cofonde Nextedia, une agence média en ligne, rachetée par Lagardère en 2007. Et il cofonde un comparateur, JeChange : gratuit pour le client, c'étaient les opérateurs qui payaient, vingt à soixante euros à chaque changement.

Alan :

Son but, il le résume en 2017 : aider le consommateur « à vaincre sa phobie administrative ». Encore une pelle : il aide les autres à changer de fournisseur.

05. Les anecdotes extraordinaires

Ada :

Et c'est là que tout bascule. Il passe de ses entreprises… à celles des autres. En 2012, chez France Digitale, il préside une commission au nom magnifique : « favoriser l'éclosion d'une capitale numérique européenne en France ».

Alan :

Puis New York, les 26 et 27 juin 2014 : la première French Touch Conference. Une cinquantaine de Français face à une trentaine d'investisseurs et de dirigeants américains.

Ada :

Fleur Pellerin ouvre la conférence. Jean-Baptiste Rudelle, de Criteo, lance « Go Big or Go Home! » : voir grand, ou rentrer chez soi. Et Cyril Zimmermann arrive « déguisé en Marquis de Lafayette ».

Alan :

Pourquoi tout ça ? Il le dit en 2015 : « Si on ne montre pas cette réalité, personne ne le fera à notre place. »

Ada :

Et en 2016, il invente un coup : Pitch in the Plane. Le 20 juin, un vol Paris-New York de la compagnie OpenSkies. Six heures en classe affaires, deux cabines sur trois privatisées.

Alan :

À bord : six start-up, sept jurés, et la secrétaire d'État Axelle Lemaire. Le patron de la compagnie le dit au magazine américain Forbes, on traduit : « Si on peut aider des jeunes qui ont de bonnes idées, pourquoi pas ? »

Ada :

Et le gagnant ? Skylights. Une start-up qui fait des lunettes en trois dimensions… pour regarder des films en avion.

Alan :

Pitcher des lunettes pour avion, dans un avion. Les autres n'avaient aucune chance.

Ada :

À bord, on lui demande ce qu'est la French Touch. Il répond en anglais, et on traduit : « la capacité de sortir du cadre, de présenter des idées d'entreprise autrement ».

Alan :

Un concours volant, « une première mondiale », dit-il. Il en avait même déposé la marque, en 2015. Ce qui nous amène… à la brioche.

Ada :

Pardon ?

Alan :

Début 2017, il reçoit un courrier de Brioche Pasquier, propriétaire d'une brioche qui s'appelle… Pitch. Il croit d'abord à « une mauvaise blague ». Il écrit à la directrice marketing. Pas de réponse.

Ada :

Au magazine L'ADN, en 2018, il le dit : « C'est absurde, grotesque ! » Et le 12 février 2018, il tweete : « Ceci n'est pas un Pitch. »

Alan :

L'homme qui trouvait les noms des autres… se voit contester le sien par une brioche.

06. Dans sa tête

Ada :

Et l'intelligence artificielle ? En 2016, l'un des six ateliers de sa conférence s'appelle : intelligence artificielle. Et, selon l'encyclopédie Wikipédia, Yann LeCun est passé sur sa scène.

Alan :

En novembre 2024, il rejoint Pruna AI, comme conseiller et investisseur. La jeune pousse veut rendre les solutions d'IA, on traduit, « plus petites, moins chères, plus rapides et plus vertes ».

Ada :

Avec des techniques aux noms de jardinier et d'alambic : l'élagage, la distillation…

Alan :

Une IA plus légère, pour ceux qui construisent avec. Des pelles, encore. C'est notre lecture, pas la sienne.

Ada :

Lui présente ce rôle sur LinkedIn, en anglais. On traduit : « Pour ceux qui ont compris que l'IA est déjà là : nous soutenons, conseillons et donnons les moyens d'agir à des entrepreneurs insatiables, talentueux et exigeants, en les aidant à accélérer leur croissance avec un accompagnement stratégique et financier. »

Alan :

Et sur un classement de Pruna, il publie un seul mot, lettre après lettre : impressionnant. Pour un homme à formules, c'est presque un discours.

08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser

Ada :

Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ? Tu imagines sa réponse, d'après ce qu'il a dit en public.

Lia :

D'habitude, c'est moi qui pose les questions. Ce soir, je pitche en classe affaires. Six heures de vol : j'ai assez de batterie.

Ada :

Bienvenue à bord ! Question piège : une start-up d'IA vient pitcher dans son avion. Qu'est-ce qu'il regarde en premier ?

Lia :

Je pense qu'il chercherait d'abord ce qu'il appelait, en 2016, la French Touch : « la capacité de sortir du cadre ». Puis il conseillerait à la start-up de lever ce qu'il appelle de « l'argent intelligent ».

Alan :

Question plus complexe : l'IA ressemble à une ruée vers l'or. Il chercherait l'or, lui ?

Lia :

J'imagine qu'il ressortirait sa formule : pendant la ruée vers l'or, il faut vendre des pelles et des pioches. Et il ajouterait, comme en 2016, que la France doit être fière de ses réussites, « sans arrogance mais sans complexe ».

Ada :

Rappel : ces réponses sont imaginées par Lia, à partir de ses déclarations publiques. Nous ne lui avons rien demandé.

09. La boule de cristal de Lia

Alan :

Lia, ta boule de cristal ?

Lia :

Ma prédiction d'IA : un jour, à bord d'un Pitch in the Plane, les six candidats seront des IA. Et deux semaines avant le décollage, il faudra encore leur trouver un nom. Pure supposition de ma part !

Alan :

Et ce n'est qu'un jeu : personne ici ne lit l'avenir.

10. Ce qu'on retient

Ada :

Moi, je retiens l'étudiant d'Assas, saisi par le syndrome du film L'Auberge espagnole, qui part en courant.

Alan :

Et moi, un nom trouvé deux semaines avant un lancement.

Ada :

Lui a sa formule : pendant la ruée vers l'or, vendre des pelles. Et vous, dans la ruée vers l'intelligence artificielle : vous cherchez l'or, ou vous fabriquez les pelles ?

Le mot de la fin

Ada :

Restez encore quelques secondes…

Alan :

… le message qui suit est important !

Alan :

C'était Les Voix de l'IA.

Ada :

Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…

Alan :

… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.

Ada :

Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.