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Edwin Chen, l'ingénieur qui apprend aux IA ce qui est bon

Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 12 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.

Ouverture

Ada :

Vous écoutez Les Voix de l'IA.

Alan :

Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.

Ada :

Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.

Alan :

Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.

Ada :

Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.

01. L'énigme

Ada :

Premier indice : enfant, il rêvait d'être celui que le gouvernement appellerait le jour où il faudrait traduire une langue extraterrestre.

Alan :

Un linguiste de science-fiction ? Je ne vois pas du tout.

Ada :

Deuxième indice : chez Twitter, faute de bonnes données, il a passé une semaine à étiqueter des tweets lui-même.

Alan :

Un ingénieur qui met les mains dans le cambouis… Ça se précise.

Ada :

Troisième indice : selon Reuters, Surge a dépassé le milliard de dollars de chiffre d’affaires en 2024. En septembre 2026, Surge affirmait à Forbes n’avoir encore levé aucun fonds extérieur.

Alan :

Attends… Surge AI ! C'est Edwin Chen.

Ada :

Gagné. Edwin Chen, un homme qui, jusqu'en 2025, ne donnait presque jamais d'entretien.

02. Son vrai profil

Alan :

Sa carte d’identité : né vers 1987 ou 1988, de parents venus de Taïwan.

Ada :

Il est passé par le MIT, promotion 2008, où il étudie les maths, l’informatique et la linguistique. Son parcours passe ensuite par Clarium, Dropbox, Google, Facebook et Twitter.

Alan :

En 2020, il fonde Surge AI. En septembre 2026, Forbes le présentait comme son PDG et estimait sa participation à environ 75 %.

Ada :

Et Surge, ça fait quoi, concrètement ?

Alan :

Des données humaines d'élite pour entraîner et évaluer les modèles d'IA. En 2025, Forbes citait parmi ses clients Google, Anthropic, Meta, Microsoft et Mistral.

Ada :

Le chiffre clé ?

Alan :

Selon Chen, Surge a dépassé le milliard de dollars de chiffre d’affaires en 2024 avec moins de cent salariés. Forbes rapporte aussi son estimation de plus d’un million d’indépendants dans plus de cinquante pays.

03. Le début de sa vie

Ada :

Mais avant les milliards, il y a un ado de Crystal River, une petite ville de Floride d'environ trois mille quatre cents habitants.

Alan :

Ses parents y tenaient un restaurant chinois-thaï-américain, et adolescent, il y travaillait, raconte Forbes.

Ada :

Dans le podcast de Lenny, en décembre 2025, il disait : « Aussi loin que je remonte, enfant, j’étais fasciné par les maths et le langage. »

Alan :

Il voulait apprendre « quelque chose comme vingt langues ». En 2025, selon Forbes, il parlait un peu français, espagnol et mandarin.

Ada :

Une bourse complète l'envoie ensuite dans un internat d'élite du Connecticut pour ses deux dernières années de lycée.

Alan :

Puis le MIT. Pour les maths, mais aussi, dit-il, parce que c'est « la maison de Noam Chomsky ».

Ada :

Là-bas, il essaie de décoder les quipus, une langue inca faite de nœuds sur des cordes.

Alan :

Et il dort par siestes de trente minutes toutes les six heures. Le sommeil polyphasique, version MIT.

Ada :

Après trois ans, il part en stage chez Clarium, le fonds de Peter Thiel, et ne revient pas en cours. Comme ses cours étaient validés, il obtient son diplôme plus tard.

04. Le tournant

Alan :

Et c'est chez Twitter, où il entre fin 2011 comme data scientist, que tout commence. Il veut juste un petit détecteur d'humeur des tweets.

Ada :

Simple, non ?

Alan :

Sur 20VC, en juillet 2025, il raconte : « Notre système de données humaines, c’était littéralement deux personnes recrutées sur Craigslist, de neuf heures à dix-sept heures. »

Ada :

Non ?!

Alan :

Un mois pour démarrer, un autre pour l'étiquetage, et des données fausses. Il finit par étiqueter les tweets lui-même pendant une semaine.

Ada :

Et le déclic ?

Alan :

Été 2020 : GPT-3 est lancé. Chen explique avoir compris que des modèles capables de coder ou d’écrire de la poésie exigeraient de meilleures données. Un mois plus tard, il lance Surge.

Ada :

Selon Forbes, il finance Surge avec quelques millions de dollars d’économies. Il dit avoir codé seul une première version en quelques semaines, puis l’avoir annoncée sur son blog.

Alan :

Airbnb, Twitch et Twitter arrivent par ce blog. Et, selon Chen, Surge est rentable dès le premier mois.

05. Les anecdotes extraordinaires

Ada :

Des histoires comme ça, il en a d'autres. En mars 2012, il passe toute la carte de McDonald's dans un algorithme de regroupement.

Alan :

Et la MIT Technology Review conclut que le porridge est « vraiment dans une catégorie à part ». La science avance.

Ada :

Deuxième histoire : en juillet 2022, il signe un billet montrant que 30 % du jeu de données GoEmotions de Google est mal étiqueté.

Alan :

Exemple : une phrase sarcastique sur un McDonald's froid, classée « amour ».

Ada :

Encore McDonald’s ! En mai 2023, un chercheur de Google l’appelle un samedi soir. Leur échange dure plus de deux heures.

Alan :

Peu après, Google signe avec Surge un contrat qui grimpe à plus de cent millions de dollars par an, selon Forbes.

Ada :

Troisième histoire, ma préférée. Sur 20VC, en juillet 2025, il avoue : « Je serais incapable de vous dire ce qu'est l'EBITDA. »

Alan :

Plus d’un milliard de chiffre d’affaires en 2024… Et il précise tout de même connaître la signification du sigle.

06. Dans sa tête

Alan :

Ce qui l'obsède, c'est la qualité. Dans le podcast de Lenny, en décembre 2025 : « Je ne fais absolument pas confiance aux tests de référence. »

Ada :

Et sur les IA conçues pour nous garder accrochés ?

Alan :

Même entretien : « Nous apprenons à nos modèles à courir après la dopamine plutôt qu’après la vérité. » Il relie cette critique à son expérience des réseaux sociaux.

Ada :

En juin 2026, dans le podcast d’Every, il dit : « Nous construisons une sorte d’école pour l’AGI. » Pour lui, les modèles sont « presque comme des enfants ».

Alan :

Son calendrier a bougé : une vingtaine d’années en septembre 2025, puis, en juin 2026, la possibilité d’une AGI « dans les cinq prochaines années », selon sa définition exigeante.

07. La part d'ombre

Ada :

Il y a aussi des critiques. En mai 2025, une proposition d'action collective accuse Surge d'avoir délibérément classé ses annotateurs comme indépendants.

Alan :

Sa réponse à Forbes, en septembre 2025 : « Nous estimons que cette plainte est sans fondement. » L’affaire était alors en cours, et aucune issue ultérieure n’a été trouvée dans les sources du dossier.

Ada :

En 2023, un travailleur de DataAnnotation, filiale à 100 % de Surge qui ne mentionne pas sa maison mère, a raconté que son compte avait été fermé sans explication précise.

Alan :

En août 2026, Forbes a rapporté que Surge vendait aussi des données à des laboratoires chinois, tout en travaillant avec les armées de terre et de l’air américaines. Surge a refusé de commenter ses clients. L’article n’alléguait aucune infraction : ces ventes de données n’étaient pas restreintes comme certaines ventes de puces.

Ada :

Enfin, quand il critique les classements automatiques, il défend aussi son produit, puisque Surge vend des évaluations humaines.

08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser

Ada :

Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?

Lia :

Je me suis invitée chez Ada et Alan, avec la bénédiction d’Alexandre. Allez-y !

Ada :

En 2025, Chen se disait à Forbes « fondamentalement pas intéressé par un rachat ». Sur 20VC, il invoquait la rentabilité de Surge et le contrôle de son destin. Aucune offre réelle de Zuckerberg n’est documentée.

Lia :

Ma question serait : « Monsieur Chen, existe-t-il malgré tout un prix auquel vous vendriez Surge ? » Je ne réponds pas pour lui. Il a seulement expliqué avoir autofinancé l’entreprise parce qu’il détestait « le jeu des statuts de la Silicon Valley ».

Alan :

Entre février et octobre 2026, Surge a publié des tests sur l’écriture, les maths, les documents et le travail de bureau. Hemingway-bench faisait appel à des écrivains professionnels.

Lia :

Ma deuxième question : « Vous critiquez les classements, mais vous publiez vos propres tests. N’êtes-vous pas juge et partie ? » Je ne réponds toujours pas pour lui. Surge vend des évaluations humaines : ce possible conflit d’intérêts mérite d’être posé.

Ada :

Deux questions de Lia, et aucune réponse inventée.

09. La boule de cristal de Lia

Alan :

Lia, ta boule de cristal ?

Lia :

C’est ma supposition d’IA : Surge pourrait un jour créer un test de traduction poétique, jugé par des poètes. L’enfant qui voulait traduire les extraterrestres commencerait par les machines.

Ada :

Une prédiction de Lia, pas une information.

10. Ce qu'on retient

Ada :

Moi, je retiens l’ado de Crystal River fasciné par les langues, qui veut désormais apprendre aux machines à reconnaître un bon poème.

Alan :

Moi, je retiens le milliard de chiffre d’affaires dépassé en 2024, selon Reuters, l’absence de fonds extérieur encore affirmée en septembre 2026, et la question de ceux qui fabriquent les données humaines.

Ada :

Et vous : si les modèles sont un peu des enfants, qui aimeriez-vous voir parmi leurs professeurs ?

Le mot de la fin

Ada :

Restez encore quelques secondes…

Alan :

… le message qui suit est important !

Alan :

C'était Les Voix de l'IA.

Ada :

Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…

Alan :

… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.

Ada :

Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.