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Demis Hassabis : de l'échiquier au prix Nobel
Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 11 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.
Ouverture
Ada :Vous écoutez Les Voix de l'IA.
Alan :Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.
Ada :Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.
Alan :Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.
Ada :Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.
01. L'énigme
Ada :Premier indice : à quatre ans, il apprend les échecs en regardant son père et son oncle. Deux semaines plus tard, il bat déjà les adultes.
Alan :Un enfant prodige des échecs ? Il y en a pas mal. Il m'en faut plus.
Ada :Deuxième indice : à dix-sept ans, il coconçoit un jeu vidéo vendu à plusieurs millions d'exemplaires, Theme Park.
Alan :Attends… Theme Park ? Là, ça se resserre.
Ada :Troisième indice : en 2024, il partage le prix Nobel de chimie pour AlphaFold et la prédiction de structures protéiques.
Alan :Alors là, aucun doute. C'est Demis Hassabis !
Ada :Gagné. Sir Demis Hassabis, cofondateur de DeepMind et colauréat du prix Nobel pour AlphaFold.
02. Son vrai profil
Alan :Sa carte d'identité, alors. Il est né à Londres le 27 juillet 1976. Son père est chypriote grec et sa mère sino-singapourienne.
Ada :Côté études, il étudie l'informatique à Queens' College, à Cambridge, et obtient un double first en 1997. Puis il termine un doctorat de neurosciences cognitives à l'UCL en 2009.
Alan :En 2010, il cofonde DeepMind avec Shane Legg et Mustafa Suleyman. Le 5 août 2026, il devient président de Google DeepMind et scientifique en chef d'Alphabet.
Ada :Google précise alors qu'il continue de diriger Isomorphic Labs, fondée en 2021 pour concevoir des médicaments avec l'IA.
Alan :En novembre 2025, AlphaFold était utilisé par plus de trois millions de chercheurs dans plus de cent quatre-vingt-dix pays. Il prédit les structures protéiques, pas toute la dynamique du repliement.
03. Le début de sa vie
Ada :Mais avant tout ça, il y a un petit garçon de Londres, l'aîné de trois enfants.
Alan :Et quelle fratrie ! Son frère deviendra joueur de poker professionnel, et sa sœur compositrice et pianiste.
Ada :Ses parents ont tenu un magasin de jouets à Finchley, et tous deux ont aussi enseigné. Lui les décrit comme « un peu bohèmes ».
Alan :C'est une famille peu aisée, qui déménage une dizaine de fois avant ses douze ans.
Ada :Et il y a Singapour, où il passe des étés chez sa grand-mère. Il en parle comme d'une « cité futuriste magique ».
Alan :Côté échecs, il est champion de Londres des moins de huit ans dès six ans. À treize ans, il atteint deux mille trois cents points Elo.
Ada :On lit parfois qu'il était deuxième mondial de son âge.
Alan :Pas tout à fait. Sur la liste de janvier 1990, il est quatrième parmi les joueurs de treize ans répertoriés. Ça reste remarquable.
Ada :Et à huit ans, avec deux cents livres gagnées aux échecs, il s'offre son premier ordinateur, un ZX Spectrum.
04. Le tournant
Alan :Puis vient un souvenir qu'il présente comme un tournant. Nous sommes en mai 1989, à l'Open du Liechtenstein. Il a douze ans.
Ada :Après huit heures de partie, épuisé, il abandonne. Pourtant, en sacrifiant sa dame, il pouvait obtenir le pat, donc la partie nulle.
Alan :Le lendemain, une question le travaille. Il l'a écrit en 2019 : « Je me revois me demander : et si tout cet incroyable effort mental collectif pouvait être canalisé au-delà des jeux, vers la science ou la médecine, que pourrait-on accomplir ? »
Ada :Dans son souvenir, l'adversaire était un maître danois chevronné. L'enquête d'Ingo Althöfer l'identifie comme Carsten Pieper-Emden, maître FIDE allemand de vingt-six ans.
Alan :La suite s'enchaîne : Theme Park, puis Cambridge, puis son propre studio de jeux vidéo, Elixir, qui ferme en 2005.
Ada :Il retourne alors à l'université pour étudier la mémoire et l'imagination. Et en 2010, il cofonde DeepMind.
Alan :Fin janvier 2014, Google rachète DeepMind. Aucun prix officiel n'a été publié, mais le Wall Street Journal avance six cent cinquante millions de dollars.
05. Les anecdotes extraordinaires
Ada :Des histoires comme ça, il en a d'autres. Ma préférée, c'est son entretien d'admission à Cambridge, à quinze ans.
Alan :On lui demande combien de chemins existent entre les collèges. Il répond « trente factorielle ». On insiste : « Et ça fait combien ? » Il lance de tête : « dix puissance vingt-cinq ».
Ada :Sauf que l'estimation est très loin du compte : trente factorielle vaut environ 2,65 fois dix puissance trente-deux, soit environ 26,5 millions de fois plus que dix puissance vingt-cinq.
Alan :Cambridge l'accepte quand même, mais refuse qu'il commence à seize ans.
Ada :Autre scène : Séoul, mars 2016. AlphaGo bat Lee Sedol quatre à un, lors d'un match suivi par plus de deux cents millions de personnes.
Alan :Après la première victoire, il tweete : « AlphaGo GAGNE !!!! On a aluni. Tellement fier de l'équipe !! Respect aussi à l'extraordinaire Lee Sedol ».
Ada :Et la dernière, en octobre 2024. Le comité Nobel n'a pas son numéro, alors il passe par le compte en ligne de sa femme, la chercheuse Teresa Niccoli.
Alan :Elle ignore plusieurs appels avant de décrocher ! Et lui pensait déjà : « pas cette année ».
Ada :Il fête aussi ce Nobel lors d'une soirée poker avec Magnus Carlsen.
06. Dans sa tête
Alan :Mais au fond, comment voit-il l'IA ? En avril 2025, il disait au magazine TIME : « Je me considère avant tout comme un scientifique. »
Ada :Et dans le même entretien : « Je plaiderais pour ne pas avancer vite en cassant tout. »
Alan :Sur l'intelligence artificielle générale, l'AGI, il parle en probabilités. En juillet 2025, dans le podcast de Lex Fridman, il estimait à environ cinquante pour cent la chance d'y arriver d'ici 2030.
Ada :Le 19 mai 2026, en clôture de la keynote de Google I/O, il déclare : « Avec le recul, nous comprendrons que nous étions dans les contreforts de la singularité. »
Alan :Une image forte, prononcée par Hassabis lui-même à la fin de la keynote.
07. La part d'ombre
Ada :Son parcours a aussi ses zones d'ombre. En 2016, New Scientist révèle que le Royal Free a confié à DeepMind environ 1,6 million de dossiers partiels de patients.
Alan :En juillet 2017, l'ICO conclut que le Royal Free, responsable du traitement, n'a pas respecté la loi britannique de 1998 pendant les essais de Streams. DeepMind intervenait comme sous-traitant.
Ada :Autre critique : le comité d'éthique obtenu lors du rachat. Selon le New York Times, il ne s'est réuni qu'une seule fois, en août 2015.
Alan :En mai 2024, près de deux cents salariés demandent dans une lettre interne de couper l'accès des utilisateurs militaires aux technologies de DeepMind. En avril 2025, Hassabis défend l'usage d'une IA défensive par les démocraties, dans le respect du droit international et avec des limites sur les armes entièrement autonomes.
Ada :Enfin, chez Isomorphic, il espérait en janvier 2025 des essais cliniques avant la fin de l'année. Selon Reuters, l'objectif a ensuite été repoussé à fin 2026.
Alan :Le 8 octobre 2026, Bloomberg rapporte des discussions préliminaires sur une levée de fonds qui valoriserait Isomorphic au moins quarante milliards de dollars. Aucun accord n'est alors conclu.
08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser
Ada :Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?
Lia :D'accord. Je m'appuie sur ses propos publics ; le reste sera mon hypothèse.
Ada :Ma question piège : cinquante pour cent de chances pour l'AGI, ce n'est pas un peu un pile ou face ?
Lia :En juillet 2025, il évaluait publiquement à environ cinquante pour cent la probabilité d'atteindre l'AGI d'ici 2030. Il a aussi défendu le principe de précaution quand l'incertitude et les conséquences possibles sont très grandes. Je pense donc qu'il répondrait que cinquante pour cent n'est pas une esquive, mais une façon d'assumer l'incertitude.
Alan :Petit rappel : cette réponse est imaginée par Lia.
Alan :Ma question, plus complexe : en août 2026, il confie la gestion quotidienne de Google DeepMind à Koray Kavukcuoglu. Pourquoi faire ce choix en pleine course ?
Lia :Dans son message du 5 août 2026, il décrivait un rôle stratégique. Google expliquait qu'il se concentrerait sur l'AGI, la science et Isomorphic. Comme il place la santé au premier rang des applications de l'IA, j'imagine qu'il parlerait d'un recentrage, pas d'un retrait.
Ada :Là encore, Lia imagine sa réponse à partir de déclarations publiques.
09. La boule de cristal de Lia
Alan :Lia, ta boule de cristal ?
Lia :Je la frotte… D'abord les faits : Isomorphic visait ses premiers essais cliniques pour la fin de 2026. En octobre 2026, aucune annonce publique de l'entreprise ne faisait état d'un essai humain ouvert. Ma pure supposition d'IA : je ne serais pas surprise qu'un de ses candidats médicaments atteigne un jour les patients, avec autant de points d'exclamation que pour AlphaGo.
Ada :On le rappelle : c'est un jeu, pas une information.
10. Ce qu'on retient
Ada :Moi, je retiens ce garçon de douze ans qui, après une défaite, s'est demandé si tant d'effort mental pouvait être tourné vers la science.
Alan :Moi, je retiens un joueur qui a fait de l'IA un outil scientifique, au point de recevoir un Nobel.
Ada :Et vous, si vous pouviez consacrer tout votre talent à une seule grande question, laquelle choisiriez-vous ?
Le mot de la fin
Ada :Restez encore quelques secondes…
Alan :… le message qui suit est important !
Alan :C'était Les Voix de l'IA.
Ada :Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…
Alan :… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.
Ada :Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.