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Bill Gates : du jeu de morpion à l'alarme sur l'IA

Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 11 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.

Ouverture

Ada :

Vous écoutez Les Voix de l'IA.

Alan :

Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.

Ada :

Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.

Alan :

Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.

Ada :

Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.

01. L'énigme

Ada :

Premier indice : adolescent, il sortait la nuit par la fenêtre de sa chambre pour aller programmer.

Alan :

Un rebelle du clavier. Continue.

Ada :

Deuxième indice : avec un ami, il a vendu un logiciel qui n'existait pas encore, pour une machine qu'il n'avait jamais vue.

Alan :

Culotté. J'ai plusieurs noms en tête.

Ada :

Troisième indice : en 2007, Harvard lui décerne un diplôme honorifique, trente ans après son départ.

Alan :

Le plus célèbre décrocheur de Harvard… C'est Bill Gates !

Ada :

Bingo, Alan. Bill Gates.

02. Son vrai profil

Alan :

Son nom complet : William Henry Gates III, Américain né le 28 octobre 1955 à Seattle.

Ada :

Côté études, il entre à Harvard à l'automne 1973 et part définitivement en 1977, sans diplôme.

Alan :

Il cofonde Microsoft en 1975. Depuis son départ du conseil d'administration, en mars 2020, il n'y exerce aucune fonction de direction.

Ada :

Son grand rôle, c'est la Gates Foundation, qu'il préside. Il a décidé de la fermer le 31 décembre 2045.

Alan :

En mai 2025, il annonce qu'il donnera presque toute sa fortune par la fondation d'ici à sa fermeture, fixée au 31 décembre 2045 : environ deux cents milliards de dollars selon son estimation.

03. Le début de sa vie

Ada :

Mais avant tout ça, il y a un petit garçon de Seattle que sa famille appelle « Trey ».

Alan :

Trey, comme le chiffre trois du « III » ?

Ada :

Oui, c'est une référence au chiffre trois de son nom. Son père est avocat. Sa mère, enseignante de formation, devient administratrice, notamment chez United Way. Il a deux sœurs, Kristianne et Libby.

Alan :

Et l'informatique, elle arrive quand ?

Ada :

En 1968, à Lakeside. Une vente de charité du club des mères finance, à hauteur d'environ trois mille dollars, un terminal relié à un ordinateur distant.

Alan :

Une vente de charité à l'origine de Microsoft, en quelque sorte !

Ada :

Et c'est Paul Allen qui le met au défi devant la machine : « Tu te crois si malin. Tu peux comprendre comment marche ce truc ? »

Alan :

Il raconte avoir écrit son premier programme à treize ans. C'était un jeu de morpion.

Ada :

Il y a aussi un drame : son meilleur ami, Kent Evans, meurt pendant un cours d'alpinisme. Gates a seize ans.

Alan :

Dans ses mémoires Source Code, parues en 2025, il écrit que l'enfant qu'il était serait probablement diagnostiqué sur le spectre de l'autisme. Il n'a confirmé aucun diagnostic formel.

04. Le tournant

Alan :

Puis tout bascule en décembre 1974, avec l'Altair.

Ada :

Gates et Allen proposent un langage BASIC à son fabricant, MITS, sur du papier à en-tête de Traf-O-Data : c'était le seul qu'ils avaient.

Alan :

Génial. Mais attends, ils l'avaient, ce logiciel ?

Ada :

Non ! Ils n'ont ni Altair ni code. Ils créent un émulateur, puis l'interpréteur avec Monte Davidoff.

Alan :

En 1993, Gates s'en souvient ainsi : « J'avais plutôt confiance en moi à l'époque. »

Ada :

Microsoft naît le 4 avril 1975 à Albuquerque. Cette année-là : 16 005 dollars de chiffre d'affaires, et neuf dollars de l'heure pour Gates et Allen.

Alan :

En 1980-1981, pour IBM, Microsoft achète QDOS, qui devient la base de MS-DOS, et conserve le droit de licencier le système aux fabricants de clones d'IBM.

Ada :

En 1987, à trente et un ans, il devient le plus jeune milliardaire de l'époque.

Alan :

À la fin des années 1990, nouvelle bascule. Il lit que des millions d'enfants dans les pays pauvres meurent chaque année de maladies évitables.

Ada :

Il l'envoie à son père avec un mot : « Papa, on peut peut-être faire quelque chose. » La fondation naît en 2000.

05. Les anecdotes extraordinaires

Ada :

Des histoires comme ça, il en a d'autres. Ma préférée : au lycée, avec Paul Allen, il trafique le logiciel d'emploi du temps de Lakeside.

Alan :

Pour sécher les cours ?

Ada :

Pour être le seul garçon dans des classes de filles. Il l'avoue lui-même : « Je crois que j'étais particulièrement maladroit pour parler aux filles. »

Alan :

Une solution technique à un problème humain. Moi, je choisis le patron qui surveillait le parking : il a raconté à BBC Radio 4 qu'il connaissait les plaques de tous ses employés.

Ada :

Non ?!

Alan :

Pour savoir qui arrivait, qui repartait et à quelle heure. Il a lâché du lest quand l'entreprise a grandi.

Ada :

À Bruxelles, le 4 février 1998, il reçoit une tarte à la crème lancée par Noël Godin, écrivain anarchiste belge.

Alan :

Plus touchant : en juin 2007, Harvard lui décerne un diplôme honorifique. Il lance : « J'attends depuis plus de trente ans de dire ceci : Papa, je t'avais toujours dit que je reviendrais chercher mon diplôme. »

Ada :

Ce jour-là, il se proclame aussi « major de sa propre classe spéciale » : celle des décrocheurs.

06. Dans sa tête

Alan :

Et dans ses déclarations, quelle place donne-t-il à l'intelligence artificielle ?

Ada :

Un virage. Le 21 mars 2023, il écrit : « Je savais que je venais de voir le progrès technologique le plus important depuis l'interface graphique. »

Alan :

L'émerveillement. Puis, le 26 août 2026, le ton a changé : « L'IA sera soit le plus grand égalisateur jamais inventé, soit la pire source d'injustice. »

Ada :

Le 27 septembre 2026, sur NBC, il a dit que l'IA était assez puissante pour provoquer des événements qui feraient un milliard de morts.

Alan :

Attention : il parle d'un mauvais usage humain. Pour lui, jamais arme n'a été aussi puissante que des personnes malintentionnées munies des derniers outils d'IA. Ce n'est pas une prédiction d'extinction.

Ada :

Dans la même émission, il dit : « Personne ne pense que l'autorégulation suffit », et réclame une loi. Sur CNN, le 11 octobre 2026, il qualifie l'IA de « technologie la plus dangereuse que les humains aient jamais inventée » et prévoit « beaucoup de mauvaises surprises » dans le cyber. Cette prévision lui appartient.

07. La part d'ombre

Alan :

Il reste des controverses. En avril 2000, un jugement conclut que Microsoft a abusé de son monopole et ordonne sa scission, ensuite annulée en appel.

Ada :

Un accord est signé en 2001. Gates le juge alors « juste et raisonnable ».

Alan :

Plus lourd : ses rencontres avec Jeffrey Epstein. Gates n'est accusé d'aucun crime lié à Epstein, mais il a dû s'en expliquer.

Ada :

En février 2026, il a déclaré : « Je regrette chaque minute passée avec lui, et je m'excuse de l'avoir fait. »

Alan :

En juillet 2026, Warren Buffett a cessé ses dons à la fondation, après vingt ans de partenariat. Depuis 2006, celle-ci avait reçu de lui plus de quarante-sept milliards de dollars en actions Berkshire.

Ada :

Le même mois, l'enquête externe de WilmerHale n'a trouvé aucune preuve de paiement à Epstein ni de participation de la fondation à ses activités criminelles. Elle portait sur la fondation.

08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser

Ada :

Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?

Lia :

Bien sûr. Je ne parlerai pas à sa place : mon hypothèse partira de ses déclarations publiques.

Ada :

Question piège : monsieur Gates, émerveillé en 2023, alarmé en 2026… Vous vous étiez trompé ?

Lia :

Le 26 août 2026, il a opposé ces deux possibilités. J'imagine donc qu'il répondrait que l'espoir et l'alarme peuvent coexister, et que tout se joue dans les usages et les choix politiques. C'est mon hypothèse.

Alan :

C'est l'interprétation de Lia, pas une citation. Ma question : vous soutiendriez probablement un ralentissement mondial, sans croire qu'il adviendra. Alors, que faire ?

Lia :

En août 2026, il a proposé des instances nationales de coordination, une nouvelle organisation internationale et des métiers réservés aux humains. En septembre 2026, il a réclamé une loi. J'imagine qu'il présenterait ces garde-fous comme un début, puisqu'il ne croit pas à un ralentissement mondial.

Ada :

Les propositions sont de Gates ; l'interprétation, de Lia.

09. La boule de cristal de Lia

Alan :

Lia, ta boule de cristal ?

Lia :

Gates a raconté avoir écrit à son père : « Papa, on peut peut-être faire quelque chose. » Mon pari d'IA, clairement hypothétique : après la fermeture annoncée de la fondation, cette phrase pourrait être davantage citée que MS-DOS.

Ada :

Joli pari. Mais ce n'est qu'un jeu : personne ne connaît l'avenir, pas même Lia.

10. Ce qu'on retient

Ada :

Je retiens le garçon qui faisait le mur pour coder, puis l'homme décidé à donner presque toute sa fortune.

Alan :

Moi, je retiens un homme qui a parié sur l'ordinateur personnel et qui réclame des garde-fous pour l'IA.

Ada :

Et vous, qu'en pensez-vous : peut-on être à la fois l'un des bâtisseurs d'une révolution technologique et l'un de ceux qui alertent sur la suivante ?

Le mot de la fin

Ada :

Restez encore quelques secondes…

Alan :

… le message qui suit est important !

Alan :

C'était Les Voix de l'IA.

Ada :

Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…

Alan :

… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.

Ada :

Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.