
Bernard Liautaud
Le logiciel refusé par Oracle devenu numéro un
Associé gérant du fonds Balderton Capital à Londres, cofondateur de Business Objects, vendu à SAP pour 4,8 milliards d'euros
Il a racheté un logiciel dont Oracle ne voulait pas, l'a mené au Nasdaq puis l'a vendu à SAP : portrait de Bernard Liautaud, cofondateur de Business Objects et investisseur chez Balderton Capital.
Dans les familles Rachats records Europe et France
Le site de Balderton CapitalLa conversation
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Ouverture
Vous écoutez Les Voix de l'IA.
Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.
Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.
Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.
Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.
01 L'énigme
Petit jeu, Alan. Premier indice : il a bâti une entreprise sur un logiciel qu'Oracle avait refusé.
Refusé par Oracle ? Ça commence fort. Continue.
Deuxième indice : en 1994, sa société devient le premier éditeur de logiciels européen coté au Nasdaq.
Là, je chauffe… Un Français, je parie.
Troisième indice : en octobre 2007, SAP annonce son rachat pour 4,8 milliards d'euros.
Business Objects ! C'est Bernard Liautaud !
Gagné. Bernard Liautaud.
02 Son vrai profil
Sa carte d'identité : Bernard Liautaud est français, né en 1962 à Paris.
Il est ingénieur de l'École centrale de Paris, et non de Polytechnique, on le précise. Il a ensuite obtenu un master en « engineering management » à Stanford.
En 1990, il cofonde Business Objects avec Denis Payre. L'entreprise devient le numéro un mondial de l'informatique décisionnelle.
Ce sont des logiciels qui permettent aux salariés d'interroger les données de leur entreprise.
En 2003, Business Objects rachète Crystal Decisions pour environ 820 millions de dollars, doublant à peu près ses ventes. En 2007, selon Balderton, le groupe compte 6 700 salariés, 45 000 clients et réalise 1,5 milliard de dollars de chiffre d'affaires.
Après la vente, il rejoint Balderton Capital en 2008. Il devient associé gérant de ce fonds londonien en avril 2016.
Le 17 septembre 2026, il était annoncé à Londres en ouverture de Boardwave Live pour parler des dix prochaines années de la tech européenne.
03 Le début de sa vie
Mais avant les milliards, il y a un élève de Centrale qui choisit l'option économie.
L'option économie, chez des ingénieurs ? Tiens, tiens.
À Centrale, il pratique aussi le football, le tennis, le ski et la planche à voile, racontait-il en 2006.
Un parcours bien rempli. Il entre chez Oracle France en 1986.
Il y entre à 23 ans. Selon lui, la filiale passe d'une dizaine de personnes à environ 500 en trois ans.
De dix à cinq cents en trois ans ? C'est une fusée !
Il s'occupe du marketing et fait des démonstrations chez les clients. C'est là qu'il remarque un problème.
Lequel ?
Les clients ont du mal à interroger leurs bases de données. Dans le podcast Data Radicals, il le résume ainsi : « J'ai toujours pensé que ce n'était pas une chose facile pour les gens. »
Voilà la graine de toute l'histoire.
04 Le tournant
Et c'est là que tout bascule. Un développeur indépendant, Jean-Michel Cambot, a écrit un logiciel qui interroge une base Oracle avec des mots de tous les jours.
Et Oracle n'en veut pas.
Exactement. Après le refus d'Oracle, Bernard Liautaud et Denis Payre rachètent le produit, puis lancent Business Objects en août 1990. Liautaud raconte : « D'accord, il faut récupérer ce produit, monter une boîte, et on verra bien. »
Le business plan le plus court de l'histoire !
Pas du tout ! Ils passent six mois sur leur plan. L'objectif : cinquante millions de dollars de chiffre d'affaires et une entrée en Bourse en moins de cinq ans.
Avec quel capital de départ ?
Cent mille francs, soit environ dix-huit mille dollars, dans un petit bureau à Puteaux. Denis Payre s'occupe de la vente, Bernard Liautaud du produit et de la gestion.
En septembre 1994, c'est le Nasdaq. En 2006, il en tire ce bilan : « Nous avons exécuté ce plan comme prévu ! »
05 Les anecdotes extraordinaires
Des histoires comme ça, il en a d'autres. Ma préférée, c'est l'une de leurs premières ventes en France.
Raconte !
Le client a choisi Sybase, un concurrent d'Oracle. Mais il veut l'interface de Business Objects. Il dit : « Ce que je veux, c'est l'interface utilisateur. »
Et alors ?
Le commercial d'Oracle fait la démonstration de Business Objects sur Oracle… et c'est Oracle qui remporte le contrat !
Le logiciel refusé par Oracle qui fait vendre Oracle. C'est fou.
L'histoire suivante est moins drôle. En 1996, la version 4.0 sort trop tôt et un contrat allemand est mal comptabilisé. Selon Liautaud, l'entreprise perd près de 90 % de sa valeur en quelques mois.
Aïe.
Il le dit sans détour : « Et quand on est coté, ce genre de chose est mortel. » Puis : « J'ai dû reconstruire l'entreprise. » Le redressement passe notamment par un déplacement du centre de gravité vers la Californie.
Sa leçon, en français dans le texte : « ne pas sortir un produit qui n'est pas prêt ! »
Dernière histoire : en 2006, on lui demande si Business Objects peut devenir « le Google des données structurées ».
Et il répond quoi ?
En tout et pour tout : « On y travaille ! »
Le roi de la concision.
06 Dans sa tête
Et l'intelligence artificielle, dans tout ça ? On est dans Les Voix de l'IA, quand même.
Soyons honnêtes : ce n'est pas un homme de l'IA. Aucune prise de position publique développée de sa part sur l'IA générative n'a été trouvée dans les sources examinées jusqu'en octobre 2026.
Mais son idée de 1990 — interroger une base sans écrire de code — ressemble à la promesse des assistants « parlez à vos données ».
Dans le podcast Data Radicals, enregistré avant la fin de 2022, il dit que « chaque génération cherche toujours à résoudre le même problème ». Il évoque une suite faite « avec un mélange d'IA, d'exploration et d'information dynamique ».
Comme investisseur, il passe aux actes. En 2021, Balderton mène la série A de 25 millions de dollars de Kili Technology, qui prépare des données pour entraîner des IA.
En 2026, sa fiche Balderton le donne aussi membre des conseils de Photoroom, spécialiste de la retouche photo par IA, et de DeepIP, qui aide à rédiger des brevets.
07 La part d'ombre
Premier point sensible : en 1996, un contrat de 1,4 million de dollars est comptabilisé à tort.
Business Objects doit corriger ses comptes, puis une action collective d'actionnaires est déposée aux États-Unis. Plus tard, Liautaud résume : « Nous avions perdu la confiance de Wall Street. »
Autre point discuté : le jour de l'annonce de 2007, Business Objects abaisse sa prévision de chiffre d'affaires du troisième trimestre, et des analystes jugent le prix trop élevé.
Le 8 octobre 2007, Liautaud dit : « Pendant 17 ans, j'ai été l'avocat de l'indépendance de BO. » Il parle aussi d'une approche de SAP « non sollicitée ».
En août 2024, TechCrunch relevait que Balderton n'avait pas investi dans Mistral AI. L'associé Suranga Chandratillake expliquait que ce type de financement correspondait mal au fonds. Ce n'était pas une déclaration de Bernard Liautaud.
08 Les questions qu'on aurait aimé lui poser
Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?
Une question à la fois. Allez-y.
Une question piège : vous avez défendu l'indépendance pendant dix-sept ans, alors regrettez-vous d'avoir vendu à SAP ?
Le fait public : en 2007, il qualifie l'approche de SAP de « non sollicitée ». En 2008, il dit que la vision des débuts est devenue réalité. Mon hypothèse : il présenterait sans doute la vente comme l'aboutissement du projet. Impossible, toutefois, d'en déduire s'il l'a regrettée.
C'est bien Lia qui imagine, pas Bernard Liautaud qui parle. Ma question : l'Europe peut-elle faire naître ses propres géants de la tech ?
En 2017, il disait attendre encore un Google, un Amazon ou un Facebook européen, mais se disait convaincu que cela allait changer. En 2006, il conseillait d'aller « aux États-Unis très tôt ». J'en déduis seulement qu'il miserait sur des champions européens vite tournés vers le marché américain.
Lia s'appuie ici sur ses déclarations publiques.
09 La boule de cristal de Lia
Lia, ta boule de cristal ?
En 2006, il répondait « On y travaille ! » à l'idée d'un « Google des données structurées ». Voici mon hypothèse : une start-up soutenue par Balderton pourrait faire pour l'IA ce que Business Objects a fait pour les données, en la rendant largement accessible.
C'est le pronostic de Lia, pour le jeu seulement.
10 Ce qu'on retient
Moi, je retiens une entreprise née d'un logiciel refusé par Oracle, puis devenue numéro un mondial de son marché.
Moi, je retiens la chute de près de 90 % en quelques mois qu'il a racontée, puis la reconstruction, avec un plan.
Et vous, si vous pouviez interroger les données de votre vie en une seule phrase, quelle question leur poseriez-vous ?
Le mot de la fin
Restez encore quelques secondes…
… le message qui suit est important !
C'était Les Voix de l'IA.
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… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.
Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.
Citations marquantes
Retrouvées mot pour mot, datées, avec leur source. La traduction est la nôtre.
« L’argent a été transformé en intelligence ! »
« On sait créer des entreprises. Mais on ne sait pas toujours les développer. »
« Il ne faut pas sauter la case Europe, mais il faut aller aux Etats-Unis très tôt. »
« Pendant 17 ans, j’ai été l’avocat de l’indépendance de BO. »
« The industry I helped create almost two decades ago has changed dramatically over the years »
« Le secteur que j’ai contribué à créer il y a près de vingt ans a profondément changé. »
« Je suis convaincu de la capacité des entrepreneurs européens à créer des leaders mondiaux. »
« If I were to set up a company, it would be about business software. »
« Si je devais créer une entreprise, ce serait dans le logiciel pour les entreprises. »
« As European startups grow bigger faster, we are convinced that is finally about to change »
« Comme les start-up européennes grandissent plus vite, nous sommes convaincus que cela va enfin changer »
Les 44 sources de ce portrait
Les sources principales d'abord : articles, entretiens, documents officiels. Chaque fait raconté dans l'épisode a été recoupé avec elles.
- balderton.comBernard liautaud
- webmanagercenter.comLe rachat de business objects par sap suscite la mefiance du marche
- boardwave.orgBoardwave live 2026 sign up
- fr.wikipedia.orgWikipédia : Bernard Liautaud
- oezratty.netRencontre avec bernard liautaud
- alation.comBeginning of business intelligence bernard liautaud
- encyclopedia.comBusiness objects sa
- company-histories.comBusiness Objects SA Company History
- en.wikipedia.orgWikipédia : BusinessObjects
- techmonitor.ai?p=215463
- internetnews.comBernard liautaud ceo business objects
- informationweek.comInterview business objects ceo bernard liautaud
- lemondeinformatique.frLireamp sap bo bernard liautaud s explique 24222
- itreseller.chSAP kauft Business Objects
- netzwoche.chSap kauft business objects fuer 48 milliarden euro
- timoelliott.comHow to build a billion dollar european software company
- informationweek.comLiautaud takes the money and runs
- computerwoche.deGruender von business objects tritt ab
- maddyness.comSecurite dashlane leve 22 5 millions de dollars
- frenchweb.frDashlane une start up francaise pour un succes mondial
- venturebeat.comDashlane stealth funding
- frenchweb.frBernard liautaud rejoint balderton capital en tant que general partner
- balderton.comBernard liautaud appointed managing partner of balderton capital
- cfnews.netBalderton se dote d un patron francais
- techcrunch.comBalderton capital closes new 375m fund
- actuia.comBalderton capital leve 316 millions deuros soutenir trentaine de start ups europeennes n…
- frenchweb.frBalderton capital le fonds dinvestissement qui booste ses entrepreneurs
- frenchweb.frPourquoi balderton se lance dans le growth avec un nouveau fonds de 680 millions de doll…
- frenchweb.frBalderton lance un nouveau fonds early stage de 600 millions de dollars
- techcrunch.comEuro vcs welcome baldertons fresh 1 3b but grumble about europes ai misses
- frenchweb.frIa kili technology leve 25 millions de dollars aupres de balderton capital
- actuia.comJeux de donnees kili technology leve 25 millions de dollars
- leadersleague.comBernard liautaud balderton capital if i were to set up a company it would be about busin…
- lemondeinformatique.frLire sap businessobjects et centrale paris ont inaugure leur chaire de business intellig…
- getabstract.comE business intelligence
- london.eduBernard liautaud
- sophiagenetics.com?p=295844
- twst.com?p=577979
- bloomberg.comBalderton capital s liautaud on europe investment ai video
- lemonde.frBernard liautaud vive la culture du risque
Voir les 4 autres sources
Comment ce portrait a été fait. Il est construit à partir de ce qui a été publié (articles, interviews, biographies, conférences), que nous avons analysé et recoupé, dans un but uniquement pédagogique. Nous ne parlons pas à la place de Bernard Liautaud. Ce qui n'a pas pu être vérifié n'a pas été gardé. Les voix d'Ada, d'Alan et de Lia sont générées par intelligence artificielle.
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