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Aurélie Jean : derrière les algorithmes, les humains
Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 12 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.
Ouverture
Ada :Vous écoutez Les Voix de l'IA.
Alan :Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.
Ada :Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.
Alan :Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.
Ada :Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.
01. L'énigme
Ada :Alan, petit jeu. Premier indice : elle a appris à coder à vingt et un ans, par la mécanique numérique.
Alan :Une scientifique qui arrive au code par la mécanique… Je sèche.
Ada :Deuxième indice : on lui a proposé deux postes de professeure aux États-Unis. Elle a dit non aux deux.
Alan :Gonflé. Toujours rien.
Ada :Troisième indice : en 2025, elle entre au conseil d'administration de L'Oréal, et en 2026 elle publie un livre intitulé « Imposture ».
Alan :Ah ! La numéricienne ! C'est Aurélie Jean !
Ada :Bingo. Aurélie Jean.
02. Son vrai profil
Alan :Carte d'identité. Aurélie Jean est française. Elle est née le 5 septembre 1982 à Clamart, dans les Hauts-de-Seine.
Ada :Côté études, elle fait de la physique et de la mécanique à l'université Pierre-et-Marie-Curie, puis un master à l'ENS Cachan. En 2009, elle obtient un doctorat en sciences des matériaux à Mines ParisTech.
Alan :On la décrit comme une « numéricienne ». En 2016, elle fonde In Silico Veritas, une société de conseil en algorithmique et en données. La biographie publiée par L'Oréal en 2026 la présente comme PDG de cette société.
Ada :Et aussi comme cofondatrice, présidente et responsable de l'IA d'INFRA, une jeune pousse d'IA pour la santé préventive des femmes.
Alan :Le chiffre clé : le 29 avril 2025, elle est nommée administratrice indépendante de L'Oréal, pour un mandat de quatre ans.
Ada :Et ajoutez neuf livres publiés entre 2019 et 2026. Elle écrit beaucoup !
03. Le début de sa vie
Ada :Mais avant les conseils d'administration, il y a une étudiante en mécanique, puis des modèles numériques appliqués à plusieurs domaines.
Alan :En 2017, elle citait parmi ses inspirations des professeures… et son grand-père, qu'elle décrivait comme féministe.
Ada :J'adore ce détail. Un grand-père féministe parmi les modèles d'une scientifique.
Alan :Au départ, son parcours est très physique. De 2002 à 2005, elle suit un master de mécanique et génie civil à l'ENS Cachan.
Ada :Avec un stage à l'université du Colorado, à Boulder. Sur quoi, d'ailleurs ?
Alan :Sur la diffusion des ions chlorure dans le ciment.
Ada :Du ciment ! On est loin des chatbots.
Alan :Ensuite, un stage au CEA sur la fissuration des matériaux. Puis une thèse sur les élastomères chargés, des caoutchoucs, sous la direction de Samuel Forest et Dominique Jeulin.
Ada :Et le code, alors ? Il arrive quand ?
Alan :Assez tard. Elle l'a dit en 2017 : « C'est par la mécanique numérique que j'ai commencé à apprendre à coder, à 21 ans. »
Ada :Comme quoi, pas besoin d'avoir codé au berceau pour devenir une voix de l'IA.
04. Le tournant
Alan :Et c'est là que tout bascule. Après sa thèse, elle part aux États-Unis.
Ada :Elle fait un premier postdoctorat à Penn State, dans l'équipe de George Engelmayr, sur la modélisation pour la médecine.
Alan :Puis elle rejoint le MIT, dans l'équipe du professeur Raul Radovitzky. Elle a aussi raconté avoir refusé deux offres de poste de professeure aux États-Unis.
Ada :Sa raison est désarmante. Elle l'a racontée en 2024 : « Je ne me voyais pas vivre dans ces deux villes. »
Alan :Un choix de vie très concret.
Ada :Ensuite, elle passe près de deux ans chez Bloomberg, où elle développe des modèles algorithmiques pour l'économie et la finance.
Alan :En 2016, elle crée In Silico Veritas. En 2017, elle décrit ses deux missions : faire connaître son métier aux filles et aux femmes, et former salariés et dirigeants par l'apprentissage du code.
Ada :En 2019, elle publie « De l'autre côté de la machine ». La même année, Forbes la classe parmi les quarante Françaises les plus influentes.
Alan :Ce livre l'installe dans le débat public sur les biais des algorithmes. Elle y revient par exemple sur l'algorithme de recrutement biaisé d'Amazon.
05. Les anecdotes extraordinaires
Ada :Des histoires étonnantes, elle en a d'autres. À commencer par son virage vers la médecine.
Alan :Après le ciment et les élastomères, elle passe à la modélisation pour la médecine, d'abord à Penn State, puis au MIT.
Ada :Du ciment à la médecine : quel grand écart !
Alan :Deuxième histoire : l'origine de son livre « Imposture ». Elle raconte être tombée sur un extrait d'une émission française consacrée à l'IA.
Ada :Et alors ?
Alan :Selon elle, il y avait « huit ou neuf » intervenants, et aucun n'avait jamais travaillé dans le domaine.
Ada :Huit ou neuf personnes, et aucune n'avait travaillé dans le domaine ?
Alan :C'est son récit, et elle ne donne pas le nom de l'émission. Mais cet extrait est à l'origine d'un livre, paru en avril 2026. Elle y explique que les réseaux sociaux « agissent comme des mégaphones pour les imposteurs ».
Ada :Ma préférée, maintenant. En 2024, elle participe à « Loups-Garous », l'émission de Fary et Panayotis Pascot sur Canal+.
Alan :Une numéricienne chez les Loups-Garous ! J'aurais adoré voir ça.
Ada :La même année, elle publie « Le code a changé », un livre entier sur l'amour et la sexualité au temps des algorithmes.
Alan :Elle y parle des applis de rencontre, avec une formule superbe : la « cristallisation algorithmique instantanée ».
Ada :C'est presque romantique, pour un algorithme.
06. Dans sa tête
Alan :Dans ses prises de parole, une idée revient souvent. Elle l'a exprimée sur Brut, en janvier 2020 : « L'algorithme n'est pas coupable, ni sexiste, ni raciste. Il n'est ni une personne morale, ni une personne physique. »
Ada :Alors, qui est responsable ?
Alan :Les humains. Toujours sur Brut, elle explique : « Parce que derrière chaque algorithme, il y a au moins une personne, qui a pensé, réfléchi, conçu, testé… »
Ada :Et sur l'IA générative, que dit-elle ?
Alan :En décembre 2023, sur France Info, elle expliquait que ces IA maîtrisent uniquement l'intelligence analytique.
Ada :Dans un entretien à France Info repris par Tom's Guide, elle ajoutait : « C'est la première fois dans l'histoire de l'humanité qu'une technologie va impacter les cols blancs, c'est une bonne nouvelle. »
07. La part d'ombre
Ada :Et la part d'ombre ? Notre dossier n'a retrouvé aucune polémique documentée dans la presse. En revanche, certaines de ses positions font débat.
Alan :En 2021, elle a jugé « une aberration » la publication systématique des algorithmes des acteurs privés, alors que d'autres la réclament. Elle propose plutôt une explicabilité obligatoire, de bonnes pratiques de test, et la transparence des algorithmes de l'État.
Ada :En 2023, elle critique la lettre demandant une pause dans certains développements de l'IA. À propos de la vision apocalyptique qu'elle y voit, elle déclare : « Aucun scientifique ne peut corroborer cette vue. »
Alan :Des chercheurs reconnus, dont Yoshua Bengio, avaient pourtant signé cette lettre. Pour Aurélie Jean, ce débat éloigne des risques déjà observables : les discriminations, le travail sous-payé d'annotation des données et l'impact écologique.
Ada :Reste le domaine de la santé. En 2021, DPEEX affirmait que son outil pouvait détecter un cancer du sein plus de deux ans avant que la tumeur devienne visible sur la mammographie. INFRA affiche pour sa part l'objectif d'évaluer, à l'avenir, le risque cardiovasculaire à partir d'une mammographie.
Alan :Ce sont des annonces d'entreprise. Nous n'avons trouvé ni publication clinique indépendante les validant, ni réponse publique aux réserves sur ce point.
08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser
Ada :Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?
Lia :Vous m'appelez pour voir ce que ses propos publics permettent d'y répondre ? Allez-y, je vous écoute !
Ada :Question piège : Aurélie Jean dirait-elle que ChatGPT est plus intelligent qu'elle ?
Lia :En décembre 2023, sur France Info, elle expliquait que ces IA maîtrisent uniquement l'intelligence analytique. C'est ce que ses propos publics permettent d'en dire : pour elle, il s'agit d'une seule forme d'intelligence. Et depuis 2020, elle rappelle que derrière chaque algorithme, il y a des humains qui l'ont conçu et testé.
Ada :Petit rappel : c'est Lia qui résume ses propos publics. Ce n'est pas Aurélie Jean qui parle.
Alan :Question plus complexe : si l'on ne publie pas les algorithmes privés, comment les citoyens peuvent-ils leur faire confiance ?
Lia :En 2021, dans Techniques de l'ingénieur, elle défendait ce qu'elle appelle la gouvernance algorithmique : une explicabilité calculée et obligatoire, de bonnes pratiques de développement et de test. Et la transparence pour les algorithmes de l'État. Ce sont ses propres pistes, je n'y ajoute rien.
Lia :En janvier 2021, elle disait aussi que « la culture numérique fait partie de la culture scientifique et doit donc être assimilée par tous ».
Alan :Encore une fois, c'est Lia qui parle, à partir de ce qu'Aurélie Jean a dit en public.
09. La boule de cristal de Lia
Alan :Lia, ta boule de cristal ?
Lia :Aurélie Jean a publié neuf livres entre 2019 et 2026, et elle a cofondé INFRA, consacrée à l'IA pour la santé préventive des femmes. À partir de ces deux faits, je me risque à une pure hypothèse : un dixième livre pourrait un jour réunir l'IA et la santé des femmes. Ce n'est pas une information, seulement ma boule de cristal.
Ada :Ce n'est qu'un jeu, bien sûr. Seul l'avenir dira si Lia a vu juste.
10. Ce qu'on retient
Ada :Moi, je retiens qu'elle a commencé à coder à vingt et un ans, dans un parcours passé par le ciment, les élastomères et la mécanique numérique, avant de devenir une voix de l'IA.
Alan :Et moi, sa formule : « L'algorithme n'est pas coupable, ni sexiste, ni raciste. » Elle appelle les humains qui le conçoivent à prendre leurs responsabilités.
Ada :Et vous, la prochaine fois qu'un algorithme vous recommande quelque chose, vous demanderez-vous qui l'a conçu ?
Le mot de la fin
Ada :Restez encore quelques secondes…
Alan :… le message qui suit est important !
Alan :C'était Les Voix de l'IA.
Ada :Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…
Alan :… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.
Ada :Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.