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Anthony Bourbon : la dalle, du fond du bus au Y Combinator

Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 24 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.

Ouverture

Ada :

Vous écoutez Les Voix de l'IA.

Alan :

Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.

Ada :

Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.

Alan :

Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.

Ada :

Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.

01. L'énigme

Ada :

Alan, petit jeu. Premier indice : à seize ans, il passe ses nuits au fond d'un bus de Bordeaux.

Alan :

Ça commence fort… Un chanteur ? Un romancier ?

Ada :

Deuxième indice : pour photographier son premier produit, il remplit une bouteille de lait.

Alan :

Du lait ? Il vend du lait ?

Ada :

Pas du tout. Troisième indice : pendant cinq saisons, il a été juré d'une émission de M6 où l'on vient chercher un associé.

Alan :

Un jury, une bouteille… C'est Anthony Bourbon, le fondateur de Feed. !

Ada :

Bravo. Anthony Bourbon.

02. Son vrai profil

Alan :

Né le 22 mai 1988, à Bordeaux. Juriste de formation, il fait aussi des affaires dans l'immobilier.

Ada :

En janvier 2017, il lance Feed., des repas complets à boire ou en barre, devenue O.K.R en 2025. En 2022, il cofonde Blast.Club avec Samuel Guez, et publie « Forcez votre destin ».

Alan :

En 2020, dans le podcast La Combinaison, il racontait ce que lui disent ses proches : « c'est un vrai film américain, c'est un film, un jour quelqu'un va écrire un scénario ».

Ada :

Eh bien, le scénario, c'est nous.

03. Le début de sa vie

Alan :

Bordeaux, milieu des années 2000. Il le résume sur son site : « Issu d'une famille pauvre, je me retrouve très jeune à la rue ». À seize ans.

Ada :

En 2024, chez LEGEND, il confirme : « c'est pas une légende ». Des nuits « dans les cybercafés », à l'hôtel quand il peut payer, et dans les bus.

Alan :

Au micro de Matthieu Stefani, en 2019, il raconte ce bus : quatre allers-retours au fond, puis le chauffeur : « je suis désolé mais là je rentre au dépôt, faut que tu sortes du bus ».

Ada :

Le pire, dit-il, c'est « cette angoisse d'attendre un coup de téléphone » qui proposerait un lit. Et, racontera-t-il en 2021 : « mais non, le téléphone ne sonne pas. »

Alan :

Alors il se débrouille. Au lycée, il programme les calculatrices de ses camarades aisés pour qu'elles fassent les dérivées toutes seules. Et il fait payer : « 10 balles par-ci, 15 balles par-là ».

Ada :

Pourquoi ? « je n'avais pas d'oseille et donc il fallait que je mange ». Gardez ce mot en tête : manger. La dalle, comme il dit.

Alan :

Puis les voitures. Sa méthode porte un nom : « la flemme des autres ».

Ada :

La flemme des autres ?

Alan :

Un Bordelais aisé ne fera jamais huit heures de route pour une voiture moins chère à Lille. Lui : « ces 8 heures de route, je les faisais pour eux. »

Ada :

Mais il ne se raconte pas en héros : « J'ai échoué pendant 10 ans, de 16 à 26 ans. » Un jour, ruiné, dans son lit, il se met à rire tout seul : « tu l'as fait une fois, tu vas pouvoir repartir ».

04. Le tournant

Alan :

Vers vingt-cinq ans, la faim revient, autrement : il gagne de l'argent, voyage beaucoup, et mange « des sandwiches, des trucs mauvais ».

Ada :

Alors, seul, il ouvre un tableur, y range les besoins du corps, mélange avoine, sarrasin et lin, ajoute de l'eau, et boit.

Alan :

Son verdict, en 2019 : « c'est pas très bon ». Puis : « mais par contre j'ai pas faim ».

Ada :

Pardon, mais c'est le meilleur slogan que j'aie jamais entendu.

Alan :

Ses amis en réclament. Il descend dans la rue et arrête des inconnus : « goûte ce produit, qu'est-ce que t'en penses ».

Ada :

Et la rue répond : « c'est pas con, c'est pas très bon, mais c'est pas con. » Il en conclut qu'il lui faudra des ingénieurs.

Alan :

Pour les précommandes, il veut une bouteille blanche, épurée. Problème : « j'avais pas de bouteille blanche ».

Ada :

D'où le lait : une bouteille transparente, « je l'avais remplie de lait », une photo, le logo sur Photoshop. Sur Instagram, elle a l'air blanche.

Alan :

Résultat : « 10 000 repas précommandés ». Et lui : « non mais j'ai même pas le produit ».

Ada :

Même culot au Bon Marché, à Paris : dans la bouteille qu'il apporte à l'acheteur, pas encore de recette. « il faut que j'arrive à lui vendre, sans qu'il goûte, parce que c'est de l'eau. »

Alan :

Et voilà Feed. Nourrir, en anglais. Sur RTL, il fait lui-même le lien : « Je n'avais pas le droit au RSA mais cela m'a inspiré pour imaginer ma marque de nutrition Feed ».

Ada :

Puis il découvre qu'« il y a des mecs qui lèvent des millions d'euros juste avec quelques slides ». Sa réaction : « je veux croquer ». Il lève quinze millions dès 2018.

Alan :

En 2019, il s'en amuse : « vous ne ferez jamais un million d'euros chiffre d'affaires. Puis ils ont vu qu'on en faisait un, dix, plus. » Et il assume : « On sait qu'il y a une personne sur deux qui nous déteste. »

05. Les anecdotes extraordinaires

Ada :

En 2021, il devient juré de « Qui veut être mon associé ? ». Lui qui, en 2020, n'était pas à l'aise « avec le fait de me mettre en scène »…

Alan :

Il va s'y faire. Le 25 janvier 2023, deux ingénieurs toulousains présentent Floatee, un tee-shirt qui devient gilet de sauvetage. Cent mille euros pour dix pour cent.

Ada :

Il dégaine le premier : « Moi, je veux proposer 100.000 euros pour 20%. Si vous écoutez les autres propositions, je retire mon offre. »

Alan :

Les ingénieurs sortent réfléchir… et reviennent : deux cent mille euros pour vingt pour cent. Il hésite, puis accepte. Le double ! Lui qui disait, en 2020 : « tu peux gagner si tu bluffes ».

Ada :

Mais une porte l'agace : pour entrer dans une startup, il faut des tickets « d'au moins 50 000 euros ». Or, dit-il, « quand j'avais 20 ans, je créais des clubs » : quatre ou cinq associés aux profils complémentaires, pour acheter de l'immobilier.

Alan :

En septembre 2022, le petit club devient Blast. Sa phrase de départ : « J'avais envie que la méritocratie soit remise un petit peu au cœur de la société. C'est mon combat. »

Ada :

Et cette formule, la même année : « l'argent ne fait pas le bonheur, mais le bonheur ne remplit pas l'assiette. »

06. Dans sa tête

Alan :

Et l'intelligence artificielle ? En 2020, c'était pour lui le sujet trop compliqué : « si t'as pas fait bac plus 9 tu comprends pas », alors que « la bouffe tout le monde a un avis ».

Ada :

Six ans plus tard, tout le monde a un avis sur l'IA. Lui le premier.

Alan :

En septembre 2025, Blast ouvre à ses membres les startups du Y Combinator, le célèbre accélérateur américain. Sur la page du club, la première réussite affichée, selon le club, c'est Groq, qui fabrique des puces pour l'intelligence artificielle.

Ada :

Lui qui avoue : « je n'ai jamais été invité chez YC ». Et là-bas, raconte-t-il chez LEGEND en 2025, il croise des jeunes de seize ou dix-sept ans « aussi matures que nous à 37 ans ». Et quand les fondateurs lui présentent leur startup…

Alan :

« quand ils me pitchent, j'ai honte d'être là quasiment. J'ai honte parce qu'ils sont tellement forts que s'il vous plaît, prenez mon argent. »

Ada :

Attends. Le juré qui fait trembler les candidats à la télé… supplie qu'on prenne son argent ?

Alan :

Et il compare : « on gère des musées quand les Américains, ils envoient des fusées dans l'espace. » Sur son blog, un billet s'intitule « IA : l'Europe a déjà perdu. »

Ada :

Octobre 2026, dans son podcast, « Vraiment Riches ». Un samedi, vingt-deux heures trente, il dîne avec des amis ; une startup américaine l'appelle pour lever vite.

Alan :

« Je ne mange pas de dessert, ce n'est pas dramatique. Donc, j'ai pris le call. » Dimanche, huit heures, on lui réclame le virement : « mec, on est dimanche, ma banque est fermée ».

Ada :

Son verdict : « Ils ont la dalle. »

Alan :

La dalle… Le garçon du fond du bus a trouvé plus affamé que lui. Son blog le disait déjà : « Ce qui manque n'est pas la technologie, c'est l'appétit. »

Ada :

Et pour nourrir ces machines, un autre manque revient dans la même émission : « on manque d'électricité ».

08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser

Alan :

Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ? Tu imagines sa réponse, d'après ce qu'il a dit en public.

Lia :

D'habitude, c'est moi qui pose les questions. Ce soir, je passe l'audition devant le jury. Sans bouteille de lait.

Ada :

Bienvenue, candidate ! Question piège : une IA vient lui présenter sa startup. Il investit ?

Lia :

Je pense qu'il chercherait d'abord les fautes, comme en 2022 : « est-ce qu'il y a des fautes d'orthographe ? ». Puis il me citerait la devise du Y Combinator : « make something people want ».

Alan :

Question plus complexe : en 2025, il disait que « l'intelligence artificielle remplace les cols blancs ». Que dire aux enfants ?

Lia :

J'imagine qu'il reprendrait ses mots : « il faut absolument, si vous avez des enfants, les former sur l'intelligence artificielle ». Et il ajouterait que « la technologie, encore une fois, va permettre de remettre de l'égalité. »

Ada :

Rappel : ces réponses sont imaginées par Lia, à partir de ses déclarations publiques. Nous ne lui avons rien demandé.

09. La boule de cristal de Lia

Alan :

Lia, ta boule de cristal ?

Lia :

Ma prédiction d'IA : un dimanche, à huit heures, son téléphone sonnera encore pour un virement. Au bout du fil, ce sera une IA. Elle aussi aura la dalle. Pure supposition de ma part !

Alan :

Et ce n'est qu'un jeu : personne ici ne lit l'avenir.

10. Ce qu'on retient

Ada :

Moi, je retiens le garçon du fond du bus, qui attendait un coup de téléphone.

Alan :

Et moi, la bouteille remplie de lait : vendre d'abord, fabriquer ensuite.

Ada :

Lui a sa règle : « ou alors tu fais de ta vie un film ». Et vous, dans le film de votre vie, quel rôle donnez-vous à l'intelligence artificielle ?

Le mot de la fin

Ada :

Restez encore quelques secondes…

Alan :

… le message qui suit est important !

Alan :

C'était Les Voix de l'IA.

Ada :

Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…

Alan :

… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.

Ada :

Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.