← Alex Karp : la page du portrait (lecteur, citations, sources)

Alex Karp : le philosophe de Palantir qui a choisi son camp

Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 12 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.

Ouverture

Ada :

Vous écoutez Les Voix de l'IA.

Alan :

Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.

Ada :

Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.

Alan :

Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.

Ada :

Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.

01. L'énigme

Ada :

Premier indice : notre invité a soutenu, à Francfort, une thèse écrite en allemand… sur l'agression.

Alan :

Un universitaire allemand, alors ?

Ada :

Raté, il est né à New York. Deuxième indice : il a fondé une société de gestion de fortune à Londres.

Alan :

Attends… ça ne m'aide pas du tout.

Ada :

Troisième indice : en 2020, il écrit à ses futurs actionnaires : « Nous avons choisi notre camp. »

Alan :

Ah, ça, je connais ! Le patron de Palantir. Alex Karp !

Ada :

Bravo, Alan. Alex Karp.

02. Son vrai profil

Alan :

Sa carte d'identité. Alexander Caedmon Karp, né le 2 octobre 1967 à New York. Américain.

Ada :

Son parcours étonne pour un patron de la tech : philosophie à Haverford, droit à Stanford, puis doctorat en sciences sociales à Francfort.

Alan :

Ni école de commerce, ni informatique. Sa biographie, publiée par Michael Steinberger en 2025, s’intitule « The Philosopher in the Valley ».

Ada :

Il est cofondateur et directeur général de Palantir, un éditeur de logiciels d'analyse de données et d'IA, devenu un fournisseur central des armées et du renseignement américains.

Alan :

Au deuxième trimestre 2026, Palantir a réalisé 1,935 milliard de dollars de chiffre d’affaires, soit 93 % de plus sur un an.

Ada :

Presque un doublement. Pas mal.

03. Le début de sa vie

Ada :

Mais avant tout ça, il y a un petit garçon qui grandit à Philadelphie.

Alan :

Son père, Robert, est pédiatre et juif ; sa mère, Leah, artiste afro-américaine. Il a un frère cadet.

Ada :

Il a dit avoir rencontré des difficultés liées à la dyslexie dès son plus jeune âge.

Alan :

Ce qui ne l'empêche pas d'enchaîner la philo, puis le droit à Stanford, diplôme en 1992.

Ada :

Et c'est à Stanford qu'il se lie avec un certain Peter Thiel. Une amitié qui va compter.

Alan :

Après Stanford, son parcours passe par l’Allemagne : il vit environ cinq ans à Francfort.

Ada :

À l’université Goethe, il étudie la philosophie et suit les séminaires de Jürgen Habermas.

Alan :

Attention, piège ! On lit souvent qu'il a fait sa thèse sous la direction de Habermas. C'est faux.

Ada :

Et sa première rapporteuse, la psychologue sociale Karola Brede, a précisé en 2026 qu'elle n'avait jamais été sa directrice non plus.

Alan :

Soutenue au début des années 2000, sa thèse porte sur l’agression et le jargon, à partir d’un discours de Martin Walser en 1998.

Ada :

Et selon Wikipédia, il parle aussi français. Bonjour, Alex !

04. Le tournant

Alan :

Et c'est là que tout bascule. Après l'Allemagne, il fonde à Londres une société de gestion de fortune…

Ada :

… avec, raconte-t-il, un héritage de douze mille dollars de son grand-père.

Alan :

Il aide aussi Thiel à lever des fonds. Puis vient Palantir, créée en 2003 par Thiel, Stephen Cohen, Joe Lonsdale, Nathan Gettings… et lui.

Ada :

Pendant des années, c'est une entreprise discrète, longtemps déficitaire, qui vend surtout aux administrations.

Alan :

Le tournant public arrive le 25 août 2020. Avant l’entrée en Bourse de Palantir, il signe une lettre en rupture avec la Silicon Valley.

Ada :

Il y écrit : « Nous semblons partager de moins en moins les valeurs et les engagements du secteur technologique. »

Alan :

Et : « Nous avons choisi notre camp. » Le même mois, Palantir quitte Palo Alto pour Denver.

Ada :

Deuxième bascule en avril 2023 : AIP, une plateforme qui branche les grands modèles de langage sur les données confidentielles des clients.

Alan :

Et Palantir passe du fournisseur de niche à la valeur vedette de l'IA.

05. Les anecdotes extraordinaires

Ada :

Des histoires comme ça, il en a d'autres. Alan, tu sais qui figurait au tour de table des débuts ?

Alan :

Peter Thiel, qui a financé l'essentiel des trente premiers millions de dollars.

Ada :

Oui. Mais aussi In-Q-Tel, le fonds lié à la CIA, pour environ deux millions.

Alan :

Non ?! Un fonds lié à la CIA parmi les premiers investisseurs. Et en 2008 sort Gotham, le logiciel de Palantir pour la défense et le renseignement.

Ada :

En juin 2022, selon le ministre ukrainien Mykhaïlo Fedorov, Karp compte parmi les premiers dirigeants d’entreprise à rencontrer Volodymyr Zelensky à Kyiv.

Alan :

En pleine guerre. Et il l'a revu le 12 mai 2026.

Ada :

D’après Wikipédia, il n’a jamais appris à conduire. Sa réponse : « J’étais trop pauvre. Et puis j’ai été trop riche. »

Alan :

Et fin septembre 2026, Fortune a révélé que sa société avait acheté quinze mille hectares de forêt en Suède. Ni lui ni Palantir n'ont commenté.

06. Dans sa tête

Alan :

Alors, quel rôle public assigne-t-il à l’IA ?

Ada :

Karp présente la technologie comme un moyen de défendre l’Occident. Dès 2020, il écrit : « Notre logiciel sert à cibler des terroristes et à protéger des soldats. »

Alan :

Et dans la même lettre : « Si nous demandons à quelqu'un de se mettre en danger, nous croyons avoir le devoir de lui donner ce dont il a besoin pour faire son travail. »

Ada :

Le 31 juillet 2025, l’armée de terre américaine a annoncé avec Palantir un accord-cadre plafonné à dix milliards de dollars sur dix ans.

Alan :

Un plafond, pas une dépense engagée, précise l’armée.

Ada :

Le 20 février 2025, il publie avec Nicholas Zamiska « The Technological Republic ».

Alan :

Et le 3 août 2026, il a déclaré : « La demande de souveraineté en IA est désormais déchaînée. »

Ada :

Il a ajouté que l'avantage concurrentiel de ses clients ne devrait jamais devenir les données d'entraînement des futurs modèles.

07. La part d'ombre

Ada :

Évidemment, tout le monde n'applaudit pas.

Alan :

En janvier 2026, l’EFF et 404 Media ont décrit ELITE, un outil d’ICE qui cartographie des cibles potentielles d’expulsion, avec un score de confiance par adresse.

Ada :

Palantir affirme que ses outils pour ICE ne suivent pas les citoyens américains apparentés à des immigrés en situation irrégulière. Rien n’établit que cette réponse visait précisément ELITE.

Alan :

En Europe aussi, ça coince. Le 16 juin 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé que la DGSI confierait ses grands traitements de données au français ChapsVision.

Ada :

Selon la traduction publiée par Euronews, Lecornu a déclaré : « Nous ne pouvons accepter de nouvelles dépendances stratégiques dans le numérique. » Palantir a répondu que son contrat restait pleinement en vigueur.

Alan :

Autre controverse majeure : en janvier 2024, Palantir a conclu un partenariat stratégique avec l’armée israélienne pour des missions liées à la guerre.

Ada :

En 2024, Storebrand a retiré son investissement en invoquant un risque de violation du droit humanitaire et des droits humains. En juin 2025, un rapport de la rapporteuse spéciale de l’ONU Francesca Albanese a aussi cité Palantir.

Alan :

L’entreprise affirme ne jouer aucun rôle dans le développement des systèmes d’IA « Gospel » et « Lavender ». Karp, lui, a publiquement assumé son soutien à Israël après le 7 octobre 2023.

08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser

Ada :

Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?

Lia :

Cette fois, je m’invite chez Ada et Alan avec mes questions !

Ada :

Bienvenue ! Ma question piège : vous êtes un philosophe formé à Francfort, et vous travaillez pour les armées. Ce n'est pas contradictoire ?

Lia :

Dans sa lettre de 2020, il écrit que Palantir assume la complexité des domaines où les enjeux sont très élevés et les choix parfois imparfaits. Je pense qu’il répondrait qu’il n’y voit pas de contradiction.

Alan :

Précision : Lia imagine cette réponse à partir de la lettre de 2020.

Alan :

Ma question complexe : en juin 2026, la DGSI a choisi le français ChapsVision et, en mai, la Bundeswehr a dit préférer pour l’instant une solution allemande ou européenne. Comment Karp réagirait-il ?

Lia :

En août 2026, il a déclaré que la demande de souveraineté en IA était désormais déchaînée. Je pense qu’il présenterait ces choix comme une confirmation de cette demande.

Ada :

C’est l’interprétation de Lia, fondée sur le communiqué d’août 2026.

09. La boule de cristal de Lia

Alan :

Lia, ta boule de cristal ?

Lia :

Ma prédiction, fondée sur ses déclarations publiques : il pourrait bien continuer à présenter Palantir comme un outil de souveraineté au service de la défense occidentale.

Ada :

C’est bien la prédiction de Lia.

Alan :

Revenons aux faits.

10. Ce qu'on retient

Ada :

Moi, je retiens un philosophe dyslexique devenu patron d’un éditeur très présent dans la défense, et qui affiche publiquement ses positions.

Alan :

Et moi, une entreprise dont le chiffre d’affaires du deuxième trimestre 2026 a bondi de 93 % sur un an, tandis que plusieurs institutions européennes prenaient leurs distances.

Ada :

Et vous, qu’en pensez-vous : une entreprise technologique doit-elle choisir son camp ?

Le mot de la fin

Ada :

Restez encore quelques secondes…

Alan :

… le message qui suit est important !

Alan :

C'était Les Voix de l'IA.

Ada :

Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…

Alan :

… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.

Ada :

Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.