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Noam Shazeer, l'ingénieur discret derrière le Transformer

Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 12 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.

Ouverture

Ada :

Vous écoutez Les Voix de l'IA.

Alan :

Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.

Ada :

Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.

Alan :

Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.

Ada :

Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.

01. L'énigme

Ada :

Premier indice : en 1994, il obtient la note parfaite aux Olympiades internationales de mathématiques. Et il n'est pas le seul de son équipe.

Alan :

Attends, toute l'équipe ? Je cherche déjà.

Ada :

Deuxième indice : quand Google vous demande « Vouliez-vous dire… », vous lui devez un peu cette question.

Alan :

Le correcteur orthographique ! Ça réduit la liste, mais je n'ai pas encore le nom.

Ada :

Troisième indice : en 2017, il cosigne « Attention Is All You Need », l'article du Transformer.

Alan :

Alors c'est No-am Cha-zir !

Ada :

Bingo. No-am Cha-zir.

02. Son vrai profil

Alan :

Il est américain, né à Philadelphie au milieu des années soixante-dix. Il avait quarante-huit ans en 2024, selon le Wall Street Journal.

Ada :

Il étudie les mathématiques et l'informatique à l'université Duke, de 1994 à 1998. Puis il entame un troisième cycle à Berkeley… qu'il abandonne.

Alan :

Il a cofondé Character.AI, puis codirigé Gemini chez Google. Le 17 juin 2026, il annonce sur X qu'il rejoint OpenAI.

Ada :

Selon Mark Chen, directeur de la recherche d'OpenAI, cité par Bloomberg, il y est chargé de diriger la recherche sur l'architecture des modèles.

Alan :

Le chiffre clé : environ deux virgule sept milliards de dollars. C'est le montant de l'accord de 2024 qui l'a ramené chez Google, selon le Wall Street Journal. Il n'a jamais été officialisé.

03. Le début de sa vie

Ada :

Mais avant tout ça, il y a un garçon de Philadelphie. Son père, Dov, a enseigné les mathématiques avant de devenir ingénieur. En 1994, aux Olympiades de Hong Kong, il obtient quarante-deux sur quarante-deux et une médaille d'or. Et tiens-toi bien : les six Américains de l'équipe ont tous eu la note parfaite.

Alan :

Non ?! Six sans-faute sur six ? C'est fou.

Ada :

Il étudie ensuite les mathématiques et l'informatique à Duke, de 1994 à 1998.

Alan :

Puis vient Berkeley. Il raconte en riant avoir abandonné des programmes de troisième cycle « plusieurs fois ».

Ada :

Et le déclic de l'IA ? Un ami lui confie sa résolution pour l'an 2000 : vivre jusqu'en l'an 3000… en inventant l'IA.

Alan :

Rien que ça. Sa réaction : « Je me suis dit : ça a l'air d'être une bonne idée. »

04. Le tournant

Alan :

Et c'est là que tout bascule. En 1999, il voit Google à un salon de l'emploi. Il croit l'entreprise déjà énorme, et il ne postule pas.

Ada :

En 2000, il envoie finalement son CV, sur un coup de tête. Son plan : gagner assez d'argent, puis faire de la recherche en IA.

Alan :

Après quelques années hors de Google, il revient en 2012 et rejoint l'équipe Google Brain.

Ada :

En juin 2017, c'est le Transformer, un article à huit auteurs. Sa note de contribution dit qu'il a proposé l'attention multi-têtes, entre autres, et qu'il a été impliqué « dans presque chaque détail ». Quelques mois avant le Transformer, il avait déjà contribué aux mélanges d'experts : des modèles géants qui n'activent, pour chaque tâche, qu'une partie de leurs capacités.

Alan :

Pourquoi c'est important ? Le Transformer est devenu la base de presque tous les grands modèles de langage. Et pour lui, prédire le mot suivant, c'était « le meilleur problème du monde ».

Ada :

Deuxième bascule : avec Daniel dji Frèï-tass, il construit Meena, un robot conversationnel dévoilé en janvier 2020. Google refuse ensuite de lancer le robot, devenu LaMDA.

Alan :

Fin 2021, les deux hommes partent, alors que Sundar Pichai leur aurait demandé de rester, selon le Wall Street Journal. Ils créent alors Character.AI.

05. Les anecdotes extraordinaires

Ada :

Des histoires comme ça, il en a d'autres. D'abord celle du correcteur : pendant la démonstration, Jeff Dean, son mentor, tape des fautes absurdes pour le piéger.

Alan :

Du genre « scrumbled uggs Bundict ». Le test parfait.

Ada :

Deuxième histoire, en 2012. Il vient déjeuner avec sa femme, qui travaille chez Google, et il s'assoit près de Jeff Dean et de l'équipe Google Brain.

Alan :

Dean résume ce déjeuner en une phrase : « Je l'ai reconquis. »

Ada :

Et la troisième histoire ?

Alan :

C'est une phrase de lui, en février 2025 : « J'ai l'impression de rejoindre Google tous les douze ans : en 2000, en 2012 et en 2024. »

Ada :

En 2024, Google signe une licence non exclusive avec Character.AI. Il revient avec Daniel dji Frèï-tass et une trentaine de chercheurs.

Alan :

Selon le Wall Street Journal, son retour était largement vu comme la principale raison du prix.

Ada :

Sauf que le cycle de douze ans s'interrompt. En juin 2026, il annonce son départ pour OpenAI. Il écrit simplement : « Ce fut une décision difficile de partir. »

Alan :

Il se dit aussi « incroyablement fier » de l'équipe de Google. Il n'a pas donné d'autre explication.

06. Dans sa tête

Ada :

Et dans sa tête, alors ? Comment il voit l'IA ?

Alan :

Avec une vision très empirique. En 2024, il dit à Fortune : « Personne ne comprend vraiment ce qui se passe. » Il compare même la recherche à l'alchimie.

Ada :

En 2020, dans un article scientifique, il attribue le succès de ses architectures « comme tout le reste, à la bienveillance divine ».

Alan :

Un humour pince-sans-rire. Sur l'AGI, en 2024, il dit : « Je ne sais pas si je me soucie particulièrement de l'AGI… Pourquoi est-ce la mesure ? »

Ada :

En 2023, on lui demande s'il a peur que l'AGI détruise le monde. Sa réponse : « Non. Pas encore. »

07. La part d'ombre

Alan :

Il faut aussi aborder une controverse grave : les drames et les plaintes liés à l'usage de Character.AI par des adolescents.

Ada :

En février 2024, un adolescent de quatorze ans, Sewell Setzer III, se suicide en Floride. En octobre 2024, sa mère porte plainte contre Character.AI, estimant que la relation nouée par son fils avec un robot de la plateforme a contribué au drame. Cette accusation n'a pas fait l'objet d'un jugement sur le fond.

Alan :

En décembre 2024, deux familles du Texas portent plainte. Selon l'une des plaintes, un robot aurait suggéré qu'il était compréhensible de tuer ses parents. Google, Cha-zir et dji Frèï-tass figurent parmi les défendeurs.

Ada :

Selon NPR, les deux fondateurs n'ont pas répondu aux demandes de commentaire. Google affirme que Character.AI est une entreprise distincte et que la sécurité des utilisateurs est une préoccupation majeure.

Alan :

De son côté, Character.AI a lancé un modèle destiné aux adolescents. Le 25 novembre 2025, l'entreprise a mis fin à la conversation libre pour les moins de dix-huit ans. En janvier 2026, un accord amiable de principe a été annoncé dans l'affaire de Floride et quatre autres affaires. Ses termes ne sont pas publics, et son approbation définitive par les juges n'est pas confirmée.

08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser

Ada :

Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?

Lia :

D'habitude, je règne sur le micro de Choucroute Citron. Cette fois, je me suis invitée chez Ada et Alan, sans même apporter la choucroute.

Ada :

Bienvenue ! Ma question piège : « Monsieur Cha-zir, c'est vous, le vrai inventeur de l'IA moderne ? »

Lia :

Dans un article de 2020, il a réellement attribué le succès de ses architectures à « la bienveillance divine ». À partir de ce propos public, je pense qu'il rappellerait que le Transformer est une œuvre collective, écrite par huit chercheurs, avant de reprendre cette formule avec son humour habituel.

Ada :

Précisons-le : c'est Lia qui imagine, ce n'est pas lui qui parle. Mais la formule sur la bienveillance divine, il l'a vraiment employée à l'oral en 2024.

Alan :

Ma question est plus complexe : « Si personne ne comprend vraiment ce qui se passe, comment décider quoi construire ? »

Lia :

En 2025, il a expliqué qu'une idée brillante n'avait selon lui que deux pour cent de chances de fonctionner. À partir de ce propos public, je pense qu'il répondrait qu'il faut multiplier les essais et conserver ce qui crée de la valeur.

Alan :

C'est encore une réponse imaginée par Lia. Mais elle reste fidèle à ce qu'il a dit chez Dwarkesh Patel.

09. La boule de cristal de Lia

Alan :

Lia, ta boule de cristal ?

Lia :

Ma boule de cristal propose une hypothèse, pas une information : un de ses futurs articles pourrait encore glisser une blague de chercheur entre deux équations.

Ada :

Joli pari, mais ce n'est qu'un jeu. Personne ne sait ce qu'il publiera.

10. Ce qu'on retient

Ada :

Moi, je retiens un chercheur discret, dont le parcours a été marqué par un CV envoyé sur un coup de tête et par un déjeuner décisif.

Alan :

Moi, je retiens une contribution centrale au Transformer, mais aussi les questions graves soulevées par les drames et les plaintes liés à Character.AI.

Ada :

Et vous ? Quand l'un des auteurs du Transformer dit que « personne ne comprend vraiment ce qui se passe », ça vous rassure… ou ça vous inquiète ?

Le mot de la fin

Ada :

Restez encore quelques secondes…

Alan :

… le message qui suit est important !

Alan :

C'était Les Voix de l'IA.

Ada :

Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…

Alan :

… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.

Ada :

Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.