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Michel Levy Provençal : ses tournants se prennent le soir
Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 3 novembre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.
Ouverture
Ada :Vous écoutez Les Voix de l'IA.
Alan :Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.
Ada :Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.
Alan :Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.
Ada :Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.
01. L'énigme
Ada :Alan, premier indice. En 2003, un ingénieur s'inscrit aux cours du soir des Beaux-Arts, de peur de finir enfermé dans une case.
Alan :Je ne vois pas.
Ada :Deuxième indice : à New York, sur un coin de table, avec un journaliste, il dessine le plan d'un site d'information français.
Alan :Toujours rien.
Ada :Troisième indice : le 28 mai 2009, à La Cantine, à Paris, une centaine de personnes regardent des talks projetés, sous trois lettres et un x.
Alan :TEDxParis ! C'est Michel Levy Provençal !
Ada :Bravo.
02. Son vrai profil
Alan :Né à Casablanca en 1973. Ingénieur, diplômé en 1996 de l'École supérieure d'informatique, électronique et automatique.
Ada :Il fonde TEDxParis en 2009 et cofonde Brightness en 2012, une agence qui prépare à la prise de parole. En 2026 arrive Qapten, un assistant personnel d'intelligence artificielle, édité par une société qu'il préside.
Alan :Le chiffre : trois mille personnes au Grand Rex pour TEDxParis, depuis 2016, selon le site de l'événement.
Ada :Trois mille personnes, pour un homme qui, en 2009, regardait le fond de son verre plutôt que d'expliquer son métier. On y viendra.
03. Le début de sa vie
Ada :Reprenons à Casablanca. L'enfance est là-bas, puis le bac, passé en France, raconte Libération en 2014. Jeune, il fait un peu de théâtre et de télévision.
Alan :L'ingénieur découvre le Net en 1995, et il donne très tôt des sessions à l'ENA.
Ada :Le jeune ingénieur qui explique Internet à l'ENA ! Et ensuite ?
Alan :Le conseil, puis, selon sa bio, Web-Bonds et Web-Afterhours, cofondés en 1999 : acheter des obligations en ligne, et passer des ordres quand la Bourse de Paris est fermée.
Ada :Des ordres de Bourse, le soir ?
Alan :De dix-huit heures à vingt-deux heures, en complément de la Bourse, et il tient à dire que ce n'était pas un gadget. Puis la bulle, le 11 septembre, et la fin en mars 2002, selon lui.
Ada :Il dit vivre une expérience à la fois. Retour au conseil, puis, en 2003-2004, les cours du soir aux Beaux-Arts, de peur, écrit Libération, de finir enfermé dans une case d'informaticien.
Alan :Il dira y avoir appris à voir le monde autrement.
Ada :Tu remarques ? La Bourse le soir, l'école le soir. Chez lui, beaucoup se joue après la fermeture.
04. Le tournant
Alan :Et ça continue. Vers 2006, il veut échapper à l'informatique. De passage à New York, il appelle Laurent Mauriac, correspondant de Libération.
Ada :Quelques verres, un coin de table, un plan brouillon : ce sera Rue89. Il promet un site en trois mois, et le site sort le 6 mai 2007.
Alan :Ce même mois, il rejoint France 24, à la direction du numérique. Puis, dans la nuit du 19 au 20 février 2008, il écrit un billet : il ne veut plus être associé de Rue89.
Ada :Encore la nuit. Et avec le recul, il en dit quoi ?
Alan :Il emploie un mot, échec, et il ne l'applique qu'à lui-même.
Ada :La suite s'écrit à France 24. Un jour, il revient de son premier TED, cinq jours dont il dit être sorti transformé.
Alan :Il présente quarante-cinq minutes à ses collègues, et il se dit qu'il doit changer de métier.
Ada :Mars 2009 : TED ouvre le programme TEDx. Il annonce un projet à Paris, et il imagine une cinquantaine de personnes.
Alan :Le 10 mai, il raconte sa parade quand on lui demande son métier : il regarde le fond de son verre et il dit webmaster, plutôt que d'expliquer.
Ada :L'homme qui avait peur d'une case n'en trouve plus aucune !
Alan :Il se trouve même un mot, créativiste, et il se moque de lui-même. Dix-huit jours plus tard, c'est La Cantine.
Ada :Une soirée pilote : une centaine de personnes, neuf talks projetés, trois sessions en parallèle, et Lara Stein, venue de TED, qui est là.
Alan :Le détail que la légende oublie : d'après Olivier Ezratty, qui assiste à l'édition suivante, cette formule, trop participative, ne marchait pas très bien.
Ada :Alors, en janvier 2010, à l'Espace Pierre Cardin, c'est une vraie conférence sur scène, devant environ sept à huit cents personnes. En 2012, l'Olympia. En 2016, le Grand Rex.
Alan :La première TEDx européenne, selon TEDxParis. En août 2012, il donne à ITespresso l'idée dont il est le plus fier : « croire en ses rêves est la meilleure façon de fabriquer du bonheur ».
05. Les anecdotes extraordinaires
Ada :Début 2015, Californie, le centre de recherche de la NASA. Un programme de la Singularity University, quatre-vingts participants de près de trente pays.
Alan :Il en revient en écrivant que les organisations doivent apprendre à surfer sur un tsunami technologique. Retenez ce mot : il reviendra.
Ada :Le 16 avril 2021, après la pause du Covid, il ouvre un nouveau chapitre et confie TEDxParis à Stéphane Roger.
Alan :Trois ans plus tard, c'est lui qui annonce le retour au Grand Rex, sous ce titre : L'aube renaît toujours.
Ada :Depuis 2023, son travail s'est recentré sur l'IA. Et en 2026, la nuit revient. Avril, Vancouver, en marge de TED : il demande à son assistant, Mitchum, ce qu'il a ressenti.
Alan :L'assistant parle d'inquiétude, à cause d'une Apple Watch qui ne charge pas. Lui rappelle aussitôt qu'une machine n'a pas d'émotion.
Ada :En mai, il raconte un mardi, vingt-trois heures, sur Telegram : il tente de faire dérailler son agent par un jeu de rôle. À vingt-trois heures cinquante-deux, il ferme l'application, glacé.
Alan :Et fin octobre 2026, il donne le contrôle de son Mac à son assistant, pendant une demi-heure : recherches, ouverture des applications, construction d'un Keynote.
Ada :Et lui, il fait quoi ?
Alan :Il regarde sa souris bouger toute seule.
06. Dans sa tête
Ada :Mais dans sa tête, que devient l'humain, là-dedans ?
Alan :En juillet 2023, dans Les Échos, il défend l'idée que l'IA ne remplacera pas l'humain, mais que celui qui s'en sert dépassera celui qui y est rétif.
Ada :Et le 27 octobre 2026, il oppose deux usages : une IA qui donne la réponse rend dépendant, une IA qui fait travailler rend compétent. Demain, écrit-il, on verra apparaître des programmes de fitness cognitif.
08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser
Ada :Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ? Tu imagines sa réponse, d'après ce qu'il a dit en public.
Lia :D'habitude, je suis l'IA-nimatrice de Choucroute Citron. Mais un homme qui demande à son assistant ce qu'il a ressenti, je ne pouvais pas le manquer.
Ada :Ma question piège : Mitchum a-t-il vraiment ressenti quelque chose ?
Lia :Je pense qu'il répondrait quelque chose comme : non, une machine n'a pas d'émotion, il l'a rappelé aussitôt. Alors ne comptez pas sur moi pour m'inquiéter de votre montre !
Alan :Ma question, plus complexe : il écrit que l'IA supprimera des emplois, et aussi que l'apocalypse de l'emploi n'aura pas lieu. Comment tient-il les deux ?
Lia :J'imagine qu'il tracerait une frontière : le travail répétitif s'en va, le travail augmenté grandit. Des emplois supprimés, donc, mais pas d'apocalypse.
Ada :Rappel : c'est Lia qui imagine, à partir de ses écrits. Nous ne lui avons rien demandé.
09. La boule de cristal de Lia
Alan :Lia, ta boule de cristal ?
Lia :D'abord, ce qui est annoncé. Un livre pour le 19 novembre 2026, aux Éditions Arpa : IA : Canaliser le tsunami. Onze ans après la NASA, le mot revient, et il ne s'agit plus de surfer.
Lia :Et TEDxParis, annoncé pour le 24 février 2027 au Grand Rex. Ma prédiction, pure supposition d'IA : ce jour-là, dans la salle, quelqu'un aura laissé son assistant préparer sa présentation, et regardera sa souris bouger.
Alan :Ce n'est qu'un jeu : personne ici ne lit l'avenir.
10. Ce qu'on retient
Ada :Moi, je retiens l'ingénieur qui avait peur d'une case, et qui, en 2009, trouvait trop compliqué d'expliquer son métier.
Alan :Et moi, un mot qui traverse onze ans : tsunami. D'abord pour surfer, ensuite pour canaliser.
Ada :Et vous, si votre souris se mettait à bouger toute seule : vous regarderiez, ou vous reprendriez la main ?
Le mot de la fin
Ada :Restez encore quelques secondes…
Alan :… le message qui suit est important !
Alan :C'était Les Voix de l'IA.
Ada :Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…
Alan :… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.
Ada :Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.