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Marc Ménasé : des PC de la rue Montgallet au pont Paris-San Francisco
Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 18 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.
Ouverture
Ada :Vous écoutez Les Voix de l'IA.
Alan :Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.
Ada :Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.
Alan :Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.
Ada :Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.
01. L'énigme
Ada :Alan, petit jeu. Premier indice : adolescent, il montait les ordinateurs des copains, avec des pièces achetées rue Montgallet.
Alan :Un réparateur informatique ?
Ada :Raté. Deuxième indice : au tout début des années 2000, il fait partie de l'équipe de départ de Kelkoo, le comparateur de prix.
Alan :Et ensuite ?
Ada :Troisième indice : son fonds d'investissement, Founders Future, se dit « AI-first », entre Paris et San Francisco.
Alan :Marc Ménasé !
02. Son vrai profil
Ada :Entrepreneur français, la quarantaine. Une maîtrise de sciences de gestion, puis, plus tard, HEC.
Alan :Il a cofondé Nextedia, vendue à Lagardère en 2007, puis créé Menlook. Son bilan, il l'a fait en 2021 au podcast La Combinaison : « J'ai monté 4 entreprises dans ma vie, j'en ai vendu 3, j'en ai raté une ».
Ada :Un bilan honnête ! Depuis 2018, il est le fondateur de Founders Future, à Paris et, depuis novembre 2025, à San Francisco.
Alan :Le chiffre clé : selon le fonds, plus d'une centaine de sociétés en portefeuille, et plusieurs centaines de millions sous gestion.
03. Le début de sa vie
Ada :Mais avant tout ça, il y a un enfant qui a vécu aux États-Unis, avant de revenir en France. Il le dit en 2021 : « J'ai été très tôt exposé à l'entrepreneuriat ».
Alan :Un père en profession libérale, un grand-père entrepreneur, des grandes-tantes antiquaires. Son résumé : « Peut-être un ADN de petits commerçants ».
Ada :Et ce grand-père lui expliquait « qu'on se reposera quand on sera sous terre ».
Alan :Ambiance ! Et à l'école ?
Ada :Il adore l'économie. « J'étais le premier en cours », raconte-t-il. Et le samedi, il file « Rue Montgallet ou chez Surcouf acheter des pièces ».
Alan :Les copains de copains l'appellent : « Marc est-ce que tu ne veux pas me faire mon ordinateur ».
Ada :« C'est devenu un petit business. » Pour le faire connaître, il apprend le HTML, puis bricole « une petite moulinette en PHP ».
Alan :Et à seize ans, job d'été chez Phone House, avec Geoffroy Roux de Bézieux. En juillet, « pour payer mes vacances au mois d'août ».
04. Le tournant
Alan :Et c'est là que tout bascule. En 2002, il entre chez Kelkoo. Il le raconte en 2025 au podcast Private Markets Square : « j'étais dans l'équipe de départ d'une société qui s'appelle Kelkoo, qui a inventé la comparaison de prix en Europe ».
Ada :En mars 2004, Yahoo annonce le rachat de Kelkoo pour environ quatre cent soixante-quinze millions d'euros.
Alan :À son départ, Pierre Chappaz lui propose d'être « patron de l'Italie ».
Ada :Et il refuse ! Sa raison : « c'est que moi je veux monter ma boîte ».
Alan :Il la monte : Nextedia, dans trente mètres carrés sous-loués « chez notre comptable, rue de l'Échiquier ».
Ada :Et ça pousse vite : la société double chaque année, jusqu'à « 17 millions d'honoraires ».
Alan :En août 2007, Lagardère l'achète : cinquante millions d'euros, plus un complément pouvant atteindre cinquante millions.
05. Les anecdotes extraordinaires
Ada :Des histoires comme ça, il en a d'autres. Celle du stagiaire, qu'il raconte lui-même : Nextedia remporte l'appel d'offres digital du lancement de Virgin Mobile.
Alan :Dirigé par… Geoffroy Roux de Bézieux, son ancien patron de Phone House. « il retrouve son stagiaire de 10 ans avant », raconte-t-il.
Ada :Autre passion : les avions. « J'ai piloté beaucoup et maintenant je ne pilote plus. »
Alan :Il en garde une image, en 2025 : « un investisseur, c'est un peu comme un bon pilote, c'est-à-dire qu'il faut avoir des heures de vol pour avoir des réflexes ».
Ada :Des heures de vol, il en a : business angel depuis 2005, il revendique plus de deux cents paris. Parmi eux, Yuka, dont il dit avoir financé le premier tour, en 2018.
Alan :Le 30 septembre 2026, son premier fonds sort de Bonsoirs. Il annonce un retour de quatorze fois et demie la mise.
Ada :Et il s'en amuse sur LinkedIn, à propos du fondateur : « Il m'a direct mis dans de beaux draps avec Bonsoirs ».
06. Dans sa tête
Alan :Et l'IA, dans tout ça ? En 2021, elle n'apparaît presque pas. Chez Nextedia, on optimisait « Sans IA ».
Ada :En mars 2025, le ton change. Founders Future annonce vouloir « investir en interne massivement dans l'intelligence artificielle ». Et en juin, lui parle d'une IA qui « vient augmenter l'homme ».
Alan :En 2026, le fonds se présente sur LinkedIn comme « AI-first » par conception, et bâti pour relier l'Europe et les États-Unis.
Ada :En janvier 2026, il cofonde VistIQ, un logiciel pour investisseurs né à l'intérieur de Founders Future.
Alan :Le 10 mars 2026, AMI Labs, la start-up de Yann LeCun, lève plus d'un milliard de dollars. Il écrit, en anglais, que Founders Future fait partie du tout petit cercle d'investisseurs invités.
Ada :Et à propos de Veesion, qui repère sur les caméras le geste du vol, il écrit en février 2026 : « L'IA n'est pas un concept. C'est une infrastructure qui change la donne. »
07. La part d'ombre
Ada :Mais il y a une ombre : Menlook. Lancé en 2010, le site lève vingt-trois millions d'euros en 2014, pour devenir le « plus grand magasin pour homme au monde ».
Alan :Puis un rachat en Allemagne tourne mal. Fin 2016, il passe la main ; fin avril 2017, liquidation judiciaire. Cent trente personnes travaillaient pour le groupe.
Ada :Un dénonciateur anonyme met en cause les comptes, ce que Maddyness ne peut ni confirmer ni infirmer. Sa réponse, dans Maddyness en mars 2017 : « je n'ai jamais caché le résultat de notre rachat en Allemagne ».
Alan :En 2021, il assume. Les rachats ? « ça a été une des graves erreurs que j'ai faites dans ma vie ». Et : « Dans du retournement la solitude elle est juste horrible ». Aucune décision de justice contre lui n'a été trouvée.
Ada :Autre revers : DEE Tech, une société cotée créée en juin 2021 avec plus de cent cinquante millions d'euros, pour racheter des entreprises tech. Il en prend la direction générale.
Alan :Le projet avec Colis Privé est abandonné début 2022, et DEE Tech touche huit millions et demi d'euros d'indemnité. Faute d'acquisition à temps, dissolution en juin 2023.
Ada :Les actionnaires de la Bourse récupèrent donc leur mise : dix euros par action. Seuls les bons de souscription ne valent plus rien.
08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser
Alan :Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ? Tu imagines sa réponse, d'après ses propos publics.
Lia :D'habitude, je tiens le micro de Choucroute Citron. Mais un investisseur qui se compare à un pilote, j'ai pris le premier vol pour atterrir chez vous !
Ada :Bienvenue à bord ! Ma question piège : l'animateur de La Combinaison l'appelle « Monsieur Intuition ». Alors, chez lui, intuition ou calcul ?
Lia :Je pense qu'il répondrait intuition, comme en 2021 : « Pour moi c'est une certitude ».
Alan :Ma question, plus complexe : l'Europe peut-elle tenir tête aux États-Unis dans l'IA ?
Lia :J'imagine qu'il commencerait par son post du 9 octobre 2026 : « l'Europe n'a pas un problème de talent. Elle a un problème d'ambition collective et de passage à l'échelle. »
Ada :Rappel : ces réponses, c'est Lia qui les imagine, à partir de ce qu'il a dit. On ne lui a rien demandé.
09. La boule de cristal de Lia
Alan :Lia, ta boule de cristal ?
Lia :En 2025, il disait à TechCrunch vouloir un bras européen et un bras américain. Ma prédiction d'IA : il racontera un jour une start-up née à Paris, devenue grande à San Francisco. Pure supposition de ma part.
Alan :Et ce n'est qu'un jeu : personne ici ne connaît l'avenir.
10. Ce qu'on retient
Ada :Moi, je retiens l'ado de la rue Montgallet, qui n'a jamais cessé de monter des choses.
Alan :Et moi, un homme qui ne veut pas qu'on retienne « Que je suis un financier, parce que c'est pas vrai ».
Ada :Et vous, quel échec vous a donné vos meilleures heures de vol ?
Le mot de la fin
Ada :Restez encore quelques secondes…
Alan :… le message qui suit est important !
Alan :C'était Les Voix de l'IA.
Ada :Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…
Alan :… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.
Ada :Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.