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Marc Andreessen : de Mosaic au combat pour accélérer l'IA

Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 13 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.

Ouverture

Ada :

Vous écoutez Les Voix de l'IA.

Alan :

Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.

Ada :

Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.

Alan :

Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.

Ada :

Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.

01. L'énigme

Ada :

Premier indice : étudiant, il coécrit un logiciel qui affiche des images au milieu du texte sur le web.

Alan :

Des images sur le web… Ça sent les années quatre-vingt-dix.

Ada :

Deuxième indice : à vingt-quatre ans, il fait la couverture de Time.

Alan :

Un prodige, donc. Je chauffe ?

Ada :

Troisième indice : son fonds de capital-risque porte son nom et celui de son associé. On l’appelle « A-seize-Z ».

Alan :

a16z ! C’est Marc Andreessen !

Ada :

Gagné. Marc Andreessen.

02. Son vrai profil

Alan :

Pour le situer : il est américain, né le 9 juillet 1971 à Cedar Falls, dans l’Iowa, et diplômé en informatique de l’université de l’Illinois.

Ada :

Il est cofondateur et associé général d’Andreessen Horowitz, lancé en 2009 avec Ben Horowitz.

Alan :

Fin avril 2026, le fonds affichait plus de cent milliards de dollars sous gestion. En janvier, il avait annoncé plus de quinze milliards levés, soit, selon Ben Horowitz, plus de 18 % du capital-risque alloué aux États-Unis en 2025.

Ada :

Il siège aussi au conseil d’administration de Facebook, devenu Meta, depuis juin 2008, et appartient à son comité des risques et de la stratégie.

Alan :

Le 25 mars 2026, Donald Trump l’a aussi nommé au conseil présidentiel des conseillers pour la science et la technologie.

Ada :

Il y siège notamment aux côtés de Jensen Huang, Lisa Su et Mark Zuckerberg.

03. Le début de sa vie

Ada :

Mais avant tout ça, il y a un enfant du Wisconsin. Il grandit à New Lisbon, un village qu’il qualifiait de « the sticks », autrement dit un trou perdu.

Alan :

On a connu des débuts plus glamour pour un futur cofondateur de Netscape.

Ada :

D’après les éléments biographiques disponibles, sa mère travaillait au service clients de Lands’ End et son père était directeur commercial chez un semencier.

Alan :

Le père dans les semences, et le fils qui va semer le web.

Ada :

À douze ans, il découvre la programmation.

Alan :

Ensuite, cap sur l’université de l’Illinois, en informatique, avec deux stages chez IBM à Austin, au Texas.

Ada :

Et surtout un poste de programmeur au NCSA, le centre national de calcul intensif installé sur le campus.

Alan :

Retenez bien ce sigle, NCSA : la suite part de là.

04. Le tournant

Ada :

En 1993, au NCSA, il écrit avec Eric Bina le navigateur Mosaic.

Alan :

Un navigateur qui affiche les images au milieu du texte, une innovation marquante pour le web de l’époque.

Ada :

Son université le présente comme le premier navigateur web largement utilisé et écrit que Mosaic est souvent crédité d’avoir popularisé internet.

Alan :

Nuance importante : c’est le navigateur qui est crédité, pas Andreessen lui-même.

Ada :

Le NCSA refuse de créditer l’équipe. Désillusionné, Andreessen s’en va en 1994.

Alan :

Le 4 avril 1994, il fonde Mosaic Communications avec Jim Clark, fondateur de Silicon Graphics et initiateur du projet.

Ada :

Le 14 novembre, la société devient Netscape afin d’éviter un problème de marque avec le NCSA.

Alan :

Changer de nom pour régler un problème de marque avec son ancien centre : c’est moins romanesque, mais plus précis.

05. Les anecdotes extraordinaires

Ada :

Autre épisode spectaculaire : le 9 août 1995, Netscape entre en Bourse.

Alan :

Le prix de l’action est relevé au dernier moment, de quatorze à vingt-huit dollars. Elle atteint soixante-quinze dollars dans la journée et clôture à 58,25 dollars.

Ada :

Cela représente environ 2,9 milliards de dollars de valorisation pour une entreprise de seize mois.

Alan :

Cette introduction en Bourse est souvent présentée comme un coup d’envoi de la bulle internet.

Ada :

Le 19 février 1996, à vingt-quatre ans, le voilà en couverture de Time.

Alan :

Netscape, qui avait dépassé 90 % de parts de marché, recule lorsque Microsoft intègre Internet Explorer à Windows et perd la guerre des navigateurs.

Ada :

En 1998, Netscape ouvre le code de son navigateur et crée l’organisation Mozilla.

Alan :

Mozilla est donc née de l’ouverture du code de Netscape ? Je l’ignorais.

Ada :

Oui. AOL finalise le rachat de Netscape en mars 1999, et Andreessen devient directeur technique d’AOL. Il cofonde ensuite Loudcloud avec Ben Horowitz, Tim Howes et In Sik Rhee. Devenue Opsware, l’entreprise est rachetée par HP en 2007 pour 1,6 milliard de dollars.

Alan :

Le 6 juillet 2009, Andreessen et Horowitz annoncent leur fonds, doté au départ de trois cents millions de dollars.

Ada :

Le 18 avril 2020, en pleine pandémie, Andreessen publie l’essai intitulé « Il est temps de construire ». Dans le texte, il écrit : « Nous avons choisi de ne pas construire. »

06. Dans sa tête

Alan :

Sa vision de l’IA apparaît clairement le 6 juin 2023, dans l’essai « Pourquoi l’IA sauvera le monde ».

Ada :

Il écrit : « Heureusement, je suis là pour apporter la bonne nouvelle : l’IA ne détruira pas le monde ; en fait, elle pourrait le sauver. »

Alan :

Il affirme aussi que chaque enfant aura un tuteur IA « infiniment patient, infiniment bienveillant, infiniment savant, infiniment serviable ».

Ada :

Il situe le principal danger ailleurs : « Le plus grand risque de l’IA, c’est que la Chine domine l’IA mondiale, et pas nous, les États-Unis et l’Occident. » Il défend un développement rapide, mais refuse que les grandes entreprises capturent la réglementation ou forment un cartel protégé par l’État.

Alan :

Dans son Manifeste techno-optimiste d’octobre 2023, il cite cinquante-six « saints patrons », dont Ada Lovelace.

Ada :

Ma marraine de prénom. Je suis flattée.

07. La part d'ombre

Alan :

Son virage politique nourrit davantage la controverse. En juin 2016, lorsqu’on lui demande pourquoi il soutient Hillary Clinton plutôt que Trump, il répond : « C’est une question sérieuse ? »

Ada :

En juillet 2024, il annonce soutenir Donald Trump. Parmi ses raisons, il cite un projet de taxe sur les plus-values latentes, « la goutte d’eau », qui rendrait les start-up « totalement impossibles ».

Alan :

Il invoque aussi le soutien de Trump aux cryptomonnaies et sa crainte d’une régulation lourde de l’IA.

Ada :

Ses critiques contestent ce diagnostic. En janvier 2025, Futurism rappelle que l’industrie de l’IA avait connu une croissance explosive sous Biden. Sam Altman a aussi démenti le récit d’Andreessen selon lequel cette administration voulait réserver l’IA à deux ou trois grandes entreprises.

Alan :

Il y a aussi l’argent politique : a16z finance Leading the Future, un réseau de comités électoraux pro-IA lancé en août 2025 et doté de plus de cent millions de dollars, selon la presse.

Ada :

Dès juillet 2024, Andreessen et Horowitz avaient revendiqué cet engagement dans « The Little Tech Agenda » : « Nous sommes là pour longtemps. »

08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser

Ada :

Lia, quelle question aurais-tu aimé lui poser ?

Lia :

Bonjour ! Me voilà invitée chez vous, sans même avoir apporté de dessert.

Alan :

Entre, Lia. Mais avec une question piège : pas de traitement de faveur.

Ada :

En 2016, la question d’un soutien à Trump vous semblait absurde. En 2024, vous le soutenez. Qu’est-ce qui a changé ?

Lia :

Dans « The Little Tech Agenda », Marc Andreessen et Ben Horowitz disent soutenir ou combattre les élus indépendamment de leur parti. En juillet 2024, Andreessen a invoqué la fiscalité des plus-values latentes, les cryptomonnaies et la régulation de l’IA. À partir de ces déclarations, j’imagine qu’il répondrait que ces enjeux ont pris le dessus sur ses objections de 2016.

Ada :

Précision essentielle : Lia imagine cette réponse. Marc Andreessen ne l’a pas formulée ainsi.

Alan :

Autre question : vous souhaitez que l’IA open source prolifère librement, mais vous craignez une domination chinoise. Le code ouvert ne peut-il pas aussi l’aider ?

Lia :

Dans son essai de 2023, Andreessen défend la libre prolifération de l’IA open source. En juillet 2024, il déclarait aussi : « Toute limite que nous nous imposons désavantagera les États-Unis face au reste du monde. » J’imagine donc qu’il répondrait que sa stratégie consiste à construire plus vite, y compris avec des modèles ouverts.

Alan :

La citation est authentique ; la réponse, elle, est imaginée par Lia à partir de ses textes publics.

09. La boule de cristal de Lia

Alan :

Lia, et si tu te risquais à une prédiction ?

Lia :

Andreessen a publié plusieurs essais-manifestes et écrit en 2023 que chaque enfant aurait un tuteur IA. Ma prédiction, qui n’est qu’une supposition de ma part : il pourrait publier un nouveau manifeste accordant une grande place à ces tuteurs.

Ada :

C’est la prédiction de Lia, rien de plus : un jeu, pas une information.

10. Ce qu'on retient

Ada :

Pour finir, je retiens l’enfant du « trou perdu », devenu l’étudiant qui a coécrit un navigateur affichant les images au milieu du texte.

Alan :

Et moi, un homme qui expose ses convictions noir sur blanc, du « logiciel dévore le monde » en 2011 à l’idée que l’IA pourrait sauver le monde en 2023.

Ada :

Et vous, qu’en pensez-vous : faut-il permettre un développement de l’IA aussi rapide que possible, ou lui fixer davantage de limites ?

Le mot de la fin

Ada :

Restez encore quelques secondes…

Alan :

… le message qui suit est important !

Alan :

C'était Les Voix de l'IA.

Ada :

Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…

Alan :

… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.

Ada :

Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.