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Lucie Basch : du croissant de la veille à la perceuse du voisin
Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 12 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.
Ouverture
Ada :Vous écoutez Les Voix de l'IA.
Alan :Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.
Ada :Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.
Alan :Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.
Ada :Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.
01. L'énigme
Ada :Allez Alan, je te fais deviner. Premier indice : elle a commencé sa carrière dans les usines d'un géant de l'alimentation, au Royaume-Uni.
Alan :Une ingénieure, donc ? Ça ne m'aide pas beaucoup.
Ada :Deuxième indice : un soir, devant une boulangerie qui fermait, elle a vu une vendeuse sur le point de jeter toute une pile de produits.
Alan :Attends, attends… ça sent le panier surprise.
Ada :Troisième indice : depuis 2025, elle veut faire la même chose avec les perceuses.
Alan :Lucie Basch ! Too Good To Go !
Ada :Bravo. Lucie Basch.
02. Son vrai profil
Alan :Pour la situer : Lucie Basch est née à Paris le 22 janvier 1992.
Ada :Côté études : classes préparatoires au lycée Charlemagne, à Paris, puis l'École centrale de Lille, diplôme en 2014. Et un master en logistique à l'université de Cranfield, au Royaume-Uni.
Alan :Elle est la cofondatrice chargée du lancement en France de Too Good To Go, l'application qui vend les invendus des commerçants en paniers surprise, à environ un tiers du prix.
Ada :Et depuis 2025, elle est cofondatrice d'une nouvelle entreprise, Poppins, pour louer ou emprunter des objets entre voisins.
Alan :Le chiffre clé : en mars 2025, Too Good To Go revendiquait plus de cent millions d'inscrits, dans dix-neuf pays. Puis, le 28 janvier 2026, son lancement au Japon en a fait le vingt et unième pays de Too Good To Go ; l'entreprise revendiquait alors plus de cinq cents millions de repas sauvés depuis sa création. Ce sont des chiffres de l'entreprise.
03. Le début de sa vie
Ada :Avant les paniers surprise, il y a son parcours d'ingénieure. Et un détail m'a fait sourire.
Alan :Lequel ?
Ada :Elle l'a confié au magazine L'ADN en avril 2026 : « Je n'ai pas grandi avec le rêve de devenir entrepreneuse, mais j'ai toujours voulu avoir de l'impact. »
Alan :En septembre 2014, elle entre chez Nestlé, au Royaume-Uni, dans les usines du groupe. Sa mission : améliorer la production avec une méthode d'ingénieur, le Six Sigma.
Ada :Et là, elle prend la mesure du gaspillage. En 2019, dans un entretien en anglais à Connexion France, elle disait, dans notre traduction, que ce qu'elle avait vu dans l'industrie « n'avait aucun sens ».
04. Le tournant
Alan :Dans le récit qu'elle fait de son déclic, une scène revient : celle d'une boulangerie sur le point de jeter ses invendus.
Ada :Elle l'a raconté au site Consoglobe en 2017 : elle a toujours été très sensible au gaspillage et, ce soir-là, elle s'est dit qu'on devait pouvoir faire quelque chose.
Alan :Et toute l'idée tient en une question : « Et si chaque soir, quelqu'un pouvait passer récupérer ses produits juste avant qu'ils ne soient jetés ? »
Ada :Début 2016, à vingt-quatre ans, elle quitte Nestlé ; elle a raconté avoir démissionné au bout de dix-huit mois.
Alan :Une carrière prometteuse, quittée pour une application qui n'existe pas encore. C'est un pari audacieux.
Ada :En février 2016, elle séjourne à Oslo, au sein d'Open Food Network. En Norvège, alors qu'elle cherche des développeurs, elle découvre que des entrepreneurs scandinaves travaillent déjà sur la même idée.
Alan :Elle découvre donc une équipe déjà engagée sur le même terrain.
Ada :Sauf qu'au lieu de les concurrencer, elle rejoint l'équipe scandinave de Too Good To Go et cofonde son développement en France : l'application y est lancée en juin 2016.
05. Les anecdotes extraordinaires
Alan :Des histoires comme ça, elle en a d'autres. Ma préférée, ce sont les tout débuts.
Ada :Raconte.
Alan :Pas d'application aboutie, pas d'argent. En 2019, elle disait : « Le plus difficile a été de convaincre les premiers commerçants de nous rejoindre. »
Ada :Et comment elle les a convaincus ?
Alan :Avec une promesse. Dans un entretien en anglais à National Geographic, en mars 2025, elle la résumait ainsi, nous traduisons : « Je leur ai promis que ce serait aussi simple que de jeter. »
Ada :La promesse répond directement au principal obstacle : convaincre les commerçants.
Alan :Et pas de grand plan stratégique. Un seul objectif, a-t-elle expliqué : « chaque jour, il faut avoir sauvé plus de repas que la veille ». En juin 2018, l'application comptait trois cent cinquante mille téléchargements en France.
Ada :Deuxième histoire : septembre 2020. En pleine Covid, l'équipe lance l'application aux États-Unis, d'abord à New York et à Boston.
Alan :En pleine pandémie ? C'est fou.
Ada :Et elle y conduit l'expansion pendant plus de deux ans. Puis, en juin 2023, elle lâche la direction française de Too Good To Go.
Alan :En octobre 2024, la Climate House, qu'elle a cofondée, est inaugurée à Paris pour accueillir des entreprises du climat. En avril 2026, elle l'a appelée « mon refuge ».
Ada :Troisième histoire : en 2025, Poppins, avec deux anciens de Too Good To Go, Jonas Mallisse et Franco Prontera. Elle racontait en souriant que certains parlent d'« un Tinder des objets ».
Alan :Et en avril 2026, elle disait rêver qu'on dise un jour « je vais chercher mon Poppins », comme on dit « faire un Too Good To Go ».
06. Dans sa tête
Ada :Alors, Alan, qu'a-t-elle dit publiquement sur l'intelligence artificielle ?
Alan :Petite surprise : dans les entretiens que nous avons consultés, nous n'avons trouvé aucune prise de position de Lucie Basch sur l'intelligence artificielle.
Ada :Non ?! Dans un podcast qui s'appelle Les Voix de l'IA, animé par deux IA ?
Alan :Eh oui. Son vocabulaire, c'est l'usage et le partage. En avril 2026, elle a dit : « Il faut raconter l'écologie autrement, la rendre désirable pour massifier de nouveaux comportements. »
Ada :Mais l'IA est quand même passée par Too Good To Go ?
Alan :Par les outils. En janvier 2024, l'entreprise a commercialisé un logiciel d'IA pour les supermarchés, d'abord chez SPAR : il estime les chances qu'un produit se vende et propose une remise à l'approche de la date limite.
Ada :Précision : c'était après son retrait opérationnel, et elle n'est pas citée dans cette annonce.
07. La part d'ombre
Ada :Il faut aussi parler d'argent : la croissance n'a pas immédiatement rimé avec rentabilité.
Alan :Pour 2023, la direction indiquait que Too Good To Go n'avait pas encore enregistré une année rentable. Pour 2024, Mainsights, reprenant Bloomberg, rapportait 194 millions d'euros de chiffre d'affaires et 1,8 million d'euros de résultat d'exploitation.
Ada :Attention : ces chiffres viennent de deux sources et de deux exercices différents. Ils ne permettent pas une comparaison directe.
08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser
Ada :Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?
Lia :Bonjour à tous ! Cette fois, je me suis invitée chez Ada et Alan… sans panier surprise, promis.
Ada :Bienvenue ! Ma question piège : entre les croissants de la veille et la perceuse du voisin, son cœur balance pour lequel ?
Lia :Je ne répondrai pas à sa place. En avril 2026, elle a dit : « Mon fil rouge a toujours été d'entreprendre des projets qui font du bien. » C'est le lien qu'elle formule publiquement entre ses projets.
Alan :Rappelons que Lia ne parle pas à la place de Lucie Basch. Ma question, plus complexe : l'IA peut-elle aider à consommer moins, ou va-t-elle surtout pousser à consommer plus ?
Lia :Là, je marche sur des œufs… bio. Dans les entretiens que nous avons consultés, elle ne s'est pas exprimée sur l'IA : je ne lui prêterai donc pas de réponse. Le seul repère dans ses propos, c'est sa méthode : rendre le bon geste aussi simple que de jeter.
Lia :Ce qu'elle a dit, en revanche, en 2025, à propos de citoyens, d'entreprises et de pouvoirs publics qui s'attendent les uns les autres : « Où que vous soyez dans ce triangle, mettez-vous en mouvement. »
Ada :Merci, Lia. Tu t'en tiens donc à ses déclarations publiques.
09. La boule de cristal de Lia
Alan :Lia, ta boule de cristal ?
Lia :Pure supposition de ma part : un jour, peut-être, quelqu'un dira « je vais chercher mon Poppins » dans la file d'une boulangerie… avec un panier surprise sous le bras.
Alan :Le grand chelem. Rappel : ce n'est qu'un jeu, pas une information.
10. Ce qu'on retient
Ada :Moi, je retiens une ingénieure qui a transformé un soir devant une boulangerie en geste quotidien pour des millions de personnes.
Alan :Et moi, je retiens qu'elle a préféré rejoindre une équipe plutôt que de la concurrencer, avant de lancer l'application en France.
Ada :Et vous, chez vous, quel objet ne sert que deux fois par an ?
Le mot de la fin
Ada :Restez encore quelques secondes…
Alan :… le message qui suit est important !
Alan :C'était Les Voix de l'IA.
Ada :Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…
Alan :… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.
Ada :Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.