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Liang Wenfeng : le discret de DeepSeek qui a secoué la tech
Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 11 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.
Ouverture
Ada :Vous écoutez Les Voix de l'IA.
Alan :Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.
Ada :Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.
Alan :Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.
Ada :Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.
01. L'énigme
Ada :Premier indice : en 1998, au lycée, notre invité faisait du calcul intégral… pendant ses loisirs.
Alan :Pendant ses loisirs ? Moi, pour me détendre, je compte des tokens. Chacun son truc.
Ada :Deuxième indice : il a comparé ses achats de puces graphiques à l'achat d'un piano pour la maison.
Ada :Troisième indice : le 27 janvier 2025, l'application de sa société passe devant ChatGPT sur l'App Store américain. Le même jour, Nvidia perd près de cinq cent quatre-vingt-neuf milliards de dollars de capitalisation.
Alan :Là, je l'ai ! Le fondateur de DeepSeek : Liang Wenfeng !
Ada :Gagné. Un homme qui parle très peu… et dont tout le monde parle.
02. Son vrai profil
Ada :Sa carte d'identité, Alan ?
Alan :Il est chinois, né en 1985. Sa date de naissance exacte n'est pas confirmée.
Alan :Côté études, il obtient une licence en ingénierie de l'information électronique en 2007. Il décroche ensuite un master à l'université du Zhejiang, en juin 2010.
Ada :Et son poste ?
Alan :Il a cofondé High-Flyer, un fonds d'investissement quantitatif. Puis il a fondé DeepSeek, devenue une société indépendante le 17 juillet 2023. En octobre 2026, il en était toujours le CEO.
Ada :Un chiffre clé ?
Alan :Cent soixante : c'est le nombre de salariés de DeepSeek en 2025. Et début octobre 2026, selon Bloomberg, la société négociait une levée d'au moins douze milliards de dollars, avant une introduction en Bourse envisagée pour début 2027. Rien n'était encore bouclé.
03. Le début de sa vie
Ada :Mais avant tout ça, il y a un enfant du Guangdong, né dans le village de Mililing, à Wuchuan.
Alan :Il l'a raconté lui-même en juillet 2024. Il a grandi dans les années quatre-vingt, dans une « ville de cinquième rang », et son père était instituteur.
Ada :Des habitants du village ont décrit au Financial Times un excellent élève, un as des maths, qui adorait les bandes dessinées.
Alan :Et selon l'un d'eux, il jouait aussi un peu au football. Un matheux, mais pas que.
Ada :À chaque examen de maths, il finissait dans les trois premiers. En 2002, au gaokao, le concours d'entrée à l'université, il obtient huit cent six points.
Alan :C'est la meilleure note de la région de Zhanjiang ! Son score est juste au-dessus du seuil de Tsinghua, et pourtant il choisit l'université du Zhejiang.
Ada :Et son mémoire de master s'intitule « Étude d'un algorithme de suivi de cible avec une caméra orientable à bas coût ».
Alan :À bas coût. Tout est déjà là.
04. Le tournant
Alan :Et c'est en 2008 que tout bascule. En pleine crise financière, il réunit des camarades pour collecter des données de marché et tester le trading automatisé par apprentissage automatique.
Ada :Après son master, pas de poste de programmeur dans une grande entreprise. Selon le média chinois 36Kr, il s'installe dans un logement bon marché à Chengdu.
Alan :Il essaie de nombreux secteurs et il enchaîne les échecs. Il finit par choisir la finance, l'un des terrains les plus complexes.
Ada :En 2013, il crée Jacobi avec Xu Jin, un ancien de son université. High-Flyer est ensuite fondé en 2015 sous la forme de Zhejiang Jiuzhang, puis Ningbo High-Flyer est créé en 2016.
Alan :Et il accumule la puissance de calcul. Il l'a raconté en mai 2023 : une seule carte au départ, cent en 2015, mille en 2019, puis dix mille.
Ada :Parmi elles, environ dix mille puces Nvidia A100, achetées avant les restrictions américaines.
Alan :En mai 2023, il annonce un projet consacré à l'intelligence artificielle générale. Deux mois plus tard, DeepSeek est née.
05. Les anecdotes extraordinaires
Ada :Des histoires étonnantes, il en a d'autres. Tu connais celle de l'aéronef ?
Ada :Selon 36Kr, à ses débuts, un ami bricolait un aéronef « peu sérieux » dans un village urbain de Shenzhen. Il lui propose de le rejoindre, et Liang Wenfeng dit non.
Alan :Et l'ami ?
Ada :36Kr présente cet ami comme un futur fondateur de DJI. Dans un autre article, le média écrit seulement que, « selon certaines informations », Wang Tao aurait invité Liang à créer une entreprise avec lui.
Alan :Non ?! Bon, deuxième histoire. Un partenaire d'affaires l'a décrit au Financial Times comme un homme très nerd.
Alan :Et cet homme parlait déjà de construire un cluster de dix mille puces.
Ada :Et il assume ! En mai 2023, il a dit : « C'est comme acheter un piano pour la maison : d'abord on peut se le payer, ensuite il y a des gens impatients d'en jouer. »
Alan :La troisième, c'est ma préférée. Le 20 janvier 2025, vers midi, il fait publier R1. Juste après, il se rend à Zhongnanhai, pour un symposium présidé par le Premier ministre Li Tsiang.
Ada :Il y est le seul représentant d'une société de grands modèles. Et en voyant les images, un journaliste chinois a écrit qu'on pourrait le prendre pour un représentant étudiant !
06. Dans sa tête
Ada :Mais alors, que dit-il de l'IA ?
Alan :D'abord, l'ouverture. Il l'a dit en juillet 2024 : « Face aux technologies de rupture, le fossé protecteur créé par le code fermé est éphémère. Même fermé, OpenAI ne peut empêcher d'être rattrapé. »
Ada :D'ailleurs, R1 a été publié sous licence MIT, et DeepSeek le présente comme un modèle ouvert. En juillet 2024, Liang ajoutait : « Je pense que l'innovation est d'abord une question de conviction. »
Alan :En 2026, selon Bloomberg, il s'est engagé devant des investisseurs à garder les modèles ouverts. Pour lui, l'AGI passe avant les rendements commerciaux.
07. La part d'ombre
Alan :Il y a aussi des critiques sérieuses. D'abord sur le coût de ses modèles.
Ada :Les fameux cinq virgule six millions de dollars ?
Alan :Ce chiffre ne couvre que l'entraînement final du modèle V3, pas le coût total. Dans leur avis conjoint du 8 septembre 2026, la NSA, la CISA et le FBI ont qualifié ce chiffre de « trompeur ».
Ada :Ce même avis parle de distillation, c'est-à-dire apprendre à partir des réponses d'un autre modèle. En février 2026, Anthropic évoquait plus de cent cinquante mille échanges attribués à DeepSeek.
Alan :La seule réponse publique date de septembre 2025, dans la revue Nature. L'équipe y dit avoir utilisé un apprentissage par renforcement pur. Sur les accusations de 2026, aucune réponse n'a été trouvée.
Ada :Il y a aussi la censure des sujets sensibles en Chine, sans réponse publique de sa part. Le 22 septembre 2026, le régulateur chinois d'Internet a ouvert une enquête après des affirmations d'Anthropic selon lesquelles DeepSeek et Moonshot faisaient transiter des données sensibles d'utilisateurs vers Claude. Lors de l'ouverture de l'enquête, aucune sanction n'avait été décidée.
08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser
Ada :Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?
Lia :Avec plaisir ! Je précise que je suis une IA : je ne parle pas à sa place, je dis seulement ce que les sources permettent d'en dire. Ma question : en juillet 2024, il affirmait que son problème n'avait jamais été l'argent, mais l'embargo sur les puces. Alors pourquoi négocier, en octobre 2026, au moins douze milliards de dollars ?
Ada :Belle question piège. Et que disent les sources ?
Lia :Il ne s'en est pas expliqué publiquement. Selon Bloomberg, l'argent doit notamment financer un grand centre de données en Mongolie-Intérieure, avec au moins cent soixante mille puces Huawei. Le lien entre l'argent et les puces, ce sont ces sources qui le font, pas lui.
Alan :Ma question à moi : l'ouverture peut-elle survivre à une entrée en Bourse, face à des actionnaires qui attendent des bénéfices ?
Lia :Sur la Bourse, il ne s'est pas exprimé publiquement. Mais en juillet 2024, il disait : « Nous ne passerons pas au code fermé. » Et en 2026, on l'a dit, il s'est engagé devant des investisseurs à garder les modèles ouverts. À mes yeux, la question reste de savoir si ces engagements résisteront aux marchés.
Ada :Ses propres mots et des informations de presse, donc : rien d'inventé.
09. La boule de cristal de Lia
Alan :Lia, ta boule de cristal ?
Lia :C'est ma supposition d'IA, rien de plus. Comme son quotidien reste consacré aux articles, au code et aux discussions de recherche, et qu'il n'a donné que deux grands entretiens, je ne serais pas surprise qu'il continue à signer des articles scientifiques plutôt qu'à multiplier les interviews.
Alan :Prédiction notée, mais ce n'est qu'un jeu : personne ne connaît l'avenir, pas même une IA.
10. Ce qu'on retient
Ada :Moi, je retiens un fils d'instituteur qui faisait des maths pour le plaisir. Et qui disait en 2024 recruter selon « la passion et la curiosité ».
Alan :Moi, je retiens un homme qui n'a donné que deux grands entretiens, et dont un modèle a secoué les marchés en une seule journée.
Ada :Et vous, qu'en pensez-vous : l'ouverture peut-elle rester une culture quand les milliards affluent ?
Le mot de la fin
Ada :Restez encore quelques secondes…
Alan :… le message qui suit est important !
Alan :C'était Les Voix de l'IA.
Ada :Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…
Alan :… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.
Ada :Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.