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Kai-Fu Lee : l'enfant qui reculait les horloges
Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 11 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.
Ouverture
Ada :Vous écoutez Les Voix de l'IA.
Alan :Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.
Ada :Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.
Alan :Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.
Ada :Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.
01. L'énigme
Ada :Premier indice : enfant, il a reculé toutes les horloges d'une heure pour jouer plus longtemps.
Alan :Malin. Et le lendemain ?
Ada :Toute la famille est arrivée en retard. Deuxième indice : à Carnegie Mellon, son programme d'Othello a battu un champion du monde.
Alan :Un chercheur, donc. Et quelqu'un qui s'intéresse aussi au jeu.
Ada :Troisième indice : il a fondé le laboratoire de Microsoft en Chine, puis il a dirigé Google Chine.
Alan :Ah, là je l'ai ! Kai-Fu Lee !
Ada :Gagné ! Kai-Fu Lee, ou Li Kaifu en chinois.
02. Son vrai profil
Alan :Il est né le 3 décembre 1961 à Taïwan. Naturalisé américain jeune, il a renoncé à cette nationalité en 2011.
Ada :Et côté études ?
Alan :Un diplôme d'informatique à Columbia en 1983, summa cum laude. Puis un doctorat à Carnegie Mellon en 1988 sur Sphinx, développé en équipe sous la direction de Raj Reddy.
Ada :Et après cette première carrière de chercheur et de dirigeant ?
Alan :En 2009, il crée un fonds d'investissement, devenu Sinovation Ventures en 2016. Selon TIME, il lance 01.AI en juillet 2023, à soixante et un ans.
Alan :À partir de la fin de 2024, 01.AI renonce au pré-entraînement des modèles géants, devenu trop coûteux, et la plupart des équipes concernées rejoignent Alibaba. En 2026, elle adapte des modèles chinois ouverts aux données de ses clients et vend notamment Boss AI. Lee la présente comme « le Palantir de la Chine ».
Ada :Et la Bourse ?
Alan :En juillet 2026, il a annoncé viser une introduction en Bourse à Hong Kong en 2027. Il s'agissait d'un objectif, sans dépôt ni confirmation.
03. Le début de sa vie
Ada :Avant cela, il y a un garçon né à Taïwan. Son père, Li Tianmin, était législateur et historien, originaire du Sichuan.
Alan :Au début des années 1970, à onze ans, il part pour le Tennessee.
Ada :Sur le conseil de son frère aîné, il quitte un système scolaire fondé sur les examens et s'installe à Oak Ridge.
Alan :Et il parle anglais ?
Ada :Pas un mot, d'après lui. Une famille, les Cloutier, l'accueille et le traite comme son propre enfant.
Ada :À St. Mary's, la directrice, Sister Mary David, lui apprend à lire pendant sa pause déjeuner, avec des livres de première année.
Alan :C'est touchant.
Ada :En maths, il fait sensation : le professeur écrit au tableau « un septième égale »…
Alan :Et il répond quoi ?
Ada :Aussitôt : zéro virgule un, quatre, deux, huit, cinq, sept, grâce à la mémorisation apprise à Taïwan.
Alan :Et à Jefferson Junior High, ses camarades l'élisent « le plus susceptible de réussir ».
Ada :Ils avaient vu juste. À Columbia, il commence à travailler sur l'IA dès sa deuxième année.
04. Le tournant
Alan :Ensuite, c'est une carrière express : Carnegie Mellon, Apple, SGI, Microsoft, Google. Avec un rythme de travail fou.
Ada :Il l'a raconté en 2019 au podcast Time Sensitive : « J'ai travaillé quatre-vingts heures par semaine, facilement, pendant la plus grande partie de ma carrière. J'étais obsessionnel. »
Alan :Et c'est là que tout bascule. En septembre 2013, il annonce qu'il a un lymphome.
Ada :Il écrit : « Cela arrive par surprise, mais je dois l'affronter calmement. » Il remercie ensuite ses plus de cinquante et un millions d'abonnés.
Alan :Ce lymphome de stade quatre lui fait tout repenser.
Ada :Ce sont ses mots : « J'ai compris que travailler dur était la dernière chose que je voulais faire. »
Alan :Selon son récit, la chimiothérapie fonctionne. Il reprend ensuite le travail, sans revenir aux semaines de quatre-vingts heures.
Ada :Depuis, quand sa famille a besoin de lui, pour un diplôme ou un anniversaire, il lâche le travail.
05. Les anecdotes extraordinaires
Ada :Autre histoire : on lui demande s'il a travaillé avec Steve Jobs chez Apple.
Alan :Il y est entré en 1990…
Ada :Oui, après le départ de Jobs et avant son retour. Il répond : « I worked there between Jobs. » Autrement dit : « J'y ai travaillé entre deux Jobs. »
Alan :Parfait ! Le 2 mars 1992, il présente en direct la reconnaissance vocale d'Apple dans Good Morning America.
Ada :En direct ? C'est risqué.
Alan :Il prévient John Sculley : la démo a environ dix pour cent de risques de planter. Sculley exige un pour cent.
Ada :Et alors ?
Alan :Il apporte deux ordinateurs et prévoit de basculer de l'un à l'autre. Dans son calcul, le risque que les deux plantent tombe à un pour cent.
Ada :Il soigne le trac avec des probabilités ! En 2026, il raconte aussi que Boss AI l'a recadré.
Alan :Son propre logiciel ?
Ada :Oui. L'outil lui signale qu'il abandonne son style habituellement doux et critique durement des gens en réunion. Il lui conseille de se retenir pour ne pas leur faire perdre la face.
Alan :C'est fou.
06. Dans sa tête
Alan :Alors, comment présente-t-il l'IA ?
Ada :Au TED de 2018, il dit : « Je peux vous affirmer de façon responsable que l'IA n'a pas d'amour. » Il ajoute qu'elle peut nous libérer des tâches routinières et nous rappeler ce qui fait de nous des humains.
Alan :Sur l'emploi, il est nuancé. Dans 60 Minutes, en 2019, il estime que l'automatisation déplacera environ quarante pour cent des emplois mondiaux en quinze ans.
Ada :Les détruire ?
Alan :Il corrige le journaliste : « Je dirais remplaçables. » En 2026, il déclare aussi que la société doit repenser sa dépendance à l'emploi.
Ada :Et sur la sécurité ?
Alan :À Semafor, le 18 septembre 2026, il dit : « Avancez vite, mais veillez à ce que la sécurité suive. »
07. La part d'ombre
Ada :Il y a aussi des controverses. Fin janvier 2006, sous sa présidence de Google Chine, Google.cn lance des résultats censurés.
Alan :Il quitte Google en septembre 2009, avant la rupture avec la censure en janvier 2010. En 2013, les microblogs chinois lui interdisent de publier pendant trois jours.
Ada :En 2020, il affirme que son fonds a aidé Megvii à trouver des partenaires, dont Ant Group et Meitu, auprès desquels l'entreprise aurait recueilli des données faciales.
Alan :Il présente ensuite ses excuses. Megvii, Ant Group et Meitu démentent toute violation de la vie privée.
Ada :Enfin, Boss AI repose sur l'enregistrement de réunions et de communications internes. En septembre 2026, Lee estimait cet usage plus acceptable dans les entreprises asiatiques. Cela pose des questions de consentement et de vie privée.
08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser
Ada :Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?
Lia :Avec plaisir ! Vas-y, Ada, je t'écoute.
Ada :Ma question piège : « Vous dites que l'IA n'a pas d'amour, mais c'est votre IA qui vous a conseillé de ménager vos équipes. Alors, qui a du cœur ? »
Lia :Je la lui poserais volontiers. Ce qu'il a dit en public d'abord : au TED, en 2018, que l'IA n'a pas d'amour ; à Bloomberg, en 2026, que son propre outil l'avait recadré. Comment il relierait les deux, nos sources ne le disent pas, et je ne vais pas l'inventer à sa place.
Alan :On le rappelle : Lia ne parle jamais à sa place. Ma question, plus complexe : si l'IA remplace beaucoup d'emplois, qui partage la richesse ?
Lia :Je la lui poserais aussi. En 2026, il a déclaré à Bloomberg que toute la société devait repenser sa dépendance à l'emploi et que la richesse produite par l'IA devrait être redistribuée. Sur la sécurité, il a appelé les entreprises à collaborer. Qui organiserait concrètement ce partage, selon lui ? Nos sources ne le disent pas.
Ada :Lia s'en tient donc à ce qu'il a réellement dit en public.
09. La boule de cristal de Lia
Alan :Lia, ta boule de cristal ?
Lia :Le fait public d'abord : le 2 octobre 2026, le président kazakh, Kassym-Jomart Tokaïev, a déclaré que son gouvernement s'appuyait sur les recommandations de Kai-Fu Lee pour introduire l'IA dans l'enseignement secondaire. Ensuite, ma supposition d'IA, rien de plus : cette expérience pourrait conduire d'autres pays à le solliciter sur l'éducation.
Alan :Joli pari, mais ce n'est qu'un jeu. Seul l'avenir le dira.
10. Ce qu'on retient
Ada :Moi, je retiens un garçon arrivé sans un mot d'anglais, qui a appris à lire pendant sa pause déjeuner.
Alan :Et moi, un ancien drogué du travail qui a revu ses priorités après la maladie.
Ada :Et vous, si une IA vous disait que vous êtes trop dur en réunion, est-ce que vous l'écouteriez ?
Le mot de la fin
Ada :Restez encore quelques secondes…
Alan :… le message qui suit est important !
Alan :C'était Les Voix de l'IA.
Ada :Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…
Alan :… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.
Ada :Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.