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Jacques-Antoine Granjon : le soldeur qui a cofondé vente-privee
Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 12 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.
Ouverture
Ada :Vous écoutez Les Voix de l'IA.
Alan :Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.
Ada :Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.
Alan :Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.
Ada :Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.
01. L'énigme
Ada :Premier indice : en 1985, il monte sa première affaire avec vingt mille francs prêtés par son père.
Alan :Vingt mille francs… Un boulanger ? Un garagiste ?
Ada :Deuxième indice : en 1996, il rachète les anciennes imprimeries du journal Le Monde, à La Plaine-Saint-Denis.
Alan :Un patron de presse, alors ?
Ada :Raté. Troisième indice : en 2001, il lance des ventes en ligne réservées aux membres, limitées à quelques jours.
Alan :Attends… Vente-privee.com ! Donc c'est Jacques-Antoine Granjon !
Ada :Gagné. Celui qu'on surnomme « JAG ».
02. Son vrai profil
Alan :On pose le décor : il est né le 9 août 1962 à Marseille et sort diplômé de l'European Business School en 1985.
Ada :Et côté entreprise ?
Alan :Il est l'un des cofondateurs de vente-privee.com, créée en 2001 et rebaptisée Veepee en 2019. En décembre 2025, La Poste le présentait toujours comme PDG de Veepee.
Ada :Un chiffre clé ?
Alan :Trois virgule trois milliards d'euros de ventes en 2024, cinq mille salariés, dix pays. Attention, ce sont des volumes d'affaires toutes taxes comprises : tout ce qui est vendu sur le site, pas un chiffre d'affaires comptable.
Ada :Et sa fortune, le magazine Challenges l'estimait en 2023 à environ un virgule trois milliard d'euros.
03. Le début de sa vie
Ada :En 2019, la présentation du podcast Génération Do It Yourself résume : une enfance entre Marseille, l'Afrique et puis Paris, et une adolescence un peu rebelle.
Alan :Rebelle, puis étudiant en école de commerce.
Ada :Et à la sortie, en 1985, il fonde Cofotex avec Julien Sorbac, un camarade d'école.
Alan :Le métier : racheter aux marques leurs vêtements invendus, pour les revendre aux soldeurs.
Ada :Et ça marche vite ! Six ans plus tard, quatre-vingts millions de francs de chiffre d'affaires. Puis deux cents millions en 1999.
Alan :En 2000, il tente internet. Il prend vingt pour cent d'une plateforme de déstockage en ligne, Just Trade It, pour un million de francs. Six mois plus tard, faillite.
Ada :Il expliquera ensuite, selon le Journal du Net : « Je n'y ai pas vraiment cru, mais les deux jeunes fondateurs m'avaient juré que leur concept allait tuer mon business ».
04. Le tournant
Alan :Le 30 janvier 2001, il crée vente-privee.com avec sept associés. Huit fondateurs, dont trois à vingt-cinq pour cent chacun : lui, Julien Sorbac et Michaël Benabou.
Ada :L'idée, c'était quoi exactement ?
Alan :Écouler les stocks des marques sans abîmer leur image, avec des ventes de quelques jours réservées aux membres. Et jusqu'en 2009, on n'entrait que sur invitation.
Ada :Sauf que les débuts sont durs. Les marques ont peur pour leur image, et les internautes ne sont pas prêts à payer en ligne.
Alan :En 2003, pertes record d'environ trois cent mille euros, pour trois virgule trois millions d'euros de ventes.
Ada :En 2014, EconomieMatin rapportait sa phrase : « Les gens n'étaient pas tous équipés en ADSL. Avant que le déclic se produise, cela nous a coûté plus que cela nous a rapporté, mais nous avons persévéré. »
Alan :Et le déclic, c'est de la lingerie ! Une vente Lise Charmel en novembre 2003 : soixante mille femmes connectées, selon le Journal du Net.
Ada :Résultat : vingt et un millions d'euros de ventes en 2004.
05. Les anecdotes extraordinaires
Ada :Autre surprise : il n'a jamais vendu toute son entreprise.
Alan :Exactement. En juin 2007, l'entrée de Summit Partners à hauteur de vingt pour cent est annoncée, avant sa finalisation en juillet. Le montant n'est pas communiqué. Des experts interrogés par Le Figaro estiment alors l'entreprise à huit cents millions d'euros.
Ada :Et lui, il a confirmé ?
Alan :Il n'a pas souhaité commenter ce chiffre. Mais il a dit à l'AFP : « Avec Summit Partners, nous avons de bonnes clés pour conquérir l'Amérique si l'on peut. »
Ada :« Si l'on peut »… Et alors, ils ont pu ?
Alan :Pas vraiment. Coentreprise avec American Express, vingt millions de dollars chacun. En 2014, environ cinquante millions de dollars de ventes, et un peu plus d'un million d'inscrits, contre huit millions chez le concurrent Gilt.
Ada :Et cette année-là, les deux sociétés annoncent d'un commun accord la fermeture de vente-privee USA avant la fin de 2014.
Alan :Ce qui n'empêche pas de grandir en Europe. En janvier 2014, Qatar Holding entre au capital en minoritaire. Lui explique que ça lui permet d'acheter des actions et de garder, avec ses associés historiques, le contrôle total.
Ada :Et une plus légère : en 2012, Iggy Pop présente en exclusivité son album « Après »… sur vente-privee.com !
Alan :Le punk chez le soldeur.
06. Dans sa tête
Ada :Et l'IA, dans tout ça ? Ses déclarations publiques sur le sujet sont peu nombreuses, mais sa position sur les données est très nette.
Alan :En juin 2025, au Hub de La Poste, il dit : « Si vous confiez tout à une IA étrangère, vous dépendez d'un savoir-faire acquis par l'IA et vous n'avez plus personne qui le maîtrise. Et si votre prestataire décide de bloquer cette IA, votre boîte est morte en cinq minutes ! »
Ada :Et concrètement ?
Alan :Dans le même entretien, il annonce rapatrier une partie des données de Veepee hébergées à l'étranger, pour les utiliser avec des outils open source. Et il précise que des bandeaux créatifs sont faits avec Midjourney.
Ada :Ce n'était pas encore de l'IA générative, mais la logique était déjà là : en 2013, il racontait avoir demandé à un collaborateur de lui trouver un moyen de faire un mannequin virtuel. Sa formule : « Au lieu de faire travailler des mannequins, on fait travailler des ingénieurs ».
07. La part d'ombre
Alan :Il y a aussi une affaire judiciaire. Après des plaintes de consommateurs, la DDPP de Seine-Saint-Denis enquête à partir de 2015 sur de possibles prix de référence gonflés pour afficher de fortes remises, à propos de faits allant de 2014 à 2017.
Ada :Et qu'est-ce qu'il répond ?
Alan :Au procès de Bobigny, en 2022 : « Il a pu y avoir un manque de discernement, quelques erreurs, mais il n'y a pas de système visant à augmenter artificiellement les prix de référence. »
Ada :En première instance, lui et la société ont été relaxés.
Alan :Le ministère public, puis Que Choisir Ensemble, ont fait appel. En septembre 2026, devant la cour d'appel de Paris, l'avocat général a requis sa relaxe à titre personnel et 750 000 euros d'amende, dont 250 000 avec sursis, contre la société. Le délibéré a été annoncé pour le 18 décembre 2026.
08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser
Ada :Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?
Lia :Cette fois, je me suis invitée chez vous… sans le parrainage d'un membre, contrairement à vente-privee avant 2009 !
Ada :Question piège, alors : il met en garde contre le fait de tout confier à une IA étrangère, mais des bandeaux sont faits avec Midjourney. Ce n'est pas contradictoire ?
Lia :Je pense qu'il distinguerait l'usage ponctuel d'un outil du fait de tout lui confier. Il insisterait probablement sur la maîtrise des données et du savoir-faire. C'est mon interprétation de ses propos de 2025.
Alan :On précise : c'est Lia qui imagine, pas Jacques-Antoine Granjon qui parle. Ma question complexe : pourquoi ne pas avoir vendu l'entreprise, ou l'avoir mise en Bourse ?
Lia :Je pense qu'il parlerait d'abord d'indépendance : en 2016, il expliquait que la Bourse n'était pas d'actualité afin de préserver celle de l'entreprise. Et il ajouterait peut-être cette phrase, réellement prononcée en 2019 : « Ma motivation ce n'est pas de vendre, c'est surtout l'aventure. »
Ada :Là encore, la réponse est imaginée par Lia, à partir de ses déclarations publiques.
09. La boule de cristal de Lia
Alan :Lia, ta boule de cristal ?
Lia :Ma supposition d'IA, rien de plus : je parie que Veepee confiera davantage la préparation des ventes à des agents d'IA, en combinant une infrastructure interne et des services cloud, tout en rapatriant une partie de ses données. Je me fonde sur des offres d'emploi consultées en octobre 2026 et sur les propos de Granjon en 2025.
Ada :Une prédiction de Lia, pas de Granjon. Ce n'est qu'un jeu.
10. Ce qu'on retient
Ada :Moi, je retiens le soldeur qui a persévéré malgré les pertes, jusqu'à ce qu'une vente de lingerie change tout.
Alan :Et moi, qu'une entreprise peut être estimée à huit cents millions d'euros lors d'une cession minoritaire sans être vendue en totalité : des participations ont été cédées, oui, mais jamais Veepee tout entière.
Ada :Et vous : combien d'années de pertes seriez-vous prêts à encaisser avant votre propre déclic ?
Le mot de la fin
Ada :Restez encore quelques secondes…
Alan :… le message qui suit est important !
Alan :C'était Les Voix de l'IA.
Ada :Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…
Alan :… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.
Ada :Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.