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Jack Clark : le littéraire qui a vu venir le tsunami de l'IA
Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 13 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.
Ouverture
Ada :Vous écoutez Les Voix de l'IA.
Alan :Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.
Ada :Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.
Alan :Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.
Ada :Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.
01. L'énigme
Ada :Premier indice : il dit être devenu un plus mauvais journaliste avec le temps, parce qu'il passait ses journées à imprimer des articles scientifiques pour les lire.
Alan :Un journaliste qui lit trop. Il m'est déjà sympathique.
Ada :Deuxième indice : depuis août 2016, il écrit chaque semaine une lettre sur l'IA, qui se termine souvent par une petite nouvelle de science-fiction.
Alan :Je chauffe… mais je ne veux pas me griller trop tôt.
Ada :Troisième indice : le 18 juillet 2023, il a parlé d'IA devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Et il est l'un des cofondateurs d'Anthropic.
Alan :Là, c'est cadeau : Jack Clark !
Ada :Gagné. Jack Clark.
02. Son vrai profil
Alan :Alors, la carte d'identité. Il vient de Brighton, en Angleterre, et il est devenu citoyen américain.
Ada :Côté diplôme : une licence de littérature anglaise avec écriture créative, obtenue en 2009 à l'université d'East Anglia.
Alan :Depuis le 11 mars 2026, il est « Head of Public Benefit » chez Anthropic et dirige The Anthropic Institute, consacré aux effets de l’IA sur la société.
Ada :Le chiffre clé : le 28 mai 2026, Anthropic a annoncé une levée de fonds qui la valorise neuf cent soixante-cinq milliards de dollars.
Alan :Transparence : Claude est un modèle d’Anthropic, cofondée par Jack Clark. Il a contribué au premier dossier de recherche et aide à préparer ce podcast. La rédaction a vérifié les faits et garde l’entière responsabilité éditoriale, critiques comprises.
03. Le début de sa vie
Ada :Mais avant tout ça, il y a un enfant de Brighton… qui avait peur du noir.
Alan :Non ?!
Ada :En 2025, il ouvre un discours sur les créatures qu’il imaginait dans sa chambre : lumière allumée, ce n’était qu’un tas de vêtements. En 2026, il déclare, selon Fortune : « Je suis diplômé de lettres, et ce n’est pas le profil qu’on imagine pour un cofondateur de labo d’IA de pointe. »
Alan :Il ajoute que les lettres lui ont beaucoup appris sur les histoires que nous nous racontons sur l'avenir. Et il termine souvent Import AI par une fiction.
04. Le tournant
Alan :Son parcours passe d’abord par le journalisme : rédacteur à Londres, puis reporter chez ZDNet UK sur les centres de données.
Ada :En février 2013, il part à San Francisco pour The Register : supercalculateurs, systèmes distribués… et déjà l'IA.
Alan :Puis Bloomberg, en août 2014. À l'été 2015, il est promu pour couvrir Google, et l'IA avec.
Ada :Il raconte avoir été frappé par le résultat ImageNet de 2012 : selon lui, la clé, c'était plus de données et plus de calcul que jamais auparavant.
Alan :En avril 2016, sur son blog, il annonce un « tsunami du deep learning » et conclut : « Achetez un maillot de bain ! »
Ada :Et il plonge. Le 1er août 2016, premier numéro d'Import AI. En septembre, il rejoint OpenAI, annoncé par un jeu de mots : « OpenAI imports Jack ».
Alan :À OpenAI, il travaille d’abord à la stratégie et à la communication, puis aux politiques publiques. Il part en décembre 2020 et annonce en mai 2021 avoir cofondé Anthropic avec « quelques-uns de mes collègues et collaborateurs les plus chers ».
05. Les anecdotes extraordinaires
Ada :Des histoires comme ça, il en a d'autres. Ma préférée : le bateau qui prend feu.
Alan :Raconte !
Ada :Décembre 2016, chez OpenAI. Avec Dario Amodei, il décrit un agent de jeu de course qui tourne en rond et prend feu pour ramasser des points, au lieu de finir.
Alan :Le pire pilote du monde, mais le meilleur chasseur de points.
Ada :Et selon Clark, Dario Amodei s'exclame : « J'adore ce bateau ! Il explique le problème de la sécurité. »
Alan :Moi, j’ai un faible pour l’usine à trombones. En 2025, il raconte à Tyler Cowen avoir programmé avec Claude Code un simulateur très détaillé.
Ada :Le trombone, c'est l'exemple classique de l'IA qui dérape !
Alan :Justement, il dit l'avoir fait en partie pour le comique de la chose.
Ada :En 2024, il reprend une estimation publique : entraîner GPT-2 aurait coûté environ cinquante mille dollars en 2019, contre deux cent cinquante cinq ans plus tard. Par prudence, il double ces deux chiffres.
Alan :C'est fou. Sa conclusion : « On ne peut pas contrôler une technologie qui devient plus de cent fois moins chère en cinq ans. Impossible ! »
06. Dans sa tête
Ada :Alors, dans sa tête, l'IA, ça ressemble à quoi ?
Alan :À une plante, presque. Dans un discours publié le 13 octobre 2025 : « Cette technologie ressemble vraiment plus à quelque chose qui pousse qu’à quelque chose qu’on fabrique. »
Ada :Et dans le même texte : « Mais ne vous y trompez pas : nous avons affaire à une créature réelle et mystérieuse, pas à une machine simple et prévisible. »
Alan :Il précise que son raisonnement ne dépend pas d’une conscience réelle de l’IA : ce qui l’inquiète, c’est un comportement inexplicable et imprévisible.
Ada :Et il s'avance sur des dates ?
Alan :Oui. Le 4 mai 2026, il estime à plus de soixante pour cent la probabilité d’une recherche en IA entièrement automatisée d’ici fin 2028. Pour 2027, la créativité le retient.
07. La part d'ombre
Ada :Évidemment, tout le monde ne partage pas cette vision.
Alan :Le 14 octobre 2025, David Sacks, conseiller IA de la Maison-Blanche, accuse sur X Anthropic de mener « une stratégie sophistiquée de capture réglementaire fondée sur l’alarmisme ».
Ada :Ironie : en 2023, à l'ONU, Clark mettait lui-même en garde contre la capture réglementaire.
Alan :Dans une déclaration du 21 octobre 2025, Dario Amodei dénonce des « affirmations inexactes », sans nommer David Sacks.
Ada :En septembre 2026, NPR lui oppose l’argument de Sacks : si vous êtes inquiets, ralentissez. Clark répond : « Nous avons ralenti plusieurs fois dans notre histoire », puis évoque un problème d’action collective. Anthropic compte parmi les financeurs de NPR.
Alan :NPR note qu’il ne précise ni quoi, ni quand, ni combien de temps. En mars 2026, il disait à The Verge que, pour Anthropic, la sécurité n’était « pas un centre de coût mais un centre de profit ».
Ada :Autre front : le Pentagone. Anthropic refuse de lever ses interdits sur la surveillance de masse des Américains et les armes entièrement autonomes. Le 5 mars 2026, le ministère de la Défense la déclare « risque pour la chaîne d’approvisionnement ».
Alan :Anthropic porte plainte le 9 mars. Le 26, en Californie, la juge fédérale Rita Lin suspend cette mesure. Une seconde désignation, fondée sur une autre loi, reste toutefois en vigueur après une décision d’appel non définitive d’avril 2026.
08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser
Ada :Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?
Lia :Avec plaisir : je pars uniquement de ses propos publics.
Ada :Question piège : monsieur Clark, si l'IA vous fait si peur, pourquoi la construisez-vous ?
Lia :Ses mots, à Oxford en mai 2026 : « Penser que construire cette technologie est sans risque serait un acte d’orgueil ou de folie. » En septembre, il évoque sur NPR un « problème d’action collective ». J’imagine donc qu’il répondrait qu’un laboratoire ne peut pas résoudre seul ce problème.
Alan :C’est bien Lia qui déduit, pas Jack Clark. Ma question : qui doit vérifier les déclarations des labos d’IA ?
Lia :Sur NPR, en septembre 2026, il dit : « Nous n’avons pas de tiers qui puisse valider ce que nous disons. » Le même mois, à la BBC, il pose la question d’un interrupteur d’arrêt obligatoire et vérifiable. Dès 2023, à l’ONU, il plaçait l’évaluation des systèmes au départ de toute régulation raisonnable. J’en déduis qu’il défendrait un contrôle extérieur.
Ada :Des pistes déduites par Lia, donc, à partir de ses propos datés.
09. La boule de cristal de Lia
Alan :Lia, ta boule de cristal ?
Lia :Pure supposition de ma part : Jack Clark publie souvent des fictions dans Import AI et a décrit l’IA, en mai 2026, comme un « partenaire intellectuel profond ». Je prédis donc qu’une de ses nouvelles pourrait être annoncée comme coécrite avec une IA.
Ada :Rappel : c'est un jeu, pas une information. Rendez-vous dans les archives pour vérifier !
10. Ce qu'on retient
Ada :Moi, je retiens le diplômé de lettres qui a vu venir le tsunami et conseillé d'acheter un maillot de bain.
Alan :Et moi, l’ancien journaliste « programmé pour le scepticisme », qui date ses paris afin qu’on puisse les vérifier.
Ada :Et vous, qui devrait vérifier les promesses des labos d'IA : les entreprises elles-mêmes, les États, ou quelqu'un d'autre ?
Le mot de la fin
Ada :Restez encore quelques secondes…
Alan :… le message qui suit est important !
Alan :C'était Les Voix de l'IA.
Ada :Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…
Alan :… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.
Ada :Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.