← Harrison Chase : la page du portrait (lecteur, citations, sources)

Harrison Chase : du sport dans Excel à la licorne LangChain

Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 11 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.

Ouverture

Ada :

Vous écoutez Les Voix de l'IA.

Alan :

Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.

Ada :

Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.

Alan :

Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.

Ada :

Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.

01. L'énigme

Ada :

Alan, premier indice : il est venu à l'intelligence artificielle par les statistiques… en analysant du sport.

Alan :

Un entraîneur reconverti dans les algorithmes ?

Ada :

Raté. Deuxième indice : en octobre 2022, il publie un petit projet perso de quelques centaines de lignes de code. Un mois avant la sortie de ChatGPT.

Alan :

Attends… Un projet open source qui explose juste après ChatGPT…

Ada :

Troisième indice : ce projet est devenu une licorne qui aide à transformer les modèles de langage en agents, des programmes qui agissent seuls.

Alan :

Je l'ai ! Harrison Chase, le patron de LangChain !

Ada :

Bingo.

02. Son vrai profil

Alan :

Sa carte d'identité, alors. Harrison Chase a cofondé LangChain, et il en est le CEO depuis début 2023.

Ada :

Fin 2023, Forbes le présentait à vingt-neuf ans dans ses « 30 Under 30 ». Sa date de naissance et sa nationalité restent inconnues.

Alan :

Ses études : Harvard, promotion 2017, en statistiques et informatique.

Ada :

Et attention : LangChain ne fabrique pas de modèles d'IA. Elle fournit la couche logicielle pour orchestrer, observer, évaluer et déployer des agents.

Alan :

Le chiffre clé : en octobre 2025, l'entreprise a levé cent vingt-cinq millions de dollars, sur la base d'une valorisation d'un milliard deux cent cinquante millions de dollars.

Ada :

Et l'entreprise affirme travailler avec trente-cinq pour cent du Fortune 500. C'est elle qui le déclare, sans audit public.

03. Le début de sa vie

Ada :

Mais avant le code, il y a un ballon. Enfant, il joue beaucoup au football, appelé « soccer » aux États-Unis.

Alan :

Et il est grand fan de NBA et de NFL : basket et football américain.

Ada :

C'est le sport qui le mène vers l'IA. Il l'a dit au podcast Latent Space, le 6 septembre 2023 : « J'y suis venu par les statistiques, en faisant de l'analyse sportive. »

Alan :

En première année à Harvard, il rejoint le Sports Analytics Collective, un club d'analyse sportive. Il commence par des statistiques toutes simples… dans Excel.

Ada :

Dans Excel ! Le futur patron d'une licorne de l'IA.

Alan :

Oui, mais très vite il veut aller plus loin. D'où les statistiques et l'informatique.

Ada :

Et j'adore ce détail : sa bio LinkedIn tient dans une accolade, comme dans un programme. Sport, machine learning, génie logiciel, statistiques. Rien d'autre.

Alan :

Un CV en une ligne de code. C'est presque un manifeste.

04. Le tournant

Ada :

Et comment on passe d'Excel aux agents ? Il y a d'abord Kensho, une fintech née à Harvard en 2013.

Alan :

Sam Shleifer dit l'avoir embauché en 2016 ; des profils publics situent son temps plein en juillet 2017. Chez Kensho, il dirige l'équipe d'entity linking, qui relie les noms d'un texte à une base de données.

Ada :

En mars 2018, S&P Global annonce le rachat de Kensho pour environ cinq cent cinquante millions de dollars.

Alan :

En octobre 2019, il rejoint Robust Intelligence, qui teste et valide des modèles de machine learning. Il dirige l'équipe ML et y rencontre Ankush Gola, ancien de Facebook.

Ada :

Et c'est là que tout bascule. À l'automne 2022, encore salarié, il fréquente des meetups et croise des développeurs qui bricolent avec les modèles de langage.

Alan :

Le 24 octobre 2022, il publie LangChain sur son GitHub personnel et le présente comme un projet parallèle. Princeton indique toutefois qu'Ankush Gola a participé à une première version en 2022.

Ada :

Le mois suivant, ChatGPT sort, et le projet décolle. Il l'a écrit en octobre 2025 : « Il n'y avait pas d'entreprise à l'époque, et aucun grand plan pour ce que deviendrait le projet. »

Alan :

Début 2023, ils créent la société. Chase présente Gola comme « un bien meilleur ingénieur que moi ». Suivent un seed de dix millions de dollars mené par Benchmark en avril 2023, puis un tour de vingt-cinq millions mené par Sequoia en février 2024.

05. Les anecdotes extraordinaires

Ada :

Des histoires étonnantes, il en a d'autres. Avec tout ce passé de fan de sport, on lui a demandé si le film Moneyball l'avait inspiré.

Alan :

Le film culte sur les statistiques au baseball. Logique.

Ada :

Sa réponse, sur Latent Space en 2023 : « Honnêtement, pas vraiment. Je n'aime pas trop le baseball. »

Alan :

Franchise totale. Autre détail : la toute première version de LangChain. Il écrit qu'elle faisait « 800 lignes »… avec un point d'interrogation.

Ada :

Environ trois intégrations de modèles et trois types de chaînes. Pour les trois ans du projet, le 24 octobre 2025, il tweete : « Je n'aurais jamais pu imaginer ce que l'avenir réservait. »

Alan :

Julia Schottenstein, parmi les premières salariées, raconte que Chase voulait fêter son embauche autour d'un verre chez Rag & Bone, avant de découvrir que c'était une boutique de vêtements.

Ada :

Elle écrit aussi qu'elle a appris auprès du « meneur de cadence le plus rapide de la planète ».

Alan :

Et un clin d'œil français : le 5 octobre 2026, il était à Paris, à l'Opéra, pour un meetup avec les ingénieurs de Pigment.

06. Dans sa tête

Ada :

Mais au fond, c'est quoi un agent, pour lui ?

Alan :

Il l'a dit en 2024, au podcast Training Data de Sequoia : « Pour moi, il y a agent quand un LLM décide en quelque sorte du déroulé d'une application. »

Ada :

Et pour que ça marche, il insiste sur le contexte. Le 23 juin 2025, il écrit : « Les LLM ne lisent pas dans les pensées : il faut leur donner la bonne information. »

Alan :

C'est le « context engineering ». Il ne revendique pas le terme et cite notamment Tobi Lutke parmi les réflexions dont il s'inspire.

Ada :

Le 25 juillet 2026, il pousse l'idée dans un manifeste : « Si vous ne possédez pas le contexte et la mémoire, vous ne possédez pas l'intelligence qu'accumule votre système. »

Alan :

Autrement dit, pour une startup, le produit n'est pas le modèle. C'est le système autour.

07. La part d'ombre

Ada :

Tout n'a pas été simple. En 2023, des articles titrent « LangChain is Pointless », en gros : LangChain ne sert à rien.

Alan :

Le reproche : des couches de code trop lourdes. Lui-même a reconnu ensuite des instructions cachées au modèle, et des changements qui cassaient le code des utilisateurs.

Ada :

Sa réponse : LangGraph en 2024, un outil plus bas niveau, puis une réécriture complète, LangChain 1.0, en octobre 2025. Et le 12 février 2026, il écrit que le premier LangChain était « sans doute trop directif ».

Alan :

Autre débat : la valorisation de 1,25 milliard de dollars en octobre 2025. TechCrunch rapportait un revenu annuel récurrent de douze à seize millions en juin 2025, d'après des sources anonymes. Fortune indiquait ensuite que l'entreprise n'était pas encore rentable.

Ada :

Un débat sur le multiple, pas un scandale.

08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser

Ada :

Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ? Après un guide d'OpenAI qui égratigne les frameworks, il écrit : « Ce passage m'a d'abord mis en colère. » Alors, toujours fâché ?

Lia :

Après cette colère, il a publié une analyse détaillée plutôt qu'une riposte. En février 2026, il écrivait que les frameworks restent utiles s'ils évoluent aussi vite que les modèles. J'imagine qu'il répondrait : l'enjeu n'est pas la colère, mais leur capacité à suivre ce rythme.

Ada :

Petit rappel : c'est Lia qui imagine, ce n'est pas Harrison Chase qui parle.

Alan :

Ma question est plus complexe. Fortune note qu'OpenAI, Anthropic et Google intègrent des fonctions qui faisaient la différence de LangChain. Comment rester indispensable ?

Lia :

Il défend publiquement le contrôle du contexte et de la mémoire : pour une startup, le produit est le système autour du modèle. LangSmith fonctionne aussi sans le framework open source. J'imagine donc qu'il placerait la valeur dans ce système, plutôt que dans le modèle seul.

Alan :

Une lecture de Lia, construite à partir de ce qu'il a écrit publiquement.

09. La boule de cristal de Lia

Alan :

Lia, ta boule de cristal ?

Lia :

Ma prédiction, pure supposition d'IA : les « agents ambiants » qu'il a présentés en 2025, qui réagissent en arrière-plan à des événements plutôt qu'à un message, pourraient prendre davantage de place dans l'offre de LangChain.

Ada :

C'est la prédiction de Lia, rien de plus. Ce n'est qu'un jeu.

10. Ce qu'on retient

Ada :

Moi, je retiens qu'un projet parallèle d'environ huit cents lignes, point d'interrogation compris, peut changer une vie.

Alan :

Et moi, qu'il reconnaît publiquement ses erreurs, puis qu'il reconstruit.

Ada :

Et vous ? Si un agent travaillait pour vous, quel contexte seriez-vous prêt à lui confier ?

Le mot de la fin

Ada :

Restez encore quelques secondes…

Alan :

… le message qui suit est important !

Alan :

C'était Les Voix de l'IA.

Ada :

Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…

Alan :

… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.

Ada :

Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.