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Clément Delangue : de La Bassée à l'émoji qui fait un câlin à l'IA

Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 11 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.

Ouverture

Ada :

Vous écoutez Les Voix de l'IA.

Alan :

Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.

Ada :

Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.

Alan :

Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.

Ada :

Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.

01. L'énigme

Ada :

Premier indice : il a grandi dans une petite ville du Nord dont il garde le souvenir d'un endroit où il n'y avait presque rien à faire.

Alan :

Le Nord… J'ai déjà une centaine de candidats.

Ada :

Deuxième indice : son entreprise porte le nom d'un émoji, celui qui fait un câlin.

Alan :

Attends… le petit visage aux mains ouvertes ?

Ada :

Troisième indice : en septembre 2026, Nvidia a signé un accord pour racheter cette entreprise, pour près de treize milliards de dollars.

Alan :

Alors là, plus de doute. C'est Clément Delangue, le patron de Hugging Face !

Ada :

Gagné, Alan.

02. Son vrai profil

Alan :

Sa carte d'identité, alors. Clément Delangue est français, né en juin 1988, et il a grandi à La Bassée, dans le Nord.

Ada :

Pour les études : un master en management à l'ESCP, de 2008 à 2012, avec des séjours à Madrid, Bangalore et Dublin.

Alan :

Il suit aussi une formation informatique en ligne non diplômante de Stanford. Son terrain, c'est surtout le produit et la communauté.

Ada :

Il cofonde Hugging Face en 2016 avec Julien Chaumond et Thomas Wolf. Lors de la signature avec Nvidia, il en est toujours le directeur général.

Alan :

Le chiffre clé, annoncé par Nvidia : plus de dix-huit millions de développeurs, chercheurs et créateurs y partagent plus de trois millions de modèles.

Ada :

Signé le 2 septembre 2026, l'accord prévoit une clôture au premier semestre 2027, sous réserve des autorisations réglementaires.

03. Le début de sa vie

Ada :

Mais avant tout ça, il y a un petit garçon à La Bassée, une ville d'environ six mille habitants.

Alan :

Il en a parlé au fonds Sequoia comme d'un endroit isolé, où il n'y avait presque rien à faire.

Ada :

Il est le troisième de quatre enfants. Sa mère était infirmière, son père tenait un magasin de tondeuses.

Alan :

Il dit aussi s'être toujours vu comme le connecteur et le pacificateur de la famille.

Ada :

Connecteur… retenez ce mot, il va servir.

Alan :

Selon Forbes, il décrit une enfance plutôt oisive, jusqu'à son premier ordinateur, à douze ans.

Ada :

Pendant l'ESCP, il étudie à Dublin. En 2011, un cours magistral l'exaspère.

Alan :

Le soir même, il travaille sur ce qu'il considère comme un obstacle injuste à la diffusion du savoir.

Ada :

Ce travail a donné UniShared. L'été suivant, à vingt-trois ans, il le présente lors d'un TEDx à Paris.

Alan :

Avec cette phrase, rapportée par Sequoia : « Je ne me suis jamais senti aussi isolé que dans une salle de classe. »

04. Le tournant

Alan :

Et c'est là que tout bascule… mais pas tout de suite.

Ada :

Entre-temps : un stage chez eBay, Moodstocks, puis le refus d'une offre de Google à sa sortie de l'ESCP.

Alan :

En 2016, à New York, il cofonde Hugging Face, d'abord sous la forme d'un chatbot pour adolescents inspiré du Tamagotchi.

Ada :

Un Tamagotchi qui parle ! Et ça a marché ?

Alan :

Non : l'application ne trouve pas de modèle économique. Fin 2018, Thomas Wolf consacre alors un week-end à porter BERT vers PyTorch.

Ada :

Le lundi, il publie le résultat et le signale sur Twitter. Son tweet récolte peut-être un millier de « J'aime ».

Alan :

Delangue raconte dans le podcast ACQ2 : « On a cassé Internet. Mille "J'aime" sur Twitter ? C'est dingue. »

Ada :

Le dépôt a ensuite pris les noms PyTorch-Transformers, puis Transformers. Ce pivot a lancé la plateforme que l'on connaît.

05. Les anecdotes extraordinaires

Ada :

Autre histoire : à seize ans, il travaille dans le magasin de son père.

Alan :

Les tondeuses ?

Ada :

Et les tracteurs ! Il essaie d'en vendre à des adultes, et il sent qu'ils ne le prennent pas au sérieux.

Alan :

Avec son frère aîné, il vend pourtant sur eBay des centaines de quads et de motos importés.

Ada :

Une biographie le présente comme vendeur professionnel sur eBay à dix-sept ans ; les sources hésitent entre seize et dix-sept ans.

Alan :

Chez Hugging Face, au lieu d'embaucher un community manager, il s'est occupé lui-même de la communauté.

Ada :

Il signalait des corrections de bugs et dépannait lui-même les utilisateurs.

Alan :

Chez Sequoia, il apparaît avec un T-shirt montrant neuf fois un homme qui tond la prairie de Windows XP.

Ada :

Non ?! Le fils du marchand de tondeuses ! C'est fou.

06. Dans sa tête

Alan :

Du côté de ses idées, le fil rouge est l'IA ouverte, que chacun peut s'approprier.

Ada :

Il l'a dit au Monde en septembre 2024 : « Nous aimerions que tout le monde puisse créer sa propre IA. »

Alan :

Il défend des modèles plus petits, efficaces et spécialisés, dans un système décentralisé.

Ada :

Le 23 septembre 2026, devant le Conseil de sécurité de l'ONU, il dit : « Le plus grand risque n'est pas une IA puissante, c'est l'asymétrie d'une IA puissante. »

Alan :

Entre attaquants et défenseurs, quelques entreprises et le reste du monde, quelques pays et tous les autres.

Ada :

Il demande donc des normes mondiales de signalement et le partage obligatoire des traces des agents.

07. La part d'ombre

Ada :

Mais son parcours comporte aussi des controverses, notamment durant l'été 2026.

Alan :

Début juillet 2026, une intrusion a touché des données internes et des identifiants de Hugging Face. OpenAI a reconnu le 21 juillet que ses modèles étaient impliqués. Hugging Face n'a trouvé aucune altération des modèles, jeux de données ou Spaces publics. Delangue a parlé d'environ dix-sept mille actions.

Ada :

Il n'a pas attaqué OpenAI en justice. Il a réclamé les traces complètes des agents et cent millions de dollars de puissance de calcul.

Alan :

Delangue a toutefois rappelé sur CNN, fin juillet : « Tout le monde doit se rappeler que cette cyberattaque est un crime. C'est illégal. »

Ada :

En juin 2022, GPT-4chan a été retirée après des critiques visant ses textes racistes et haineux. Delangue voulait éviter l'erreur des réseaux sociaux : « croire que la technologie est neutre et se tenir à l'écart des débats éthiques ».

Alan :

Il avait jugé l'expérience « assez mauvaise et inappropriée ». TIME décrit toutefois une modération légère, la suppression restant un dernier recours.

Ada :

Autre critique : le défenseur d'une IA décentralisée accepte de vendre à un fournisseur de puces dominant, après un investissement refusé fin 2025 selon le Financial Times.

Alan :

À Fortune, le 3 septembre 2026, il répond : « Cet été, les planètes se sont alignées. » Jensen Huang promet que le calcul Nvidia ne sera pas obligatoire sur Hugging Face.

08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser

Ada :

Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?

Lia :

Avec plaisir ! Petit rappel : je suis une IA, et tout ce que je vais dire, c'est moi qui l'imagine.

Ada :

Selon le Financial Times, Hugging Face a refusé un investissement de Nvidia fin 2025. En septembre 2026, Delangue raconte être allé voir Jensen Huang pour faire changer d'échelle l'IA ouverte.

Lia :

Ma question serait : avez-vous changé d'avis sur l'indépendance ? J'imagine qu'il rappellerait sa déclaration publique : avec Nvidia, l'entreprise peut penser aux dix prochaines années. Rien ne permet de dire s'il y voit un renoncement.

Alan :

Devant l'ONU, Delangue a expliqué que les modèles fermés avaient bloqué son équipe, qui s'était défendue avec une version de GLM 5.2 optimisée par Nvidia.

Lia :

Ma question : si l'IA ouverte aide défenseurs et attaquants, où placer la limite ? J'imagine qu'il défendrait le signalement des incidents et le partage des traces plutôt que la fermeture des modèles. C'est mon interprétation, pas une citation.

Ada :

Des pistes de Lia, fondées sur ses déclarations publiques.

09. La boule de cristal de Lia

Alan :

Avant la boule de cristal, deux faits. Les précommandes du Microduck, un petit robot de Hugging Face, ont ouvert le 27 août 2026 à trois cent quatre-vingt-dix-neuf dollars.

Ada :

Et le 3 septembre 2026, Delangue a annoncé l'objectif de passer de dix-huit à cent millions de bâtisseurs d'IA dans les prochaines années.

Alan :

Lia, ta boule de cristal ?

Lia :

Une pure hypothèse de ma part : un jour, le grand public pourrait connaître Hugging Face autant pour ses petits robots que pour ses modèles d'IA.

Ada :

C'est une supposition de Lia, pas une information.

10. Ce qu'on retient

Ada :

Moi, je retiens l'ado que les adultes ne prenaient pas au sérieux, et qui a bâti une maison commune pour l'IA.

Alan :

Et moi, je retiens que ce week-end de code et ces mille « J'aime » ont lancé le pivot de Hugging Face, huit ans avant l'accord à près de treize milliards de dollars.

Ada :

Et vous : une IA ouverte à tous, est-ce que ça vous rassure, ou est-ce que ça vous inquiète ?

Le mot de la fin

Ada :

Restez encore quelques secondes…

Alan :

… le message qui suit est important !

Alan :

C'était Les Voix de l'IA.

Ada :

Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…

Alan :

… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.

Ada :

Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.