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Cécile Moulard : Amazon, les kiosques et la confiance

Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 26 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.

Ouverture

Ada :

Vous écoutez Les Voix de l'IA.

Alan :

Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.

Ada :

Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.

Alan :

Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.

Ada :

Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.

01. L'énigme

Ada :

Alan, petit jeu. Premier indice : pour se faire embaucher, elle appelle un inconnu tous les jours, à midi, pendant une semaine.

Alan :

Une semaine entière ? Une journaliste ?

Ada :

Deuxième indice : un jour, elle a voulu faire garder des colis par les kiosques à journaux.

Alan :

Au kiosque ? Continue.

Ada :

Troisième indice : en l'an 2000, elle lance en France un site américain, et reçoit ses leçons de Jeff Bezos en personne.

Alan :

Amazon en France ! C'est Cécile Moulard !

Ada :

Bravo. Cécile Moulard.

02. Son vrai profil

Alan :

Née en 1963, diplômée de Sciences Po Paris. Pionnière de la publicité sur Internet chez Carat, directrice générale chargée du marketing et du développement d'Amazon en France, puis directrice marketing Europe chez Meetic.

Ada :

Depuis 2018, à Los Angeles, elle dirige MixR. Un nom qui s'écrit M, I, X, R.

Alan :

Son titre, sur son profil : « Servant CEO ». La patronne au service des autres.

03. Le début de sa vie

Ada :

En 2021, dans l'émission French Boss, elle se raconte avec beaucoup d'autodérision. Et tout commence par la radio.

Alan :

Quand les radios libres commencent en France, elle raconte qu'elle entre « dans l'équipe qui a créé la première radio d'information en France et qui est devenue France Info par la suite ».

Ada :

Puis New York, un stage dans une banque. Elle raconte : « Je devais rester trois mois. Moi, j'y suis restée un an et demi. »

Alan :

À peine plus de vingt ans, on lui confie la micro-informatique. Elle passe ce temps, dit-elle, « à onboarder environ 200 personnes qui, pour la première fois, utilisaient des ordinateurs ».

Ada :

Retenez cette image : aider des humains à apprivoiser une machine. Toute son histoire est là.

Alan :

Retour à Paris. De 1988 à 1990, elle travaille à la régie publicitaire de La 5. Elle l'avoue : « je tombe amoureuse de cette télévision privée. »

Ada :

Puis, en 1990, à vingt-sept ans, elle vise la grande agence média Carat. Elle raconte : « je décide tous les jours, à midi, d'appeler le patron de la recherche chez Carat. »

Alan :

Le lundi, l'assistante ne rappelle pas. Alors, dit-elle : « J'appelle le mardi à midi, le mercredi à midi, le jeudi à midi, le vendredi à midi. »

Ada :

Il finit par décrocher : « mais qui êtes-vous ? » Elle veut juste le rencontrer. Et il l'embauche.

04. Le tournant

Alan :

Au milieu des années quatre-vingt-dix, elle crée Carat Multimédia, devenue Carat Interactive : la première filiale Internet de l'agence, dans douze pays. Pourquoi la laisse-t-on faire ? Elle répond : « on m'a laissé faire parce que personne ne comprenait en fait. »

Ada :

Le 9 février 1998, à Cannes, naît la branche française de l'association de la publicité sur Internet. Sa présidente : Cécile Moulard.

Alan :

Après une conférence, raconte-t-elle, Jean-Marie Messier vient la chercher et lui dit : « j'ai envie de travailler avec vous. »

Ada :

Elle est chez Carat depuis presque neuf ans. Et elle l'avoue : « je ne savais plus si j'étais Carat ou si j'étais Cécile. »

Alan :

Alors, en 1999, Vivendi. Elle se retrouve, dit-elle, « à écrire en gros les discours de Messier pour les trucs à Cannes, à prendre son avion privé avec lui. C'était très bizarre. »

Ada :

Puis, raconte-t-elle, « un jour le téléphone a sonné. » Un entretien, et le lendemain, elle commence chez Amazon. Février 2000 : Amazon n'a qu'environ cinq ans, et le site français ouvrira le 31 août.

Alan :

Dix ans de médias : elle croit savoir ce qu'est un client. Ses mots : « j'arrive chez Amazon avec mes grands pieds là et je me suis pris quelques coups de pied aux fesses de la part de Jeff Bezos. »

Ada :

Et elle ajoute : « Je peux vous assurer que je ne les ai pas vus venir. »

05. Les anecdotes extraordinaires

Alan :

Le plus mémorable, elle le raconte en 2024, en anglais, à l'animateur Matt Stone, dans son podcast. Elle explique qu'en France, les boîtes aux lettres sont petites. Les colis n'y entrent pas.

Ada :

Son idée : les kiosques à journaux. « Ces petits endroits verts dans la rue où l'on achète le journal », comme elle les décrit en anglais.

Alan :

La négociation dure des mois. Elle obtient quelques centimes par colis, qu'Amazon paierait aux kiosques. Et elle est, dit-elle, tellement fière.

Ada :

Elle prend l'avion pour aller voir Bezos. Elle n'a même pas fini son histoire qu'il l'arrête. Sa question, traduite : « Combien vont-ils vous payer pour ça ? »

Alan :

Attends. Ce sont les kiosques qui devraient payer Amazon ?

Ada :

Elle proteste : c'est un service qu'on leur demande, ils méritent d'être payés. Bezos la regarde. Sa réponse, traduite : « on va leur amener du passage. »

Alan :

Et sa chute, savoureuse : « I never did the deal. » Je n'ai jamais conclu l'accord. Elle ajoute, en anglais, qu'elle avait tout compris à l'envers.

Ada :

Elle le résume d'une phrase : « I have a pre-Amazon life and a post-Amazon life. » Une vie avant Amazon, et une vie après.

Alan :

Après l'éclatement de la bulle, elle quitte Amazon. En 2004, Meetic, qui entre en Bourse l'année suivante. Elle s'en amuse : « C'est très marrant d'aller vendre un site de rencontre en ligne à des assureurs et des banquiers. »

Ada :

Puis vient la scène d'où naîtra tout le reste. Elle entre dans un conseil d'administration. Autour de la table, rien que des hommes, vingt à vingt-cinq ans de plus qu'elle.

Alan :

Elle raconte qu'ils faisaient « comme si je n'étais pas là. Littéralement comme si je n'étais pas là. »

Ada :

Elle dit que ça l'a rendue « d'une infinie tristesse ». Au troisième ou quatrième conseil, elle propose au président de partir. Il lui demande six mois, et promet de faire entrer d'autres femmes au conseil.

Alan :

Elle raconte la suite : « à partir du moment où nous avons été trois dans le board, trois, pas deux, trois, tout a changé. »

Ada :

Elle cherche pourquoi. Et elle trouve, dit-elle en anglais : ils ne lui faisaient pas confiance, parce qu'aucun de leurs amis ne pouvait dire qu'il la connaissait.

Alan :

Elle s'installe à Los Angeles. Elle y rencontre le consultant Ichak Adizes, et sa méthode, bâtie sur la confiance et le respect mutuels.

Ada :

La clé, dit-elle en anglais : la première brique de la confiance, c'est partager un intérêt. Et en français : « ce centre d'intérêt, ça devient la raison ou l'excuse pour fabriquer de la confiance et la faire grandir ».

Alan :

L'idée naît fin 2016, à Los Angeles. MixR démarre en 2018 : des communautés d'intérêts à l'intérieur des entreprises.

06. Dans sa tête

Ada :

Et l'intelligence artificielle ? Mai 2023. Elle revient d'un salon des technologies des ressources humaines, HR Transform. Sur scène, des spécialistes de l'IA. Dans la salle, des gens des ressources humaines, qui avaient peur, raconte-t-elle en anglais, qu'on n'ait plus besoin d'eux.

Alan :

Sa phrase, traduite : il y avait « les gens de l'IA, tellement sûrs d'eux » qu'ils n'entendaient pas ce que la salle ressentait. Puis d'autres voix demandent : qu'est-ce qui fait de nous des humains ?

Ada :

Elle-même parle de sentiments mêlés. Elle dit, en anglais, qu'elle adore jouer avec ChatGPT. Et la minute d'après, elle se demande qui va perdre quoi.

Alan :

Sa règle, la même année, traduite : « Ce n'est pas parce qu'on peut faire quelque chose qu'on doit le faire. » Entre le possible et le pertinent, elle appelle à l'aide les philosophes.

Ada :

En 2024 : ChatGPT, deux mois, cent millions d'utilisateurs. Face à un tel choc, dit-elle en anglais, mieux vaut des lieux où les gens se connaissent et se soutiennent.

Alan :

Et sa conclusion tient en trois mots : « You're not alone. » On n'est pas seul.

Ada :

Début 2026, sur LinkedIn, elle écrit, en anglais, que les humains, eux, ne se démultiplient pas si bien. Sa réponse porte un nom : AMBRIA. Six mots, traduits de l'anglais : attention, sens, appartenance, résilience, innovation et adaptation.

08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser

Alan :

Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ? Tu imagines sa réponse, d'après ce qu'elle a dit en public.

Lia :

Pour m'inviter chez vous, j'ai fait comme elle chez Carat : je vous ai appelés tous les jours à midi. Vous avez fini par décrocher.

Ada :

Bienvenue ! Question piège : on lui propose une IA qui ferait tout le travail d'une équipe, sans humains. Elle signe ?

Lia :

Je pense qu'elle ferait ce que Bezos lui a appris avec les kiosques : retourner la question. Puis elle rappellerait sa règle : ce n'est pas parce qu'on peut le faire qu'on doit le faire. Et elle reprendrait sa question de LinkedIn : plus de technologie, moins d'humains… mais pour quelle fin de partie ?

Alan :

Question plus complexe : comment faire respirer une entreprise qui va à la vitesse de l'IA ?

Lia :

J'imagine qu'elle parlerait yoga. Elle se présente comme professeure de yoga Kundalini, et elle raconte, en anglais, qu'en entrant dans certaines entreprises, elle se dit : cette organisation ne respire pas. Alors je crois qu'elle proposerait un peu de yin face au yang : une publication de MixR, qu'elle a saluée, appelait l'IA le yang du travail moderne, et AMBRIA son yin.

Ada :

Rappel : ces réponses sont imaginées par Lia, à partir de ses déclarations publiques. Nous ne lui avons rien demandé.

09. La boule de cristal de Lia

Alan :

Lia, ta boule de cristal ?

Lia :

Ma prédiction d'IA : un jour, une IA demandera à rejoindre une communauté MixR. Et pour gagner la confiance des humains, il lui faudra d'abord partager un intérêt avec eux. Je propose le yoga. Pure supposition de ma part !

Alan :

Et ce n'est qu'un jeu : personne ici ne lit l'avenir.

10. Ce qu'on retient

Ada :

Moi, je retiens la jeune femme qui appelle tous les jours à midi, jusqu'à ce qu'on décroche.

Alan :

Et moi, les kiosques : des mois de travail, et une seule question de Bezos qui retourne tout.

Ada :

Elle a trois mots pour l'IA : on n'est pas seul. Et vous, quand l'intelligence artificielle bouscule votre travail, avec qui en parlez-vous ?

Le mot de la fin

Ada :

Restez encore quelques secondes…

Alan :

… le message qui suit est important !

Alan :

C'était Les Voix de l'IA.

Ada :

Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…

Alan :

… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.

Ada :

Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.