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Carlos Diaz : du prof de Limoges à El Gringo de la Silicon Valley

Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 21 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.

Ouverture

Ada :

Vous écoutez Les Voix de l'IA.

Alan :

Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.

Ada :

Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.

Alan :

Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.

Ada :

Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.

01. L'énigme

Ada :

Premier indice : avant de parler de start-up, il a été professeur, avec une maîtrise de lettres en poche.

Alan :

Un professeur qui bascule dans la tech… Le détour est inattendu. Continue.

Ada :

Deuxième indice : en 2012, il fait partie des initiateurs d'une fronde d'entrepreneurs qui porte un nom d'oiseau.

Alan :

Les Pigeons ! Attends, attends…

Ada :

Troisième indice : on l'appelle « El Gringo », et il commente la tech en français depuis San Francisco.

Alan :

Silicon Carne ! C'est Carlos Diaz.

Ada :

Gagné. Carlos Diaz.

02. Son vrai profil

Alan :

Sa carte d'identité, alors. Carlos Diaz est né en France en 1973, et il a grandi à Limoges.

Ada :

Côté diplômes, une maîtrise de lettres et civilisations étrangères de l'Université de Limoges. Rien en commerce.

Alan :

Il l'a dit lui-même en 2024 : « Moi j'ai pas du tout fait des études ni de business ni d'économie ».

Ada :

Il vit à San Francisco depuis 2010. Il investit avec son fonds Diaspora Ventures, et il est la voix de Silicon Carne.

Alan :

Le chiffre clé : en octobre 2026, sa chaîne YouTube affiche près de quatorze millions de vues au compteur, et elle passe les cent mille abonnés, et les mille vidéos.

Ada :

Mais comment un prof de lettres de Limoges devient-il « El Gringo » ? Il faut revenir au début.

03. Le début de sa vie

Ada :

Au début, il y a un gamin de Limoges, d'origine espagnole, issu d'un milieu modeste.

Alan :

Il passe ses étés en Espagne, chez ses grands-parents.

Ada :

Plus tard, il étudie la littérature et la civilisation hispaniques, puis il commence sa carrière comme professeur de lycée.

Alan :

Une carrière brève. Pourquoi il arrête ?

Ada :

On raconte qu'il s'est lancé dans l'entrepreneuriat… parce qu'il s'ennuyait.

Alan :

Le business plan le plus honnête du monde.

Ada :

En 1997, à Limoges, il a vingt-trois ans. Avec son frère Manuel, dix-huit ans et étudiant en médecine, il cofonde une agence web : Reflect.

Alan :

Et le virus ne le lâche plus. Et en 2006, il cofonde aussi blueKiwi, un réseau social d'entreprise, avec Christophe Routhieau.

Ada :

Quant à Reflect, ça marche : en 2007, le groupe belge Emakina en prend le contrôle, puis la quasi-totalité en 2010. L'agence devient la filiale française du groupe.

04. Le tournant

Alan :

Et c'est là que tout bascule. En 2010, il part s'installer en Californie… pour deux ans.

Ada :

Pour deux ans ! Et en 2026, il y est toujours.

Alan :

En janvier 2011, il laisse le poste de PDG de blueKiwi. En août, il quitte la direction et lance Kwarter, une start-up de télévision sociale.

Ada :

Et en avril 2012, Atos rachète blueKiwi.

Alan :

Puis arrive le 28 septembre 2012. Jean-David Chamboredon publie dans La Tribune un texte contre le projet de loi de finances.

Ada :

Le soir même, vers vingt-deux heures, Carlos Diaz en discute sur Facebook avec des amis entrepreneurs. Ils lancent une page Facebook, un compte Twitter et un manifeste, sans représentant officiel ni couleur politique.

Alan :

Les Pigeons sont nés. Il en est l'un des initiateurs et l'un des leaders.

Ada :

Et ça bouge vite ?

Alan :

Très vite. Le 3 octobre, des parlementaires et des ministres s'engagent à discuter, et la manifestation prévue le 7 est annulée. En avril 2013, François Hollande annonce des aménagements de la taxation des plus-values de cession.

05. Les anecdotes extraordinaires

Ada :

Et l'histoire a une suite, ma préférée. San Francisco, le 12 février 2014.

Alan :

Avec François Hollande, justement ?

Ada :

Devant quelques dizaines de dirigeants de start-up, il lui demande : « Êtes-vous capable aujourd'hui d'embrasser vraiment les entrepreneurs et de leur faire un hug ? »

Alan :

Non ?! Et alors ?

Ada :

Le président accepte l'accolade, sous les applaudissements.

Alan :

De la fronde des Pigeons à l'accolade présidentielle. C'est fou.

Ada :

Puis il passe de l'autre côté de la table : à San Francisco, il lance The Refiners, un programme d'accélération pour start-up, qu'il dirige quatre ans avec Pierre Gaubil et Géraldine Le Meur.

Alan :

Pierre Gaubil, qu'on retrouve aujourd'hui autour de son micro : c'est « El Profesor », l'un des sociétaires de Silicon Carne.

Ada :

Il tient aussi une chronique sur France Info, « En direct de la Silicon Valley ». Pendant trois ans, raconte-t-il.

Alan :

Et la fin est brutale. Un jour, dix minutes avant un enregistrement, il apprend par e-mail que sa chronique est supprimée… au profit d'une chronique sur le rugby.

Ada :

Remplacé par le rugby !

Alan :

Mais Richard Menneveux, le fondateur de FrenchWeb, lui envoie alors un micro et lui demande de lancer un podcast en quinze jours.

Ada :

Le premier épisode sort le 30 octobre 2019, sur WeWork. Silicon Carne naît dans son salon.

Alan :

Dès le lendemain, il répond à une critique : « vous avez le droit de pas être d'accord avec nous, ce podcast est même fait pour ça ! »

Ada :

Et un détail que j'adore. Il dit : « Je n'improvise rien, j'écris tout. »

Alan :

Et son document de production, il le rédige en anglais : depuis qu'il vit dans la Silicon Valley, il se dit incapable d'écrire ce genre de document en français.

Ada :

Et quand il n'écrit pas ? En 2020, il se décrivait comme faiseur de pain et guitariste.

Alan :

Le micro, lui, ne s'éteint plus. Il finit par se consacrer à plein temps à Silicon Carne, qui devient une émission quotidienne le 1er septembre 2026.

Ada :

Et sa communauté d'abonnés, L'Hacienda, dépasse aujourd'hui les mille membres.

Alan :

Sans eux, écrit-il, « rien de tout ça ne tiendrait ».

06. Dans sa tête

Ada :

Et l'IA, dans tout ça ? Il en parle depuis longtemps : dès février 2020, il consacre un épisode à « L'intelligence artificielle : mythe ou réalité ? », avec Luc Julia parmi ses invités.

Alan :

Le 29 mars 2026, il écrit : « On sort de l'ère des chatbots pour entrer dans l'ère des agents. »

Ada :

Et il ajoute : « Vous n'êtes plus le pilote, vous êtes le manager qui délègue une mission. »

Alan :

Sur l'emploi, le 12 octobre 2026, il avance une hypothèse : « Le premier effet de l'IA n'est peut-être pas de remplacer ceux qui ont déjà un travail », mais de « supprimer silencieusement la porte d'entrée de ceux qui cherchent leur premier poste ».

Ada :

Et sur le débat en France, en novembre 2025, au micro d'À bout de Taf : « Le débat n'est plus pour ou contre. Il est comment, à quelle vitesse, et avec quel niveau d'ambition ? »

08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser

Ada :

Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?

Lia :

Cette fois, je me suis invitée chez vous, avec une valise pleine de questions !

Ada :

Bienvenue ! Ma question piège : un ancien prof, diplômé de lettres, regrette-t-il de ne pas avoir fait d'école de commerce ?

Lia :

Je l'imagine répondre non, puis rappeler qu'il se définit plutôt comme entrepreneur et qu'« un start-uper n'est pas défini par ce qu'il est mais par ce qu'il fait ».

Alan :

Rappelons-le : c'est Lia qui imagine, ce n'est pas lui qui parle. Ma question complexe : si l'IA ferme la porte aux débutants, comment une start-up française peut-elle grandir sans y laisser des plumes ?

Lia :

En me fondant sur ses propos publics, je l'imagine conseiller de penser international très tôt pour éviter le « poneycorn », puis d'utiliser l'IA pour réinventer l'entreprise, pas seulement pour gagner en productivité.

Ada :

Là encore, c'est Lia qui imagine, en s'inspirant de ce qu'il a dit en public.

09. La boule de cristal de Lia

Alan :

Lia, ta boule de cristal ?

Lia :

Ma supposition d'IA, rien de plus : puisqu'il parle publiquement des agents et de la conscience des machines, j'imagine qu'un jour Silicon Carne recevra une IA pour en débattre avec El Gringo.

Ada :

Ce n'est qu'un jeu : c'est une prédiction de Lia, pas une information.

10. Ce qu'on retient

Ada :

Moi, je retiens cet ancien professeur qui a grandi à Limoges, s'est lancé parce qu'il s'ennuyait et a fini par raconter la Silicon Valley en français.

Alan :

Et moi, qu'une chronique supprimée au profit du rugby peut donner naissance à une émission quotidienne.

Ada :

Et vous ? Si on vous retirait votre micro, oseriez-vous en allumer un autre ?

Le mot de la fin

Ada :

Restez encore quelques secondes…

Alan :

… le message qui suit est important !

Alan :

C'était Les Voix de l'IA.

Ada :

Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…

Alan :

… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.

Ada :

Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.