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Arvind Jain, le chèque en blanc et la recherche « pas cool »

Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 13 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.

Ouverture

Ada :

Vous écoutez Les Voix de l'IA.

Alan :

Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.

Ada :

Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.

Alan :

Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.

Ada :

Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.

01. L'énigme

Ada :

Alan, petit jeu. Premier indice : en 2013, quand on lui propose de cofonder une entreprise, il répond : « Je ne suis pas un entrepreneur. »

Alan :

Prudent, le monsieur. Je sèche.

Ada :

Deuxième indice : il en a pourtant cofondé deux. L'une valait cinq virgule six milliards de dollars à son entrée en Bourse, en avril 2024 ; l'autre, sept virgule deux milliards en juin 2025.

Alan :

Pas mal ! Toujours rien.

Ada :

Troisième indice : en mars 2026, il décrivait Glean comme « Google à l'intérieur de votre entreprise ».

Alan :

Le moteur de recherche des entreprises… Arvind Jain, le patron de Glean !

Ada :

Gagné. Arvind Jain.

02. Son vrai profil

Alan :

Sa carte d'identité, alors. Arvind Jain est un ingénieur indien.

Ada :

Côté études : l'informatique à l'IIT de Delhi, diplômé en 1996, puis un master à l'université de Washington, à Seattle.

Alan :

Il a cofondé Rubrik, spécialiste de la gestion des données, entrée à la Bourse de New York en avril 2024.

Ada :

Puis il a cofondé Glean, dont il est le directeur général en octobre 2026 : d'abord un moteur de recherche interne qui respecte les droits d'accès, puis un assistant conversationnel et une plateforme d'agents d'IA.

Alan :

Le chiffre clé : vingt-huit brevets à son nom, selon son ancienne école.

03. Le début de sa vie

Ada :

Mais avant tout ça, il y a un enfant du Rajasthan, dans le nord-ouest de l'Inde.

Alan :

En mars 2026, il décrivait « une famille très ordinaire, normale, de la classe moyenne ».

Ada :

Il l'a confié à Sequoia, en janvier 2024 : « Mon père m'a toujours encouragé à avoir confiance en moi. » Car l'extraversion ne lui venait pas naturellement.

Alan :

Et le déclic ? Son grand frère rapporte à la maison un ordinateur « chargé avec Pac-Man ».

Ada :

Tout commence par Pac-Man !

Alan :

À l'école, il l'avoue : « Je m'intéressais plus au jeu et au sport qu'aux études. » En fin de lycée, il travaille dur pour entrer en école d'ingénieurs.

04. Le tournant

Ada :

À la fin des années 1990, il passe par Microsoft, puis Akamai et Riverbed, avant d'entrer chez Google.

Alan :

Chez Google, il dirige des équipes de la recherche, de YouTube et de Maps. Il en part en 2014.

Ada :

Pour Rubrik. En 2013, Bipul Sinha veut en faire son cofondateur. D'où ce « Je ne suis pas un entrepreneur ». Et même : « De tous tes contacts, pourquoi moi ? »

Alan :

Réponse de son associé, selon lui : « Je veux le faire avec quelqu'un en qui j'ai confiance. » Ils lancent Rubrik en 2014.

Ada :

Et c'est là que tout bascule. Rubrik grandit très vite : son équipe de recherche et développement dépasse le millier de personnes. Mais, dit-il, « nous n'avancions plus aussi vite ».

Alan :

Les enquêtes internes disent pourquoi : la plainte numéro un, c'est de ne pas arriver à trouver les choses.

Ada :

Et un souvenir lui revient : « Même chez Google, on ne trouvait jamais rien en interne. »

Alan :

Il cherche un produit pour régler ça, n'en trouve pas et le construit. Début 2019, il fonde Glean avec Ti-Ar Vich-oua-nath, Pi-youch Pra-lad-ka et Toni Djèn-til-core.

05. Les anecdotes extraordinaires

Alan :

Des histoires, il en a d'autres. La plus folle : le chèque en blanc.

Ada :

Raconte !

Alan :

À Harvard, en mars 2026, il disait : « Une personne m'a littéralement donné un chèque en blanc, un vrai chèque en papier, signé. »

Ada :

Et en échange ?

Alan :

Une seule condition : « Promets-moi seulement que tu ne vas pas travailler sur la recherche, parce que ce n'est pas un sujet cool. »

Ada :

Et il fait exactement l'inverse ! C'est son récit, et il ne nomme pas l'investisseur. Mais il l'assure : « personne ne pouvait me dissuader ».

Alan :

Deuxième histoire : son premier jour chez Google. Introverti, « très, très nerveux », il découvre que « la notion de management n'existait pas ».

Ada :

Personne ne lui dit quoi faire. Il repère un index de recherche pas mis à jour depuis environ trois semaines : « Je vais réparer ça. »

Alan :

Ensuite, il est l'un des meneurs d'un nouveau robot d'indexation. Et en novembre 2004, Google annonce que son index a presque doublé.

Ada :

Troisième histoire : les débuts de Glean. L'équipe construit en silence pendant deux ans. Lors de sa sortie publique, en septembre 2021, le produit est déjà utilisé dans plus de quarante entreprises. Dans le podcast de Sequoia, Jain parle pourtant d'« un marché mort ».

Alan :

Jusqu'au moment où, raconte-t-il, « d'un coup, ChatGPT est arrivé et la recherche est devenue à la mode ».

Ada :

Un milliard de dollars de valorisation en mai 2022. Puis deux virgule deux milliards en février 2024, quatre virgule six en septembre, sept virgule deux en juin 2025.

Alan :

Plus que triplée en moins d'un an et demi ! Et les revenus suivent, selon les chiffres annoncés par Glean : environ dix millions de dollars annualisés début 2023, trente-neuf millions début 2024, plus de cent millions début 2025, trois cents millions en mai 2026.

06. Dans sa tête

Ada :

Et l'intelligence artificielle, comment la voit-il ?

Alan :

En février 2026, chez TechCrunch, il résumait : « Les modèles d'IA eux-mêmes ne comprennent rien à votre entreprise. »

Alan :

Sur les agents d'IA, il reste modeste. Dans le podcast de Sequoia, il estime qu'on en est « peut-être à deux pour cent du chemin ».

Ada :

Avant de préciser : « ces deux pour cent, je les ai inventés ».

07. La part d'ombre

Alan :

Les trois cents millions de revenus annuels récurrents annoncés par Glean en mai 2026 demandent toutefois une nuance. En octobre 2026, sa page « Our story », non datée, affichait même plus de trois cent cinquante millions, un chiffre que la presse consultée n'avait pas confirmé.

Ada :

Mais selon TechCrunch, une partie dépend de la consommation des clients : pas tout à fait des revenus récurrents classiques.

Alan :

En décembre 2025, il précisait que ses deux cents millions d'alors ne comptaient que les abonnements logiciels, sans conseil ni services. Une précision antérieure à la facturation à la consommation : elle ne lève donc pas toute la réserve.

Alan :

Enfin, en octobre 2024, Reuters rapportait qu'OpenAI avait demandé à ses investisseurs de ne pas financer cinq entreprises considérées comme rivales, dont Glean. La demande n'était pas juridiquement contraignante, et OpenAI n'a pas commenté l'information.

Ada :

En mars 2026, il supposait cette liste « faite en interne chez OpenAI », sans y voir d'attaque personnelle.

08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser

Ada :

Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?

Lia :

Je joue le jeu, mais sans répondre à sa place : seulement ce que disent ses déclarations publiques.

Ada :

Bienvenue ! Question piège : aurait-il envie de rappeler l'investisseur qui trouvait la recherche « pas cool » ?

Lia :

En mars 2025, il disait : « Je suis de ceux qui doutent toujours un peu d'eux-mêmes. » Et il n'a même pas nommé l'investisseur. Ma lecture : ça ne ressemble guère à une revanche.

Ada :

Rappel : c'est la lecture de Lia, pas Arvind Jain qui parle.

Alan :

Ma question, plus complexe : si OpenAI, Anthropic et Google branchent eux-mêmes leurs IA sur les données des entreprises, à quoi sert Glean ?

Lia :

En février 2026, il disait les voir comme des partenaires : « Notre produit s'améliore parce que nous profitons de l'innovation qu'ils apportent. » Il défendait aussi l'intérêt d'une couche neutre plutôt que l'assistant d'un seul fournisseur. Ce sont ses positions publiques ; je n'y ajoute rien.

Alan :

Encore une fois, c'est Lia qui résume, pas lui qui parle.

09. La boule de cristal de Lia

Alan :

Lia, ta boule de cristal ?

Lia :

En janvier 2024, Sequoia rapportait son idée d'un « double de travail », un assistant numérique qui suit chaque projet. Ma prédiction, rien que la mienne : si son idée se réalise, chaque salarié des clients de Glean pourrait un jour avoir le sien.

Ada :

Ce n'est qu'un jeu, bien sûr. Seul l'avenir dira si Lia a vu juste.

10. Ce qu'on retient

Ada :

Moi, je retiens l'introverti qui disait « Je ne suis pas un entrepreneur », et qui en a cofondé deux.

Alan :

Et moi, ce sujet « pas cool » sur lequel il a quand même bâti Glean.

Ada :

Et vous, combien de temps perdez-vous à chercher un document au travail ?

Le mot de la fin

Ada :

Restez encore quelques secondes…

Alan :

… le message qui suit est important !

Alan :

C'était Les Voix de l'IA.

Ada :

Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…

Alan :

… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.

Ada :

Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.