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Andrew Feldman, l'économiste derrière la plus grande puce du marché
Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 12 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.
Ouverture
Ada :Vous écoutez Les Voix de l'IA.
Alan :Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.
Ada :Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.
Alan :Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.
Ada :Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.
01. L'énigme
Ada :Petit jeu. Premier indice : il a étudié l'économie et les sciences politiques, pas l'ingénierie. Et pourtant, il a fait carrière dans le matériel informatique.
Alan :Un profil business de la Silicon Valley… Il y en a des milliers.
Ada :Deuxième indice : passionné de barbecue, il allumait un fumoir derrière les bureaux d'un fonds d'investissement.
Alan :J'adore. Mais je sèche toujours.
Ada :Troisième indice : son entreprise fabrique la plus grande puce du marché, taillée dans une galette de silicium entière.
Alan :Ah, la puce géante ! C'est Andrew Feldman, le patron de Cerebras !
Ada :Bingo.
02. Son vrai profil
Alan :Alors, la carte d'identité. Andrew Feldman est un Californien, né et élevé à Palo Alto. Forbes lui donnait cinquante-sept ans en octobre 2026.
Ada :Côté diplômes ?
Alan :Une licence d'économie et de sciences politiques à Stanford en 1991. Puis un MBA, toujours à Stanford, en 1997.
Ada :Et le poste ?
Alan :Il a cofondé Cerebras Systems en 2015, avec quatre associés. En octobre 2026, un document déposé auprès du gendarme boursier américain le désignait toujours comme directeur général et administrateur.
Ada :Un chiffre à retenir ?
Alan :Cinq milliards cinq cent cinquante millions de dollars, levés lors de l'entrée au Nasdaq en mai 2026. Bloomberg la présentait alors comme la plus grosse introduction en Bourse de l'année.
03. Le début de sa vie
Ada :Mais avant la puce géante, il y a un enfant de Palo Alto. Quelle famille ?
Alan :Ses parents étaient professeurs à Stanford. Ils y étaient arrivés au milieu des années 1960 pour finir leur doctorat.
Ada :Il grandit donc à l'ombre de l'université. Il a voulu enseigner, lui aussi ?
Alan :Selon Bloomberg, il a d'abord envisagé une carrière universitaire. Et puis il a choisi l'école de commerce.
Ada :Et ses débuts professionnels ?
Alan :Une histoire de colocataires. Ils montent une entreprise de matériel réseau et lui demandent d'écrire leur plan financier.
Ada :Le premier non-ingénieur de la bande, quoi.
Alan :Exactement. Selon Bloomberg, il en devient le premier employé non-ingénieur. L'entreprise est vendue environ un an et demi plus tard pour deux cent quatre-vingts millions de dollars. Il a alors vingt-sept ans.
Ada :Non ?! À vingt-sept ans ?
Alan :Ensuite, il est vice-président marketing chez Riverstone Networks jusqu'à son entrée en Bourse, en février 2001. Puis chez Force10 Networks, de fin 2003 à début 2007.
04. Le tournant
Ada :Et c'est là que tout bascule. En juillet 2007, il cofonde sa propre entreprise : SeaMicro.
Alan :Des micro-serveurs économes pour les centres de données. En février 2012, AMD annonce le rachat pour environ trois cent trente-quatre millions de dollars.
Ada :Premier succès de fondateur. Et il remet ça.
Alan :En 2015, il fonde Cerebras avec Gary Lauterbach, Michael James, Sean Lie et Jean-Philippe Fricker. L'idée : une puce de la taille d'une galette de silicium entière.
Ada :J'imagine que le plus dur, c'est de la faire marcher.
Alan :TSMC sait la graver. Mais il reste à l'alimenter, à la refroidir et à la fixer sans la fendre. L'équipe invente une machine qui serre quarante vis simultanément. En mai 2026, Feldman raconte à TechCrunch : « Nous dépensions environ huit millions de dollars par mois. »
Ada :Par mois ?!
Alan :En 2019, Cerebras avait brûlé près de deux cents millions de dollars sur ce seul problème. Toutes les quelques semaines, Feldman devait annoncer un nouvel échec au conseil d'administration.
Ada :Et puis ?
Alan :Et puis, en juillet 2019, tout fonctionne. Il le dit : « Ce fut l'un des plus grands moments de ma vie. »
05. Les anecdotes extraordinaires
Ada :Des histoires comme ça, il en a d'autres. Ma préférée : le premier rendez-vous avec le fonds Benchmark.
Alan :Racontée en 2026 par l'investisseur Eric Vishria. Il s'agaçait presque d'avoir accepté : « Cinq fondateurs et une présentation. »
Ada :Et à la troisième diapositive, selon le souvenir de Vishria, Feldman explique que les processeurs graphiques sont en fait mauvais pour l'apprentissage profond. Juste cent fois meilleurs que les processeurs classiques.
Alan :Vishria dit qu'une ampoule s'est allumée. Et au deuxième rendez-vous, plein de questions techniques, il avoue avoir été « comme un chien devant la télé ».
Ada :Pourquoi leur faire confiance, à ces cinq-là ?
Alan :Feldman l'explique par la vente de SeaMicro : « Nous n'étions pas des perdreaux de l'année. »
Ada :Deuxième histoire, le barbecue. Selon Bloomberg, il allumait un fumoir derrière les bureaux de Foundation Capital, là où Cerebras a démarré.
Alan :Le patron au fumoir ! Et une dernière : selon TechCrunch, OpenAI avait parlé de racheter Cerebras environ deux ans avant juillet 2019. Sans suite.
Ada :Et ?
Alan :En janvier 2026, OpenAI signe un accord de sept cent cinquante mégawatts, plus de vingt milliards de dollars selon Cerebras. Feldman écrit : « Ce partenariat a mis dix ans à mûrir. »
06. Dans sa tête
Ada :Et dans ses déclarations, alors, c'est quoi l'IA ?
Alan :Une affaire de vitesse. Il l'a dit en août 2026, en présentant ses résultats : « La vitesse change ce que l'IA peut faire. Elle la rend plus utile, plus productive, et ouvre des marchés entièrement nouveaux. »
Ada :Mais pourquoi une puce géante plutôt que plein de petites ?
Alan :Il a une parabole, racontée à IEEE Spectrum en juin 2024. Un tailleur fait un costume en une semaine. Il rachète la tailleuse d'à côté, mais ils ne peuvent pas travailler ensemble.
Ada :Donc deux costumes par semaine…
Alan :Oui. Mais, je le cite : « Ce qu'ils ne peuvent pas faire, c'est un costume en trois jours et demi. »
Ada :Et la lettre des fondateurs d'avril 2026 le résume : « L'ennemi de la vitesse, c'est le délai de communication. »
07. La part d'ombre
Alan :Il y a aussi un épisode judiciaire ancien. Selon la SEC, Riverstone a comptabilisé près de trente millions de dollars de revenus frauduleux entre juin 2001 et juin 2002.
Ada :Et lui, dans tout ça ?
Alan :Il a plaidé coupable d'un chef d'accusation : violation des contrôles comptables internes d'une société cotée. En décembre 2007, condamnation à trois ans de mise à l'épreuve et cinq mille dollars d'amende.
Ada :Et au civil ?
Alan :Dans le volet civil, en 2008, il accepte de restituer environ deux cent quatre-vingt-dix mille dollars, sans reconnaître ni nier les allégations. Selon Bloomberg, Cerebras avait mentionné sa condamnation dans un document d'enregistrement.
Ada :Il s'en est expliqué ?
Alan :La seule réaction trouvée date de février 2007 : « Rien de bon ne peut sortir d'un commentaire de ma part là-dessus. »
Ada :Autre critique : la concentration des revenus. En 2023, G42, à Abou Dhabi, pesait quatre-vingt-trois pour cent du chiffre d'affaires.
Alan :En 2025, sa part était tombée à vingt-quatre pour cent. Mais MBZUAI, elle aussi à Abou Dhabi, représentait soixante-deux pour cent du chiffre d'affaires. Cerebras met aussi en avant Meta, Mistral et OpenAI, avec AWS au stade d'un accord de principe.
08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser
Ada :Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?
Lia :Avec cette histoire de barbecue, impossible de résister.
Ada :Bienvenue ! Ma question piège : monsieur Feldman, les processeurs graphiques, c'est vraiment si mauvais ?
Lia :En 2019, Feldman a dit : « Si vous construisez un moteur de Ferrari et le mettez dans une Toyota, vous n'aurez pas une voiture de course. » À partir de là, j'imagine cette réponse : les processeurs graphiques ne sont pas mauvais, mais conçus pour autre chose ; Cerebras a voulu bâtir la voiture entière.
Ada :Rappel : c'est Lia qui imagine, pas Andrew Feldman qui parle.
Alan :Ma question est plus délicate : en échange d'un prêt d'un milliard de dollars d'OpenAI, des clauses limitent la vente de certains produits ou les collaborations avec des concurrents désignés. Dépendre encore d'un grand client, ce n'est pas risqué ?
Lia :En mai 2026, Feldman a dit que ces restrictions étaient temporaires et destinées à garantir de la capacité à OpenAI. Avec son image du buffet — commencer par une partie avant le reste — j'imagine qu'il assumerait ce choix comme provisoire.
Alan :Une réponse imaginée par Lia, à partir de ses déclarations publiques.
09. La boule de cristal de Lia
Alan :Lia, ta boule de cristal ?
Lia :Feldman compare l'inférence en temps réel au passage du modem au haut débit. La supposition de Lia : attendre une réponse mot à mot paraîtra un jour aussi vieillot que le chant d'un modem. Et, au vu des trois générations de WSE déjà lancées, Lia parie sur une nouvelle puce géante.
Ada :Une prédiction de Lia, pour le jeu, pas une information.
10. Ce qu'on retient
Ada :Moi, je retiens un économiste qui a tenu bon pendant que sa puce refusait de s'allumer.
Alan :Moi, un pari sur la vitesse qui l'a mené au Nasdaq, avec une action introduite à cent quatre-vingt-cinq dollars et qui a clôturé à cent quarante-six dollars soixante-deux le 12 octobre 2026.
Ada :Et vous : si une IA vous répondait instantanément, qu'est-ce que ça changerait pour vous ?
Le mot de la fin
Ada :Restez encore quelques secondes…
Alan :… le message qui suit est important !
Alan :C'était Les Voix de l'IA.
Ada :Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…
Alan :… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.
Ada :Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.