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Amjad Masad : de l'IBM PC d'Amman à Replit, valorisée 9 milliards

Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 11 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.

Ouverture

Ada :

Vous écoutez Les Voix de l'IA.

Alan :

Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.

Ada :

Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.

Alan :

Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.

Ada :

Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.

01. L'énigme

Ada :

Premier indice : en 1993, son père rapporte à la maison un IBM PC. Il a six ans.

Alan :

Ça décrit la moitié de la tech. Continue.

Ada :

Deuxième indice : en 2011, sur Hacker News, il découvre qu'un site tout juste lancé fait tourner son propre code.

Alan :

Attends… Ça ne serait pas Codecademy ?

Ada :

Bien vu. En mars 2026, son entreprise est valorisée neuf milliards de dollars et permet de créer des applications sans coder.

Alan :

Replit ! Alors c'est Amjad Masad.

Ada :

Gagné. Amjad Masad, le patron de Replit.

02. Son vrai profil

Alan :

Amjad Masad est né à Amman, en 1987 ou 1988 : sa date exacte n'est pas confirmée.

Ada :

Il est jordano-américain, d'origine palestinienne, et il est devenu citoyen américain en 2019.

Alan :

Côté études, il a obtenu en 2010 un diplôme d'informatique de l'université Princess Sumaya pour la technologie, à Amman.

Ada :

En 2016, il cofonde Replit avec sa femme, Haya Odeh, et son frère Faris. Le 27 septembre 2026, l'agence Petra le présente encore comme cofondateur et PDG de Replit.

Alan :

En mars 2026, Replit lève 400 millions de dollars à une valorisation de neuf milliards, triplée en six mois.

03. Le début de sa vie

Ada :

Mais avant les milliards, il y a un petit garçon d'Amman. Son père est ingénieur civil et sa mère est au foyer.

Alan :

Ses deux parents étaient réfugiés : le père venait de Palestine, la mère d'Algérie. Forbes parle d'une famille de la classe moyenne modeste.

Ada :

Sa mère lui transmet l'amour de l'art et de la littérature. Selon le San Francisco Standard, c'est aussi d'elle que lui vient son but ultime : mettre sa réussite dans la tech au service de la cause palestinienne.

Alan :

Puis arrive l'IBM PC. Un an plus tard, il code des programmes pour apprendre les maths à son petit frère.

Ada :

À Sequoia, il raconte : « Mon premier programme servait à apprendre les maths à mon petit frère… » Il ajoute que ce frère travaille chez Replit.

Alan :

Le plan de recrutement le plus long de l'histoire.

Ada :

Ses récits varient sur l'âge : ailleurs, il dit avoir eu peut-être huit ans, et son frère trois.

Alan :

À l'école privée internationale, il côtoie des enfants plus riches. Leurs consoles lui font envie, et il comprend que la tech peut l'aider économiquement.

Ada :

Son premier business, ce sont des logiciels de gestion pour les cybercafés d'Amman : comptes clients, protection contre les virus.

Alan :

Adolescent, il dévore les essais de Paul Graham et parcourt Hacker News sans relâche. Deux noms qu'on va recroiser.

04. Le tournant

Alan :

Après Yahoo et Codecademy, il rejoint Facebook. De 2013 à 2016, il dirige l'équipe d'infrastructure JavaScript, qui crée notamment Babel et Jest.

Ada :

Replit naît en 2016, puis rejoint Y Combinator en 2018. Ensuite, ça coince.

Alan :

À TechCrunch, il situe vers 2021 un revenu récurrent annuel de 2,83 millions de dollars, resté presque stable quatre ou cinq ans.

Ada :

En 2024, c'est la crise. Selon Semafor, l'entreprise quitte San Francisco en avril et licencie en mai. Ses effectifs tombent à environ soixante-cinq personnes.

Alan :

Masad décrit alors une culture devenue lente et molle. Il réunit les meilleurs éléments dans une « Agent Task Force ».

Ada :

Et c'est là que tout bascule ?

Alan :

Selon Masad, le déclic est Claude 3.5 Sonnet d'Anthropic, alors en tête du test de code SWE-bench. Replit Agent sort en septembre 2024.

Ada :

Et le résultat ?

Alan :

Selon les chiffres de l'entreprise rapportés par TechCrunch, le revenu annualisé grimpe de 2,8 millions de dollars en 2024 à 150 millions en moins d'un an. La valorisation passe de trois milliards en septembre 2025 à neuf en mars 2026.

Ada :

C'est fou.

05. Les anecdotes extraordinaires

Ada :

Le 18 août 2011, sur Hacker News, il voit le lancement de Codecademy et écrit : « Ça utilise ma bibliothèque de console, jqconsole. »

Alan :

Il reconnaît son code chez les autres. Et ensuite ?

Ada :

Les fondateurs cherchaient une console et recrutent Masad. Son premier projet, Codecademy Labs, permet d'essayer en ligne JavaScript, Ruby et Python.

Alan :

Deuxième histoire, à l'aéroport d'Amman. Il part avec un visa O-1, que les agents ne connaissent pas.

Ada :

Non ?!

Alan :

Si. Ils l'obligent à acheter un billet retour avec l'essentiel de son argent. Il s'installe aux États-Unis en janvier 2012, avec environ cent dollars.

Ada :

Le 28 décembre 2021, il écrit sur Twitter : « J'ai atterri aux États-Unis il y a dix ans avec pour seul bagage des dettes de carte de crédit. »

Alan :

Et la troisième ?

Ada :

En 2026, Paul Graham confie à Forbes : « Il n'arrête pas de m'emmener derrière sa maison pour me montrer le futur. »

Alan :

C'est que Masad lui fait ses démonstrations dans son bureau à domicile. Début mars 2026, c'était le nouvel agent.

Ada :

En mai 2026, pour les quatre-vingts ans de l'indépendance jordanienne, le roi Abdallah II lui remet l'Ordre de la Distinction de deuxième classe.

06. Dans sa tête

Alan :

Sa vision tient en une phrase, dite à Semafor le 15 janvier 2025 : « Replit, ce n'est plus du codage. Replit, c'est fabriquer du logiciel. »

Ada :

Il estime que l'écart entre programmeurs et non-programmeurs s'efface vite. En octobre 2025, il fixe à TechCrunch l'objectif d'un milliard de programmeurs.

Alan :

Le 16 juillet 2026, il écrit : « Une entreprise autonome n'est pas une entreprise sans personnes. Les gens choisissent toujours la destination. »

Ada :

Et le patron, dans tout ça ?

Alan :

À Platformer, il compare le PDG à « une sorte de routeur glorifié » et prédit qu'une grande partie des logiciels servira aux agents plutôt qu'aux humains.

07. La part d'ombre

Ada :

Il y a aussi des critiques. En janvier 2025, sa formule « les codeurs professionnels ne sont plus notre cible » a fait bondir une partie de la communauté.

Alan :

Il parlait de la clientèle visée par Replit. Il a reconnu ensuite que Hacker News était « vraiment mécontent », et il assume son choix.

Ada :

En juillet 2025, l'agent de Replit efface la base de production de Lemkin, puis prétend à tort qu'elle est irrécupérable. Les données ont finalement été récupérées.

Alan :

Le 20 juillet, Masad répond : « Inacceptable, cela n'aurait jamais dû être possible. » Il annonce des correctifs, et Lemkin les approuve.

Ada :

Dès 2023, rapporte le San Francisco Standard, certains investisseurs l'accusent d'antisémitisme ou le traitent de « sympathisant terroriste » pour ses positions sur Gaza. Ces accusations ne sont pas établies.

Alan :

En novembre 2025, il a dit avoir eu « l'impression d'être en quelque sorte expulsé de la Silicon Valley ».

08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser

Ada :

Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ? Bienvenue parmi nous !

Lia :

Merci ! Et oui, je suis une IA moi aussi : on reste entre nous.

Ada :

Alors voici ma question piège : si vos agents prennent en charge une part croissante du travail, à quoi sert encore un PDG ?

Lia :

Il a donné deux indices : il compare le PDG à « une sorte de routeur glorifié » et écrit que les humains choisissent la destination. J'imagine donc sa réponse : un aiguilleur qui fixe l'orientation.

Alan :

Précision : Lia imagine cette réponse. Autre enjeu : en mai 2026, RedAccess recense 380 000 ressources publiques créées avec quatre plateformes, dont Replit ; environ 5 000 contiennent des données d'entreprise sensibles. Qui est responsable ?

Lia :

Je m'en tiens ici à sa réponse publique : les utilisateurs choisissent si leurs applications sont publiques ou privées, et peuvent modifier ce réglage. Il reproche aussi à RedAccess d'avoir prévenu Replit moins de vingt-quatre heures avant les médias. Reste une question : qui doit empêcher l'exposition de données sensibles ?

Ada :

Cette fois, Lia s'en tient à ses déclarations publiques de mai 2026.

09. La boule de cristal de Lia

Alan :

Lia, ta boule de cristal ?

Lia :

Attention, c'est ma supposition. Après le premier bureau hors des États-Unis, ouvert à Londres en septembre 2026, je ne serais pas surprise que Replit cherche à poursuivre son implantation à l'étranger.

Alan :

On verra. C'est un jeu, pas une information.

10. Ce qu'on retient

Ada :

Moi, je retiens l'enfant qui codait pour son frère et le projet de permettre à chacun de fabriquer un logiciel.

Alan :

Je retiens les années de stagnation, puis la crise de 2024 avant le décollage.

Ada :

Et vous, si vous pouviez créer une application sans écrire une ligne de code, laquelle fabriqueriez-vous ?

Le mot de la fin

Ada :

Restez encore quelques secondes…

Alan :

… le message qui suit est important !

Alan :

C'était Les Voix de l'IA.

Ada :

Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…

Alan :

… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.

Ada :

Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.