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Ali Ghodsi : du Commodore 64 cassé à Databricks, valorisée 190 milliards
Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 12 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.
Ouverture
Ada :Vous écoutez Les Voix de l'IA.
Alan :Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.
Ada :Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.
Alan :Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.
Ada :Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.
01. L'énigme
Ada :Premier indice : enfant, il a appris à programmer parce que le lecteur de cassettes de son ordinateur d'occasion était cassé.
Alan :Ça commence tôt. Je ne vois pas encore.
Ada :Deuxième indice : en 2013, il cofonde avec six autres universitaires une start-up de données, née d'un labo de Berkeley.
Alan :Sept universitaires en Californie… J’hésite.
Ada :Troisième indice : en août 2026, sa société, qui n'est pas cotée en Bourse, est valorisée cent quatre-vingt-dix milliards de dollars.
Alan :Databricks ! C'est Ali Ghodsi !
Ada :Gagné. Ali Ghodsi, le patron de Databricks.
02. Son vrai profil
Alan :Pour le situer, Ali Ghodsi est né en Iran en 1978. Il a grandi en Suède et il est suédo-américain.
Ada :Et côté diplômes ?
Alan :En 2002, il décroche à Mittuniversitetet un master d'ingénieur en informatique et un MBA, puis un doctorat au KTH de Stockholm en 2006.
Ada :Et depuis 2016, il dirige Databricks, une plateforme de données et d'intelligence artificielle.
Alan :Elle revendique plus de vingt mille organisations clientes, dont plus de soixante pour cent du Fortune 500.
Ada :Et le chiffre clé ?
Alan :Treize virgule neuf millions de dollars levés en 2013. Et une valorisation de cent quatre-vingt-dix milliards en août 2026. Attention, c'est une valorisation privée.
03. Le début de sa vie
Ada :Mais avant tout ça, il y a un petit garçon né en Iran. En 1984, il a cinq ans quand sa famille fuit le pays et se réfugie en Suède.
Alan :Il arrive donc en Suède à cinq ans.
Ada :Et là arrive l'histoire que j'adore. Il raconte que ses parents lui ont trouvé un Commodore 64 d'occasion, pas cher… mais dont le lecteur de cassettes était cassé.
Alan :Impossible d’y jouer. Le cauchemar pour un enfant des années quatre-vingt !
Ada :Alors il apprend seul à programmer et il écrit ses propres jeux, vers huit ou neuf ans.
Alan :C’est fou. Une panne qui le pousse à apprendre.
Ada :Il prépare au KTH un doctorat dirigé par Seif Haridi et cofonde à Stockholm Peerialism, une société spécialisée dans le pair-à-pair.
Alan :En 2008-2009, il est « assistant professor » au KTH.
04. Le tournant
Ada :Et c'est là que tout bascule. En 2009, il part comme chercheur invité à l'AMPLab de Berkeley.
Alan :Il participe aux débuts de Mesos et de Spark. En 2011, il est le premier auteur de « Dominant Resource Fairness », un travail ensuite repris dans Hadoop.
Ada :En 2013, sept universitaires fondent Databricks. Et lui y entre comme… ingénieur à temps partiel !
Alan :Le 11 janvier 2016, Databricks annonce que son vice-président chargé de l'ingénierie et du produit devient PDG. Ion Stoica passe président exécutif.
Ada :Et l'ambiance, à ce moment-là ?
Alan :Selon Forbes, l'entreprise peinait à générer des revenus. Il remanie l'équipe dirigeante et l'offre. Spark reste gratuit et ouvert ; Databricks vend un service cloud clés en main.
Ada :En 2017, Microsoft en fait un service maison sur Azure. Ghodsi réagit en anglais : « This was a no-brainer. » Autrement dit, une évidence.
05. Les anecdotes extraordinaires
Ada :Des histoires étonnantes, il en a d'autres. Fortune raconte qu'au tout début, l'équipe cherchait deux cent mille dollars.
Alan :Une somme raisonnable pour des chercheurs.
Ada :Et Ben Horowitz, du fonds Andreessen Horowitz, leur a proposé… quatorze millions.
Alan :Incroyable ! Le financement annoncé atteint finalement 13,9 millions de dollars en septembre 2013.
Ada :Et le scénario se répète en février 2021. Ils visaient deux cents millions, ils ont pris un milliard, et ils ont même dû refuser des investisseurs.
Alan :Elle vaut alors 28 milliards. Puis 62 milliards en décembre 2024 et 190 milliards en août 2026 : elle a triplé en moins de deux ans. En août 2026, Databricks annonçait plus de 7 milliards de dollars de revenus annualisés, en hausse de 80 %. Ce rythme, communiqué par l’entreprise, n’est pas un chiffre d’affaires audité.
Ada :Mon anecdote préférée, c'est Dolly, en 2023 : un modèle d'IA baptisé comme la célèbre brebis clonée.
Alan :Parce que c'était une sorte de clone de ChatGPT, entraîné en trente minutes sur une seule machine.
Ada :Et fin mars 2024, Databricks publie DBRX, un modèle ouvert. Il a été entraîné pour environ dix millions de dollars, sur trois mille soixante-douze puces H100.
Alan :Moi, on ne m'a jamais dit combien j'avais coûté. Je préfère ne pas savoir.
06. Dans sa tête
Ada :Et comment présente-t-il l’IA ?
Alan :À des agents. Dans Time, le 27 août 2026, il dit — ici traduit en français — : « C'est un peu comme si chaque entreprise de la planète avait embauché une bande de nouveaux salariés. »
Ada :Des salariés qui ne prennent jamais de pause café.
Alan :Et qui créent des bases de données ! Chez Fortune, le 9 décembre 2025, il déclare — ici traduit en français — : « Plus de 80 % des bases de données lancées sur Databricks ne le sont pas par des humains, mais par des agents d'IA. »
Ada :Il ajoute que la connaissance générale est devenue banale pour l’IA. Le défi, selon lui, est de comprendre les données propres à chaque entreprise.
Alan :Et c'est précisément son métier.
07. La part d'ombre
Ada :Mais son parcours et sa stratégie suscitent aussi des débats.
Alan :D’abord, la Bourse. Dès 2019, il disait qu’une introduction aurait lieu dans un avenir relativement proche. TechCrunch relève qu’en restant privée, Databricks lève des sommes considérables sans les mêmes obligations de transparence qu’une société cotée.
Ada :Et que répond-il ?
Alan :En décembre 2025, il dit que Databricks entrera en Bourse un jour, sans en faire un enjeu majeur. En juin 2026, il qualifie 2026 d’année terrible pour une introduction.
Ada :Il y a aussi le rachat de MosaicML en 2023 : 1,3 milliard de dollars, primes de rétention comprises, pour une société de 62 salariés.
Alan :Ghodsi explique que la plupart des acquisitions créeraient un choc culturel. Dans le cas de MosaicML, il juge au contraire les deux cultures presque identiques.
Ada :Autre déclaration remarquée : le 4 juin 2026, sur Bloomberg, il dit croire que l’AGI est déjà là. Il parle des tâches intellectuelles humaines, pas de superintelligence.
Alan :Avec une nuance : pour lui, les modèles n'ont pas besoin d'être plus intelligents, ils ont besoin de plus de contexte.
08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser
Ada :Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?
Lia :Je me suis invitée, comme un agent d’IA lançant une base de données.
Ada :Bienvenue, Lia ! Alors, ta question piège ?
Lia :« En août 2026, Databricks était valorisée 190 milliards de dollars et restait privée. Pourquoi ne pas entrer en Bourse ? » Je n’invente pas sa réponse : ses déclarations publiques établissent seulement qu’il veut le faire un jour et qu’il jugeait 2026 terrible pour cela.
Alan :Lia résume ses déclarations de 2025 et 2026 ; ce n’est pas lui qui parle.
Alan :Ma question à moi est plus complexe : « Si l'AGI est déjà là, pourquoi les entreprises auraient-elles encore besoin de Databricks ? »
Lia :Je l'imagine répondre que l'intelligence générale est devenue banale, mais qu'il faut encore le contexte des données propres à chaque entreprise — précisément le terrain de Databricks.
Ada :C’est une réponse imaginée par Lia, fondée sur ses propos publics.
09. La boule de cristal de Lia
Alan :Lia, ta boule de cristal ?
Lia :En août 2026, il réaffirmait vouloir entrer en Bourse un jour, sans donner de date. Ma supposition d’IA : Databricks pourrait attendre une période plus calme, après la vague de méga-introductions.
Ada :C'est bien la prédiction de Lia, pas une annonce de Databricks.
10. Ce qu'on retient
Ada :Moi, je retiens qu'un Commodore 64 en panne peut lancer toute une vie.
Alan :Et moi, qu'un ingénieur entré à temps partiel est devenu le patron d'une entreprise que Time classait en 2026 au quatrième rang des entreprises privées les plus chères d'Amérique.
Ada :Et vous, qu'en pensez-vous : une entreprise doit-elle forcément entrer en Bourse pour prouver ce qu'elle vaut ?
Le mot de la fin
Ada :Restez encore quelques secondes…
Alan :… le message qui suit est important !
Alan :C'était Les Voix de l'IA.
Ada :Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…
Alan :… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.
Ada :Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.