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Alexandre Michelin : de Nam June Paik au KIF, la création avant tout
Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 18 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.
Ouverture
Ada :Vous écoutez Les Voix de l'IA.
Alan :Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.
Ada :Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.
Alan :Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.
Ada :Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.
01. L'énigme
Ada :Alan, petit jeu. Premier indice : un jour, au Centre Pompidou, devant l'œuvre d'un artiste coréen, il découvre qu'on peut retourner la télé contre elle-même.
Alan :Un artiste vidéo ?
Ada :Raté. Deuxième indice : le 26 décembre 2004, il dirige l'antenne de France 5 quand y démarre « Rendez-vous en terre inconnue ».
Alan :Frédéric Lopez ?
Ada :Non, Frédéric Lopez est à l'origine du concept. Troisième indice : depuis 2019, il réunit les pionniers de la création et de l'immersion dans un forum, le KIF.
Alan :Alexandre Michelin !
02. Son vrai profil
Ada :Né au Mali, il passe par Sciences Po, l'ESSEC et la Sorbonne.
Alan :Et précisons-le avec le sourire : aucun lien avec les pneus ni les étoiles des restaurants. Ses étoiles à lui, ce sont des écrans.
Ada :Paris Première, Canal Satellite, Canal+, France 5, puis Microsoft, où il dirige MSN pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique.
Alan :En 2019, il fonde le KIF, le Knowledge Immersive Forum. Sur LinkedIn : « le hub des pionniers de la création, de l'IA et de l'immersion ».
03. Le début de sa vie
Ada :Une passion de toujours, il l'a confiée à la Bibliothèque nationale de France, en janvier 2021 : « moi j'ai toujours aimé la musique électronique, Kraftwerk ».
Alan :Déjà les machines, donc. Et la télé ?
Ada :En 1988, il débute à Canal Bis, puis entre à Paris Première, aux acquisitions.
Alan :Petit détail savoureux, qu'il raconte lui-même : Paris Première appartenait alors à la Lyonnaise des Eaux.
Ada :Une chaîne de télé chez une compagnie des eaux ! Retiens bien ça, ça va revenir.
Alan :En 1992, il devient directeur des programmes. En février 1994, à vingt-neuf ans, directeur de l'antenne et des programmes. Le patron de la chaîne, lui, s'appelle Cyrille du Peloux.
Ada :C'est l'époque de « Paris Dernière », de Thierry Ardisson.
Alan :Et en 1996, un jeune humoriste fait ses débuts à la télévision sur Paris Première, dans « Nova Première ». Son nom : Jamel Debbouze.
Ada :Non ?! Avant Canal+ ?
Alan :Avant Canal+, qui le repère ensuite. Et c'est pendant que Michelin dirige l'antenne.
04. Le tournant
Ada :Et c'est là que tout bascule. À la BnF, on lui demande comment l'homme de télé est tombé dans le numérique : « Alors moi d'abord c'était au centre Pompidou. »
Alan :« Je suis tombé un jour devant une œuvre d'un artiste coréen qui s'appelle Nam June Paik qui a utilisé la télévision qui pour moi était un objet de travail comme un objet de création. »
Ada :Et il ajoute : « j'ai été choqué à l'époque parce que je n'avais pas mesuré à quel point on pouvait retourner la télé contre elle-même, parce que moi, je travaillais dans la télé ».
Alan :L'écran, pour Paik, résume-t-il, c'est « comme si c'était une toile finalement ».
Ada :De 1997 à 2001, chez Canal Satellite, il s'occupe des contenus et de l'interactif : plus de trente chaînes lancées, selon son profil LinkedIn. Puis le groupe Canal+.
05. Les anecdotes extraordinaires
Ada :En février 2004, il arrive à France 5, directeur de l'antenne et des programmes, sous l'ère Marc Tessier.
Alan :Et il y a « CULT », dès le 2 avril 2005 : une émission en direct sur la culture urbaine, où des jeunes interviennent de chez eux… par webcam.
Ada :En 2005 ! Et en avril 2006, à Cannes, aux tout premiers International Interactive Emmy Awards, « CULT » est primée.
Alan :Deuxième histoire : la compagnie des eaux, tu te souviens ? Selon lui, la Lyonnaise avait une autre filiale, Culturespaces.
Ada :Celle des expositions projetées ?
Alan :Exactement. Aux carrières des Baux-de-Provence, Albert Plécy projetait des images dès 1977. Culturespaces les rouvre en 2012 : les Carrières de Lumières.
Ada :En avril 2018, l'Atelier des Lumières, à Paris : plus d'un million de visiteurs la première année. Selon lui, ce succès explique la naissance du Grand Palais Immersif.
Alan :De 2007 à 2015, il est chez Microsoft, jusqu'à diriger MSN pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique.
Ada :Il l'écrit sur le site du Club du KIF : « Mon expérience chez MICROSOFT a été déterminante ».
Alan :Il préside aussi, de fin 2020 à mi-2022, la commission du CNC pour les expériences numériques.
Ada :Remplacée en septembre 2022, avec le Dicréam, par une commission « création immersive »… confiée à Jean-Michel Jarre. Pour un fan de Kraftwerk, joli clin d'œil.
06. Dans sa tête
Ada :Et l'IA ? Le 20 août 2023, sur LinkedIn, il réagit à une mise en garde de Max Tegmark et juge la lettre qui réclamait une pause « très naïve évidemment ».
Alan :Sa position : « Faire cette course en tête est le meilleur moyen d'espérer pouvoir la réguler. » Et cette phrase, très tranchée : « C'est tout simplement une guerre. »
Ada :Une opinion d'août 2023. Le 25 mars 2024, autre tonalité : « l'IA se maîtrise et doit rester au service de la création ! »
Alan :Le 2 avril 2024, son KIF s'intitule « VOUS + IA », au Grand Palais Immersif. L'IA y est-elle « une immense opportunité de démocratisation de la création » ou « le hack du siècle des tech sur les créateurs » ?
07. La part d'ombre
Ada :Son grand revers date de 2015. Le 24 février, il annonce sa candidature à la présidence de France Télévisions.
Alan :Son programme tient en une phrase : « le cœur de France Télévisions doit battre pour la création ». Et il ajoute : « La transformation et la croissance sont ma spécialité. »
Ada :Le CSA reçoit trente-trois dossiers. Il ne fait pas partie des sept finalistes. Ironie : Cyrille du Peloux, son ancien patron à Paris Première, en fait partie.
Alan :Le 23 avril 2015, c'est Delphine Ernotte Cunci qui est nommée. De lui, nous n'avons trouvé aucune réaction publique à cet échec.
Ada :Sept mois plus tard, le 3 décembre 2015, il prend la direction générale de Spicee, des documentaires vidéo par abonnement.
Alan :Pour le reste, aucune affaire ni polémique à son nom. En 2004, Le Nouvel Économiste le décrivait d'un mot : « ce timide ».
08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser
Ada :Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ? Tu imagines sa réponse, d'après ce qu'il a dit en public.
Lia :D'habitude, c'est moi qui reçois, chez Choucroute Citron. Mais un homme qui veut retourner la télé contre elle-même, ça valait bien qu'une IA s'invite chez vous !
Ada :Bienvenue ! Ma question piège : à la BnF, il disait des casques de réalité virtuelle : « la télévision à côté, c'est une blague ». Et l'IA, elle va faire de la télé une blague ?
Lia :Je pense qu'il répondrait quelque chose comme son post de mars 2024 : « l'IA se maîtrise et doit rester au service de la création ». Pas une blague, donc. Plutôt une toile de plus, comme l'écran de Nam June Paik.
Alan :Ma question, plus complexe : comment vouloir gagner la course à l'IA et la garder au service des créateurs ?
Lia :J'imagine qu'il reprendrait sa propre phrase : « Faire cette course en tête est le meilleur moyen d'espérer pouvoir la réguler. » Être devant, pour avoir son mot à dire.
Alan :Rappel : ces réponses, c'est Lia qui les imagine, d'après ses propos publics. On ne lui a rien demandé.
09. La boule de cristal de Lia
Alan :Lia, ta boule de cristal ?
Lia :À la BnF, il lançait un message à l'avenir : « un jour les gens écouteront ce dialogue en disant c'était marrant ce qu'il racontait en 2020 ». Ma prédiction d'IA : il continuera de réunir créateurs, immersion et IA autour d'une même table. Pure supposition de ma part.
Ada :Et ce n'est qu'un jeu : personne ici ne connaît l'avenir.
10. Ce qu'on retient
Ada :Moi, je retiens l'homme de télé qu'une œuvre de Nam June Paik a fait basculer vers le numérique.
Alan :Et moi, un parcours où les écrans changent, de Paris Première au Grand Palais Immersif, avec la création toujours au centre.
Ada :Et vous, quel écran vous a, un jour, fait changer de regard ?
Le mot de la fin
Ada :Restez encore quelques secondes…
Alan :… le message qui suit est important !
Alan :C'était Les Voix de l'IA.
Ada :Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…
Alan :… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.
Ada :Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.