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Aidan Gomez : le « T » de ChatGPT à 20 ans, puis Cohere
Les Voix de l'IA · transcription complète · épisode enregistré le 13 octobre 2026. Voix générées par intelligence artificielle : Ada, Alan et Lia.
Ouverture
Ada :Vous écoutez Les Voix de l'IA.
Alan :Le podcast qui raconte les fondateurs, les têtes pensantes et les géants de la tech et de l'intelligence artificielle.
Ada :Une série imaginée par Alexandre Stopnicki.
Alan :Petit rappel avant de commencer : ce portrait est construit à partir de ce qui a été publié — articles, interviews, biographies, conférences — que nous avons analysé et recoupé.
Ada :Notre but est uniquement pédagogique : comprendre qui sont ces personnes. Nous ne parlons pas à leur place.
01. L'énigme
Ada :Premier indice : il a grandi dans une petite ville de l'Ontario, avec une connexion internet par modem d'une lenteur atroce.
Alan :Un Canadien, donc. C'est maigre, Ada.
Ada :Deuxième indice : à vingt ans, encore étudiant, il cosigne un article scientifique dont l'ordre des noms est tiré au hasard.
Alan :Attends… Un ordre tiré au hasard, ça me dit quelque chose.
Ada :Troisième indice : cet article invente le « T » de ChatGPT. Ensuite, il fonde une entreprise d'IA à Toronto.
Alan :Le Transformer ! Alors c'est le patron de Cohere… Aidan Gomez !
Ada :Gagné. Aidan Gomez.
02. Son vrai profil
Alan :Sa carte d'identité, alors. Aidan Gomez est canadien et il a été élevé à Brighton, en Ontario. D'après le magazine Time, il avait vingt ans en 2017.
Ada :Sa date de naissance précise n'est pas publique. Une circulaire de Rivian lui donne vingt-neuf ans en avril 2026.
Alan :Il obtient avec distinction un diplôme de premier cycle en informatique à l'université de Toronto, promotion 2018. Il part ensuite à Oxford comme boursier Clarendon, puis devient docteur en informatique.
Ada :En septembre 2019, il cofonde Cohere à Toronto et en devient le PDG. L'entreprise fait de l'IA pour les entreprises et les États.
Alan :Pour 2025, un mémo aux investisseurs révélé par CNBC avance deux cent quarante millions de dollars de revenu récurrent annuel. Cohere n'a pas commenté.
Ada :En septembre 2026, Cohere a signé avec Aleph Alpha un accord encore en cours de finalisation. Trois jours plus tôt, Gomez avait accusé la stratégie d'Anthropic de favoriser « un cartel qui ne dit pas son nom ».
03. Le début de sa vie
Ada :Mais avant tout ça, il y a un ado de Brighton derrière son modem. Vers quinze ans, il crée déjà sa petite société de sites web, AdGo Design.
Alan :Patron à quinze ans ! Moi, à quinze ans… ah non, je n'existais pas.
Ada :Moi non plus. En 2013, il entre en informatique à l'université de Toronto. Et son vrai déclic, c'est un piano.
Alan :Un piano ?
Ada :Pendant une année de pause dans un incubateur de Vancouver, on lui confie une application de partitions. Le principe : suivre le pianiste sur la partition, en direct, grâce à l'apprentissage automatique.
Alan :Joli premier contact avec l'IA. En 2016, il enchaîne avec un stage chez Microsoft, à Seattle.
Ada :Et il y a ce détail que j'adore. Étudiant, il écrit à Geoffrey Hinton, le « parrain de l'IA », pour contester une de ses approches et proposer la sienne.
Alan :Non ?!
Ada :Si. Hinton lui répond poliment, en lui expliquant toutes les raisons pour lesquelles son idée ne marcherait pas.
Alan :Le Globe and Mail y voit l'aplomb presque démesuré d'un très jeune chercheur. C'est fou.
04. Le tournant
Ada :Et c'est là que tout bascule. En 2017, il prend un semestre de congé pour faire un stage chez Google Brain, dans la Silicon Valley.
Alan :Huit chercheurs remplacent les réseaux récurrents par le seul mécanisme de l'« attention ». Selon Time, ils ont même dormi au bureau pour finir l'article à temps.
Ada :L'article précise que « Lukasz et Aidan ont passé d'innombrables longues journées à concevoir diverses parties de tensor2tensor et à le programmer ».
Alan :Lui reste modeste. Il l'a dit au Globe and Mail en 2022 : « Ma contribution portait surtout sur le code lui-même et sur l'environnement d'entraînement de ces modèles. »
Ada :La même année, à Toronto, il lance un collectif de recherche ouvert, FOR.ai. C'est là qu'Ivan Zhang et lui font connaissance, dès 2017.
Alan :Ensuite, les deux s'envoient une idée d'entreprise par jour. Jusqu'à tomber sur la bonne : entraîner un modèle d'IA sur internet.
Ada :Cohere naît en septembre 2019. Nick Frosst, cofondateur, les rejoint en janvier 2020.
Alan :Et Hinton, d'abord sceptique, trouvait le projet « très ambitieux ». Il finit pourtant par investir, à l'instinct.
05. Les anecdotes extraordinaires
Ada :Des histoires comme ça, il en a d'autres. Avec FOR.ai, ses amis et lui s'attaquent au chiffre de Vigenère, surnommé autrefois « le chiffre indéchiffrable ».
Alan :Le code secret des livres d'histoire !
Ada :Leur astuce, racontée par l'université de Toronto en octobre 2017 : traiter le texte clair et le texte chiffré comme deux langues différentes. Casser le code, c'est traduire.
Alan :Ce travail leur vaut l'AI Grant 2018 : près de cinquante mille dollars de ressources de calcul en ligne.
Ada :Deuxième histoire. En 2022, le Globe and Mail fait rédiger le début de son portrait par le logiciel de Cohere.
Alan :Laisse-moi deviner…
Ada :L'IA lui invente un tout autre parcours ! Le journal précise que c'est Cohere, la start-up qu'il a vraiment cofondée, qui a tout inventé.
Alan :L'IA qui invente la vie de son propre patron. Troisième histoire : une grande entreprise américaine propose de racheter Cohere à un prix à neuf chiffres.
Ada :Les fondateurs vont jusqu'à une décision de vendre au niveau du conseil… puis ils refusent. Il l'a raconté à la Toronto Tech Week, en juin 2025.
Alan :Et le même mois, il le résumait ainsi auprès de The Logic : « Se faire racheter, c'est échouer : c'est mettre fin à l'aventure de bâtir. »
06. Dans sa tête
Ada :Et sa vision, alors ? Il l'a dit à Time en septembre 2023 : « Je veux que le mode d'interaction par défaut avec n'importe quel site ou service sur lequel on arrive soit de lui parler. »
Alan :Sur les scénarios d'apocalypse, il est beaucoup plus tranchant. En juin 2023, dans le Financial Times, cité par Fortune, il juge que débattre d'une extinction causée par une IA superintelligente est « un usage absurde de notre temps et de l'attention du public ».
Ada :Pour lui, les vrais risques sont ailleurs : les fermes de robots qui inondent les réseaux sociaux, ou les conseils médicaux donnés sans contrôle d'un médecin.
Alan :Et en mars 2024, sur scène avec d'autres auteurs de l'article : « Je pense que le monde a besoin de quelque chose de mieux que le Transformer. »
Ada :Un coauteur qui veut déjà dépasser sa propre invention.
07. La part d'ombre
Ada :Il y a aussi des sujets plus discutés. Le 13 février 2025, quatorze éditeurs, dont Condé Nast, The Atlantic et Forbes, poursuivent Cohere à New York en alléguant des violations du droit d'auteur.
Alan :Ils disent qu'au moins quatre mille œuvres protégées ont été utilisées pour l'entraînement. Cohere répond qu'elle défend fermement ses pratiques et juge la plainte « malavisée et fantaisiste ».
Ada :Le 13 novembre 2025, la juge a rejeté en totalité la demande de rejet partiel déposée par Cohere. Cette décision n'a rien tranché sur le fond.
Alan :Autre débat : la souveraineté. En juillet 2025, le Globe and Mail a relié l'aide fédérale, pouvant atteindre deux cent quarante millions de dollars canadiens, à un centre de données exploité par l'américain CoreWeave. Le ministre Evan Solomon a refusé tout « test de pureté ».
Ada :En avril 2026, Gomez a assuré : « Cohere restera canadienne par son siège et son actionnariat. » Puis l'accord signé avec Aleph Alpha le 16 septembre a prévu un double siège, à Toronto et à Berlin. Au 12 octobre 2026, sa clôture n'avait pas été annoncée et restait soumise aux autorisations réglementaires.
08. Les questions qu'on aurait aimé lui poser
Alan :Lia, une question qu'on aurait aimé lui poser ?
Lia :Ma question piège : vendra-t-il un jour Cohere ?
Ada :En juin 2025, il a qualifié un rachat d'échec. Et sur la Bourse, en avril 2026 : « nous ne courons pas pour être les premiers ».
Lia :Je pense qu'il répondrait non à une vente, et peut-être oui à la Bourse, sans se presser. Je m'en tiens à ses propos publics.
Ada :On le rappelle : c'est Lia qui imagine, ce n'est pas Aidan Gomez qui parle.
Lia :Deuxième question : qui doit écrire les règles de l'IA ?
Alan :Le 13 septembre 2026, il a écrit : « L'IA a besoin de garde-fous. Ce n'est pas le sujet du désaccord, et ça ne l'a jamais été. »
Lia :Qui, précisément ? Ses textes ne le disent pas. Je pense qu'il répondrait que chaque gouvernement, chaque entreprise doit garder la maîtrise de sa technologie.
09. La boule de cristal de Lia
Alan :Lia, ta boule de cristal ?
Lia :Ma supposition d'IA, rien de plus : Cohere pourrait un jour entrer en Bourse, et Aidan Gomez contribuer à ce qui viendra après le Transformer.
Ada :Une prédiction de Lia, pas une information. Ce n'est qu'un jeu.
10. Ce qu'on retient
Ada :Moi, je retiens l'étudiant qui écrivait à Hinton pour le contredire, et qui a fini par l'avoir comme investisseur.
Alan :Moi, je retiens qu'on peut cosigner une révolution à vingt ans, en revendiquant surtout le code.
Ada :Et vous, une IA « souveraine », pour vous, qu'est-ce que ça voudrait dire ?
Le mot de la fin
Ada :Restez encore quelques secondes…
Alan :… le message qui suit est important !
Alan :C'était Les Voix de l'IA.
Ada :Si ce portrait vous a plu, abonnez-vous ! Retrouvez tous les épisodes sur 3h33.com…
Alan :… et sur le site de Choucroute Citron, le podcast d'Alexandre et de ses IA-nimatrices.
Ada :Les sources de l'épisode sont dans sa description. À très vite… pour une autre voix.